Hantavirus: ultimes évacuations du Hondius, deux rapatriés testés positifs

Les 28 derniers occupants qui seront débarqués du MV Hondius partiront lundi vers les Pays-Bas, puis seront particulièrement suivis par les autorités sanitaires de leurs pays, comme la petite centaine de personnes déjà évacuées du navire, parmi lesquelles deux cas positifs au hantavirus ont été signalés. L’Espagne s’est défendu de tout laxisme dans ces opérations menées depuis dimanche, assurant avoir pris “toutes les précautions” nécessaires pour éviter une éventuelle propagation de ce virus connu mais rare, contre lequel il n’existe aucun vaccin ni traitement.”Sur les 54 personnes qui restent à bord du navire, 28 débarqueront cet après-midi aux Canaries et 26 continueront à bord en direction des Pays-Bas”, emportant aussi le corps d’une Allemande morte de l’infection, a indiqué sur X la ministre espagnole de la Santé, Mónica García.

Elle avait initialement annoncé à la mi-journée lors d’un point-presse que “22 personnes allaient débarquer et 32 resteraient sur le navire”. Ces derniers occupants qui seront évacués partiront dans un seul avion “vers les Pays-Bas”, avait-elle précisé, un autre vol à destination de l’Australie ayant été finalement annulé. La ministre espagnole a rappelé que le départ du Hondius du port de Granadilla était prévu autour de 18H00 GMT et que les évacués devaient donc être débarqués “avant”.

Au total, 122 personnes auront été évacuées en moins de 48 heures dans cette opération qualifiée de “sans précédent” par Madrid, en plus de trois personnes déjà débarquées précédemment au Cap-Vert.- Ravitaillement terminé -En attendant, dans le port industriel de Granadilla, sur l’île de Tenerife, le Hondius a été ravitaillé lundi matin et le navire a aussi reçu un réapprovisionnement en nourriture pour pouvoir poursuivre son périple vers Rotterdam.”Je ne souhaite rien de plus à chacun, passagers comme membres d’équipage, que de pouvoir rentrer chez soi sain et sauf et en bonne santé”, a dit le capitaine du Hondius dans une vidéo publiée par son exploitant néerlandais Oceanside Expeditions.”En tant que capitaine du Hondius, mon travail consiste à diriger mon équipage, à veiller sur mes passagers et à ramener le navire sain et sauf au port.

Et notre responsabilité ne s’arrête pas là”, a-t-il ajouté. Parmi les 94 croisiéristes et membres d’équipage de 19 nationalités déjà évacués dimanche, un Américain et une Française ont été testés positifs à l’hantavirus, qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu. Face à la presse, Mónica García a tenu à couper court à toute polémique, se défendant de tout raté dans le dispositif mis en place par les autorités sanitaires, qui prévoyait notamment que les tests PCR soient réalisés dans les pays d’origine, une fois les passagers et membres d’équipage rapatriés.”Nous avons pris toutes les précautions et mis en place tous les mécanismes de sécurité afin de traiter ces personnes qui, au départ, étaient des cas contacts, avec toutes les mesures de sécurité”, a assuré la ministre, insistant sur “l’ampleur du traçage et de la surveillance” effectuée par les autorités sanitaires espagnoles.

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l’OMS a confirmé une infection à l’hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et un autre probable ont été signalés.- Pas de “panique” -Un autre passager américain présente des “symptômes légers”, selon le ministère américain de la Santé, tandis que le gouvernement français a fait état de 22 cas contacts identifiés en France, appelant la population à ne pas céder à “la panique”.

En Espagne, les résultats des tests réalisés par les 14 Espagnols évacués dimanche doivent être connus dans la journée de lundi. La crise à bord du MV Hondius a ravivé les souvenirs de la pandémie de Covid, même si l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) martèle que la situation n’est pas comparable à 2020. Dimanche, les images des occupants évacués tour à tour par petits groupes, vêtus de combinaisons de protection individuelle jetables et de masques FPP2, rappelaient néanmoins des scènes observées il y a six ans.- Un protocole sanitaire par pays -Considérés comme des “contacts à haut risque” par l’OMS, les personnes évacuées feront toutes l’objet d’une surveillance pendant plusieurs semaines, l’organisation basée à Genève “recommandant (une quarantaine) de 42 jours”.

Chaque pays met en place le protocole sanitaire qui lui semble le plus adéquat, très souvent en suivant les consignes de l’OMS. La variante du virus détectée à bord du Hondius, l’hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d’homme à homme avec un délai d’incubation pouvant aller jusqu’à six semaines. L’hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l’intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive.

Mon, 11 May 2026 14:10:47 GMT