Le squash, qui fera son entrée aux Jeux olympiques en 2028, peut espérer un “bon boost de visibilité”, estime dans un entretien avec l’AFP le Français Victor Crouin, 6e mondial et qui visera l’or à Los Angeles.”Je me suis dit +ce n’est pas possible que ce soit vrai+”, raconte le joueur de 26 ans en repensant à l’annonce de l’intégration de son sport au programme olympique après quatre candidatures infructueuses, dont celle pour Paris-2024.
Le triple champion d’Europe fait désormais des JO son “objectif de carrière” et attend cette échéance avec une impatience non dissimulée alors qu’il sera présent à Zurich de mardi à dimanche pour participer à la Grasshopper Cup 2026.”C’est vraiment par les Jeux olympiques qu’on peut gagner en notoriété”, insiste le Toulonnais alors que le squash reste un sport confidentiel en France.
Selon les chiffres de la fédération, le squash compte quelque 23.000 licenciés, loin derrière le tennis (plus de 1,2 million), le padel (272.000) ou encore le badminton (242.000) et le tennis de table (254.000) en vogue depuis l’éclosion des frères Lebrun aux JO de Paris. Et pour ce passionné de sports de raquette qui a commencé le squash à 6 ans après deux ans à jouer au tennis, les Jeux olympiques seront avant tout une aventure humaine à vivre alors que le squash n’est pas assuré d’être reconduit pour les JO de Brisbane en 2032.”En tant que joueur de squash, on s’est toujours senti un peu exclu de ce mouvement sportif français, regrette-t-il, et ces moments d’échanges avec les autres athlètes sont tellement forts car on partage les mêmes doutes et les mêmes ambitions.”- Un avant goût des JO -Double vainqueur des Jeux mondiaux, compétition internationale qui regroupe tous les 4 ans les sports non-olympiques, où il a également été porte-drapeau de la délégation française, Victor Crouin affiche son affection pour ces compétitions multisports. “Ça me booste.
Dès qu’il y a beaucoup de bruit, naturellement je vais me recentrer sur moi-même et devenir plus performant”, affirme le numéro 1 français les yeux pétillants de malice.”Les Jeux olympiques ce sera dix fois ce que sont les Jeux mondiaux et, si on n’y est pas préparé, on peut vite passer à côté de sa compétition”, prévient-il en indiquant ne pas avoir peur de l’engouement médiatique et populaire qui entoure les JO.
Son objectif désormais, s’installer dans le top 5 mondial tout en préparant la qualification olympique avec les Jeux européens comme première échéance qualificative. Pour y parvenir, il a fait le choix de réduire son calendrier de compétitions afin de privilégier des phases d’entraînement plus longues toujours encadrées par son “papa coach”. Mais les places seront chères.
En avril 2025, la communauté du squash a en effet enregistré un revers avec la limitation des tableaux de simple à 16 joueurs et 16 joueuses contre deux tableaux de 32 initialement envisagés.- “Jeu d’échecs dans un ring de boxe” -“Pour le sport, ce n’est pas une bonne nouvelle, reconnaît Victor Crouin, mais en tant que compétiteur ça fera un match en moins à jouer et la chance de médaille sera quand même beaucoup plus forte.”Cette réduction implique aussi un temps d’exposition plus limité pour la discipline qui espère séduire le public olympique. “C’est un sport très spectaculaire.
On parle souvent du squash comme d’un jeu d’échecs dans un ring de boxe”, assure le diplômé d’Harvard en économie reconnaissable sur le court à ses bandanas colorés. Discipline dominée par les Égyptiens, à l’image du N.1 mondial Mostafa Asal que Victor Crouin a battu pour la première fois en demi-finales du Silicon Valley Open en octobre 2025, le squash reste concentré autour de quelques nations fortes comme l’Angleterre en Europe.
Et dans ce sport qui mêle intensité physique et dimension tactique, Victor Crouin s’appuie sur un “jeu analytique” qu’il a développé pour s’imposer face aux meilleurs. Petit gabarit, 1m70, il cherche à compenser un manque de puissance face à certains adversaires en utilisant “un maximum de trajectoires” pour compliquer la lecture du jeu et les “fatiguer”.
Une approche qui lui a permis de remporter en février le Texas Open, tournoi Gold du circuit PSA (équivalent de l’ATP au tennis), face au Péruvien Diego Elias, actuel 3e mondial. Le premier grand titre de sa carrière.
Mon, 20 Apr 2026 10:29:53 GMT
