Liban: frappes israéliennes dans le sud et l’est du pays

De nouvelles frappes israéliennes, en partie annoncées, ont été menées dimanche au Liban, au lendemain d’un raid qui a tué onze personnes selon les autorités, a rapporté l’Agence nationale d’information libanaise, ANI. Selon le ministère libanais de la Santé, qui a dénoncé un “massacre”, six femmes et un enfant figurent parmi les 11 personnes tuées samedi dans le district de Nabatiyé, dans le sud.

La frappe israélienne a aussi fait neuf blessés, dont un enfant, a ajouté le ministère dans un communiqué. Israël continue d’opérer contre ce qu’il présente comme des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril et récemment prolongé de plusieurs semaines. Le mouvement chiite poursuit lui ses attaques contre des cibles israéliennes dans le sud du Liban et de l’autre côté de la frontière.

Il a notamment tiré dimanche des roquettes sur des soldats israéliens opérant en territoire libanais. Son chef, Naïm Qassem, a dans le même temps dit espérer que l’Iran et les Etats-Unis parviennent à un accord pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient incluant le volet libanais avec une “cessation complète des hostilités”. L’Iran, qui finance et arme le Hezbollah depuis des décennies, sortira “la tête haute” du conflit, a-t-il estimé. Une partie des raids israéliens de dimanche, menés dans le sud du pays et la Bekaa (est), ont eu lieu avant un appel israélien à évacuer 11 villages de ces deux régions. L’armée israélienne avait affirmé être “obligée d’agir avec force” contre le Hezbollah “à la lumière de la violation de l’accord de cessez-le-feu”.

Un correspondant de l’AFP a vu d’épais nuages de fumée s’élever après des frappes sur Nabatiyé et Zawtar el-Charqiyé, dans le sud. La Défense civile libanaise a annoncé dans la matinée que son centre de Nabatiyé avait été détruit par une frappe israélienne nocturne. Un photographe de l’AFP a vu du personnel de cet organisme récupérer du matériel et utiliser un brancard pour extraire des bouteilles d’oxygène des décombres du centre. L’armée israélienne n’a pas immédiatement réagi à une demande de commentaire de l’AFP concernant cette frappe. Aux termes de l’accord de cessez-le-feu, Israël se réserve le droit d’agir en légitime défense dans le pays voisin. Le Liban a été aspiré dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars, après des tirs du Hezbollah sur Israël, en représailles à la mort du guide suprême iranien le 28 février dans l’attaque américano-israélienne contre Téhéran. Avant que M.

Qassem ne s’exprime lors d’un discours télévisé, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah, sanctionné cette semaine par les Etats-Unis, avait affirmé que l’Iran conditionnait un accord avec les Etats-Unis à “l’arrêt de la guerre au Liban”. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a de son côté déclaré dimanche que le président américain Donald Trump avait réaffirmé son soutien au droit d’Israël à se défendre contre le Hezbollah.

M. Qassem a de nouveau appelé le gouvernement libanais à abandonner les négociations directes avec Israël, dont une quatrième session est prévue les 2 et 3 juin à Washington, y voyant un “gain sans contrepartie pour Israël”. “Ne nous poignardez pas dans le dos”, a-t-il lancé, réaffirmant aussi le refus du Hezbollah de désarmer comme le demande le gouvernement libanais. “Le désarmement signifie priver le Liban de sa capacité de défense ainsi que de celle de la résistance (le Hezbollah) (…) ouvrant la voie à son anéantissement”, a-t-il déclaré.

Sun, 24 May 2026 17:59:35 GMT