Contre Bruxelles et l’immigration, l’extrême droite européenne fait front à Milan

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées samedi à Milan pour un grand meeting auquel ont pris part plusieurs dirigeants d’extrême droite européens, qui ont défendu leurs positions communes sur la “remigration” et contre les règles communautaires. Baptisée “Sans peur: en Europe, patrons chez nous”, la manifestation organisée sur la place du Dôme par les “Patriotes pour l’Europe”, un des groupes souverainistes du Parlement européen, a duré près de trois heures.”Cher Viktor, tu as défendu les frontières et combattu les trafiquants d’êtres humains et les trafiquants d’armes.

Continuons tous ensemble ce combat, de liberté et de légalité”, a lancé au début de son intervention Matteo Salvini, secrétaire du parti italien d’extrême droite la Ligue (Lega), en référence à la défaite électorale du Premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orban. Face à une marée de drapeaux italiens et de la Ligue, le chef du parti d’extrême droite néerlandais Geert Wilders a déclaré: “Aujourd’hui, la tragédie que nous avions prédite est devenue une réalité: notre peuple, les habitants originels de l’Europe, a été frappé par un raz-de-marée d’immigration de masse, d’immigration illégale, principalement en provenance de pays islamiques”.

Le public a scandé à de nombreuses reprises “remigration”, ce terme qui implique une politique d’expulsion massive de personnes étrangères ou d’origine étrangère.”Il faut lancer un sérieux processus de remigration”, “comme a fait Donald Trump aux Etats-Unis”, a également estimé Marco, un sympathisant de 33 ans venu de Vigevano, au sud de Milan. “Il n’y a pas d’assimilation, ils ne sont pas comme nous et ne veulent pas devenir comme nous”, a ajouté auprès de l’AFP ce conseiller financier, parlant notamment des émigrés “nord-africains”.

Le Français Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), était la principale personnalité du meeting, en l’absence de représentants hongrois ou espagnols.”Ici à Milan, je suis venu pour vous rassurer: notre victoire à la prochaine élection présidentielle est proche. Et nous nous préparons à dire adieu à Macron”, a déclaré Jordan Bardella en italien. “Le gouvernement italien est un gouvernement ami”, “avec lequel j’espère nous aurons l’occasion de travailler demain”, avait-il souligné lors d’un point presse avant la manifestation.

A quelques centaines de mètres du Dôme, une contre-manifestation organisée par plusieurs associations antifascistes a elle aussi réuni plusieurs milliers de personnes derrière une banderole “Milan est migrante” et des drapeaux palestiniens. Un important cordon policier séparait les deux camps.”On ne va pas laisser de place aux fascistes”, a souligné auprès de l’AFP Luca, un Milanais de 42 ans. “C’est juste un coup de Salvini pour revenir au premier plan”, selon lui.

A Barcelone samedi, un rassemblement international de progressistes a réuni en parallèle le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez et les chefs d’Etats brésilien Lula et mexicain Claudia Sheinbaum, pour “protéger et renforcer” la démocratie.- Suspension du Pacte de stabilité -“A Bruxelles, il est temps d’arrêter et de suspendre ce monstre idéologique appelé +Green Deal+, qui n’a rien de vert.

Un ensemble de règles, de contraintes et de taxes absurdes qui sont en train d’appauvrir les entreprises italiennes et européennes, au profit des entreprises chinoises et de la spéculation financière”, a estimé à la tribune Matteo Salvini, vice-Premier ministre du gouvernement de coalition ultraconservateur de Giorgia Meloni. Son parti d’extrême droite demande, comme le gouvernement italien, que la Commission européenne autorise les pays de l’Union à déroger aux règles sur les déficits pour aider leurs citoyens et entreprises à traverser la crise de l’énergie ouverte par la guerre en Iran.

Il faut “suspendre ces règles hors du monde que sont celles du pacte de stabilité, qui sont en train de bloquer notre économie”, a martelé Matteo Salvini samedi. Cette manifestation, la première pour l’extrême droite européenne depuis la défaite de Viktor Orban, doit aussi permettre à la Ligue, en perte constante de popularité, de se réaffirmer dans son fief lombard et en Italie. Elle se fait notamment défier sur sa droite par le parti “Futur national” fondé par un de ses anciens membres, le général Roberto Vannacci. “La Ligue perd des voix mais je n’arrive pas à comprendre si c’est la faute du premier secrétaire”, Matteo Salvini, a commenté Carla Crippa, une ouvrière de 63 ans, après un selfie avec lui.”Nous ne sommes pas racistes, sans immigrés nos tanneries fermeraient”, a poursuivi la militante. “Nous voulons seulement que ceux qui se comportent mal, qui tuent, rentrent chez eux”.

Sat, 18 Apr 2026 17:38:40 GMT