Ligue 1: Lorient s’offre un OM désespérant

Choix tactique douteux, attitude léthargique et largesses défensives, c’est le cocktail indigeste servi par Marseille, battu à Lorient (2-0) samedi, une prestation qui plombe ses ambitions européennes et a scandalisé le directeur sportif  marseillais Medhi Benatia. Avec 52 points, Marseille reste 4e  mais pourrait voir Lille, 3e avec un point de plus, le distancer s’il bat Nice lors de cette 30e journée de Ligue 1.

Lyon (5e, 51 points) et Rennes (6e, 50 unités) sont à l’affût, même s’ils iront défier respectivement le PSG et Strasbourg, dimanche. Lorient, qui n’a plus rien à jouer, a fait honneur à son coach Olivier Pantaloni et son adjoint Yannick Cahuzac, sur le départ en fin de saison, en consolidant sa 9e place avec 41 pts. Parti en stage à Marbella cette semaine, pour la deuxième fois depuis l’arrivée d’Habib Beye sur le banc, l’OM espérait montrer un visage plus convaincant que lors de la victoire contre Metz (3-1). Beye n’avait pas lésiné en titularisant cinq attaquants, dont Igor Paixao et Hamed Traoré comme pistons.

Une option qui a non seulement fait pschitt mais a contribué à causer la perte des Marseillais, dont la prestation a mis hors de lui le directeur sportif Medhi Benatia, qui a qualifié le match de “scandale”.”Tu joues Lorient, qui n’a plus rien à jouer, et tu ne gagnes pas un duel et tu n’as pas une course vers l’avant et tu n’es pas entreprenant, tu ne tentes rien et tu les regardes et, dans le stade, ils font la +ola+ parce qu’ils te font un petit pont, crochet… Eh oui, c’est ça la vérité”, a-t-il détaillé en zone mixte.

C’est à se demander d’ailleurs si le staff marseillais avait correctement analysé les matches de Lorient à domicile cette saison, où ils ont pris 30 points en 15 matches, faisant tomber Rennes (4-0), Monaco (3-1), Lyon (1-0) ou, plus récemment, Lens (2-1). Comme l’OM, les Sang et Or avaient buté sur le bloc bas des locaux en balançant 58 centres vers la surface, sans succès.

Même si Marseille a moins centré (34) sa domination territoriale a été tout aussi stérile. Seule une tête de Pierre-Emerick Aubameyang, aux six mètres, mais qui a frôlé l’extérieur du poteau, à la 53e, mérite le qualificatif d’occasion de but.- L’OM dos au mur -Le reste? Une frappe écrasée de Mason Greenwood, une nouvelle fois très décevant, facilement bloquée par Yvon Mvogo (10e), une autre, à peine plus dangereuse de Timothy Weah (50e), et une troisième, de l’extérieur, de Ethan Nwaneri (72e), hors du cadre.

Pire, Lorient, sans ses cadres Montassar Talbi, Arsène Kouassi, Theo Le Bris ou Laurent Abergel, a profité des largesses incroyables mais récurrentes de l’arrière-garde phocéenne pour marquer deux fois. A la 28e, Arthur Avom a ainsi eu tout le temps pour trouver Bamba Dieng, totalement démarqué entre Leonardo Ballerdi et Benjamin Pavard, dont l’intervention tardive s’est transformée en passe décisive pour Panos Katseris (1-0, 28e).

Rebelote à la 58e où Pablo Pagis, dans un fauteuil, a décalé Dieng, à nouveau seul, de l’extérieur, pour une petite balle piquée du Sénégalais (2-0). Sans Geronimo Rulli, auteur d’un réflexe étonnant du pied face au même Dieng (49e) et d’une parade sur une frappe spontanée de Pagis (62e), le naufrage aurait été complet. Marseille, qui n’avait plus perdu depuis 13 matches contre Lorient et plus depuis avril 2012 au Moustoir, est maintenant quasiment dos au mur s’il veut espérer jouer la C1 l’an prochain.

Benatia a, lui, annoncé à ses joueurs de “ne rien prévoir pour les quatre prochaines semaines”, qu’ils passeront à la Commanderie pour essayer de sauver ce qui peut l’être.

Sat, 18 Apr 2026 18:30:10 GMT