La crise pétrolière doit permettre d'”accélérer” la transition, disent le chef de la COP31 et l’ONU Climat

La crise énergétique engendrée par la guerre au Moyen-Orient doit permettre d'”accélérer” le développement des énergies renouvelables, ont martelé jeudi les chefs de l’ONU Climat et de la COP31 réunis à Paris, à l’heure où le prix du pétrole atteint des sommets inédits depuis l’invasion russe en Ukraine. Le monde doit “accélérer la transition vers les énergies propres”, a dit le président de la COP31 et ministre de l’Environnement turc Murat Kurum, à l’occasion d’une conférence au siège parisien de l’Agence internationale de l’Energie (AIE), qui s’exprimait en turc et dont les propos ont été traduits par un interprète.”Nous savons désormais clairement que l’économie mondiale doit changer de paradigme énergétique”, a-t-il ajouté à l’occasion de cette réunion consacrée à la transition énergétique, qualifiant cette transition d'”étape la plus cruciale” pour le changement.

Comme lors de l’invasion russe en Ukraine en 2022, la guerre au Moyen-Orient a montré au monde ses fortes dépendances aux énergies fossiles, cette fois avec la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux. Le prix du baril de Brent, la référence mondiale du brut, a ainsi dépassé jeudi 126 dollars, un sommet depuis début 2022 lorsque l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe avait provoqué une flambée des cours.

Depuis le début de l’année, le prix du Brent a donc doublé. Cette flambée des cours a de lourds effets sur les économies à travers la planète, avec des perspectives de croissance qui s’amenuisent: la zone euro a ainsi enregistré une croissance économique quasiment nulle au premier trimestre, et l’inflation a grimpé de 3% sur un an en avril.- “La plus grave crise énergétique” -Le monde fait face à “un défi majeur sur le plan énergétique et économique”, a constaté jeudi le patron de l’AIE, Fatih Birol, en ouverture des échanges à cette conférence internationale. “Le monde est confronté à la plus grave crise énergétique de son histoire”, a-t-il dit.

Intervenant aussi au cours de cette réunion rassemblant des représentants d’Etats et de grandes entreprises du secteur énergétique et financier, le chef de l’ONU Climat, Simon Stiell, a observé que les renouvelables “offrent une énergie plus sûre, moins chère et plus propre, qui ne peut être mise à mal par des détroits maritimes étroits ou des conflits mondiaux”.

Il a souligné l'”immense ironie” de la situation actuelle: “ceux qui se sont battus pour que le monde reste dépendant des combustibles fossiles sont en train, sans le vouloir, de propulser l’essor mondial des énergies renouvelables”, a-t-il lancé, sans citer de pays en particulier. Loin de se montrer pessimiste, le représentant de l’ONU a noté qu’il existe déjà un “véritable élan”, en citant les effets de cette crise un peu moins graves que craint dans des pays comme l’Espagne, le Pakistan et la France, appelant aussi à “accélérer une transition véritablement mondiale”.

Les investissements dans les énergies propres ont aussi été en passe d’atteindre le double de ceux consacrés aux combustibles fossiles l’an dernier, a-t-il mis en avant, notant l’impossibilité désormais “d’ignorer la logique économique des énergies renouvelables”.

Thu, 30 Apr 2026 11:08:02 GMT