Adolescent tué à Nantes: Nuñez promet de poursuivre la guerre contre le narcotrafic

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé vendredi sa “détermination” à “gagner” la “guerre” contre le narcotrafic au lendemain de la mort d’un adolescent de 15 ans à Nantes, dans une fusillade “manifestement liée au trafic de drogue”.”Cette guerre on la mène avec détermination et on ne lâchera rien. Oui le combat est compliqué mais on ne perdra pas cette guerre”, a martelé le ministre, depuis le lieu de la fusillade survenue jeudi soir, où il est arrivé en fin de matinée.

D’après Laurent Nuñez, le bilan du drame dans le quartier populaire de Port-Boyer, au nord de Nantes, s’élève à un jeune décédé et deux autres grièvement blessés. Les deux blessés hospitalisés, des garçons de 13 et 14 ans, sont “désormais hors de danger”, a indiqué le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy. Une cellule psychologique du Samu a été mise en place dans le quartier, a constaté l’AFP.

Jeudi, vers 19H30, deux individus “cagoulés” sont arrivés et ont ouvert le feu “un peu à l’aveugle” sur un groupe de jeunes adolescents, dans ce quartier hérissé de barres d’immeubles construites au milieu de la verdure au bord d’une rivière, a rappelé le ministre. Si les motifs de la fusillade sur ce point de deal sont “très probablement liés” au narcotrafic, Laurent Nuñez a insisté sur le fait que rien n’indiquait que les adolescents visés par les tirs “et a fortiori” celui qui est décédé étaient liés au trafic.

Ce point de deal est “très convoité”, la police ayant interpellé cinq personnes en mars et “quand on déstabilise les territoires, on crée des guerres de territoire”, a expliqué le ministre, faisant le parallèle avec des faits récemment survenus à Nice et près de Lyon. Le 11 mai à Nice, un homme avait tiré par rafales en direction d’un café et d’un magasin de bonbons, tuant deux pères de familles de 57 et 39 ans.

Il avait aussi blessé six personnes, dont trois grièvement. Le même jour, à Décines-Charpieu, en banlieue lyonnaise, un incendie “d’intimidation” a conduit à la mort de trois personnes, “qui n’avaient rien à voir avec le trafic de stupéfiants”, a rappelé M. Nuñez.- “Très peur” -“Il y a des drames qui se produisent”, mais “il faut continuer à déstabiliser, à démanteler des réseaux.

Ce qui s’est passé hier renforce notre détermination pour poursuivre cette lutte incessante” contre le narcotrafic, a-t-il encore déclaré, après avoir échangé avec des habitants et la maire de Nantes, Johanna Rolland. Laurent Nuñez a évoqué l’ouverture à Nantes d’une antenne de l’Office anti-stupéfiants (Ofast) et plus largement du “renfort en matière d’investigation” contre la criminalité organisée de 300 enquêteurs supplémentaires en 2026, ainsi que des mesures visant les consommateurs de stupéfiants comme le passage de l’amende forfaitaire de 200 à 500 euros. Vendredi, des impacts de balles étaient toujours visibles dans la porte d’entrée de l’immeuble, où les tirs se sont produits et un camion de police restait stationné en face.

Une habitante de l’immeuble a décrit à l’AFP, sous couvert d’anonymat, comment elle a découvert l’un des adolescents touchés par balle “qui ne respir(ait) plus”, disant avoir pensé à lui “toute la nuit”. Une voisine “envisage de quitter le quartier où elle a grandi”. Son petit garçon de 10 ans a confié avoir “très peur” et ne veut plus dormir qu’au côté de sa mère depuis les premiers coups de feu entendus dans le quartier il y a plusieurs semaines. Le trafic s’est “installé petit à petit”, a témoigné auprès de l’AFP Cécile, sexagénaire qui habite rue de Pornichet “depuis 1995”.  “Depuis quelques années et surtout quelques mois, on voit bien que ça craint (…) ça fait vraiment peur à tout le monde”, a-t-elle ajouté, observant depuis peu des personnes différentes, “des plus grands, cagoulés, tout en noir”.

Pour la maire socialiste de Nantes, qui a échangé avec la mère de l’adolescent décédé et lui a apporté son “soutien le plus absolu”, “quand un jeune de 15 ans perd la vie, c’est insoutenable pour une ville”. Le chiffre d’affaires du marché de la drogue en France était estimé en 2023 à 6,8 milliards d’euros, soit trois fois plus qu’en 2010, selon la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca).

Fri, 15 May 2026 13:33:53 GMT