Les chaleurs étouffantes qui frappent le pays depuis près d’une semaine “montent d’un cran” lundi avec 49 départements et 35 millions de Français placés en vigilance rouge canicule par Météo France, poussant les autorités à fermer ou réorganiser près de 2.000 établissements scolaires.”Les très fortes chaleurs s’installent durablement sur le pays.
Sur les départements en rouge, les températures deviennent exceptionnellement élevées, de jour comme de nuit”, avertit l’institut prévisionniste. À l’aube, il faisait déjà 27°C à Cholet ou 25°C à Paris, “des valeurs minimales d’un niveau jamais atteint”, relève l’institut qui prévoit des températures entre 36°C et 43°C sur l’ensemble du pays, avec des records battus.
La baisse du mercure n’est pas attendue avant la fin de la semaine. Quarante autres départements sont placés en vigilance orange, au moins jusqu’à mardi, soit au total l’équivalent de 90% de la population française exposée à des chaleurs extrêmes et exceptionnelles. Cet épisode caniculaire “étendu, durable et intense”, après un premier en mai, pourrait connaitre un “niveau de sévérité” proche de celui d’août 2003 qui avait fait près de 15.000 morts en France, selon Météo France.
Dimanche, trois personnes âgées sont décédées à leur domicile en Gironde en raison des fortes chaleurs, selon la préfecture. Et 13 autres se sont noyées au cours du week-end en France, selon la Sécurité civile. Venue rencontrer les équipes de régulation médicale des urgences à l’hôpital Necker à Paris, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a signalé “une énorme augmentation” des appels en volume depuis dimanche, “de l’ordre ici de presque 60%”.
Malgré cela, “il semble au moment où je vous parle que le système de santé ne soit pas particulièrement en tension dans les services d’urgence”, a-t-elle ajouté lundi matin sur TF1.- Écoles fermées -L’épisode perturbe fortement la vie scolaire, principalement dans les départements en vigilance rouge, avec 845 écoles et collèges fermés lundi et 1.800 autres dont les horaires seront aménagés sur les 60.000 établissements du pays, selon le ministère de l’Éducation.
Ces chiffres n’incluent pas les nombreux établissements qui suggèrent déjà aux parents, depuis la semaine dernière dans les premiers départements touchés par la chaleur, de garder leurs enfants à la maison ou de les récupérer à la pause déjeuner pour les sortir des classes surchauffées. Dans une école maternelle du sud de Bordeaux vidée des trois quarts des effectifs lundi matin, Justine, mère divorcée de 35 ans, explique “se relayer avec des voisins” pour récupérer son fils chaque jour à la pause déjeuner: “sinon, je le mets en danger”.”Pour rénover ou mettre une clim’, les collectivités et l’État se renvoient la balle sans cesse.
Visiblement, les enfants, ça ne compte pas”, peste de son côté une professeure des écoles du bassin d’Arcachon, où l’on attend jusqu’à 39°C, en pointant la différence de traitement, “que tout le monde trouve normale”, entre son école “surchauffée” et le supermarché d’en face “climatisé”. À Rennes, où 40°C sont annoncés, Thomas Pétillon, patron de PME, s’attend à voir “tout le monde au bureau pour profiter de la climatisation récemment révisée”.- “Éviter” le train -Mais “cet arbitrage de bien-être à court terme pour les salariés n’est pas la solution à long terme pour la planète”, s’inquiète-t-il.
De son côté, le PDG de la SNCF, Jean Castex, a invité dimanche les voyageurs les plus “vulnérables” à “éviter de prendre le train” pendant la canicule. La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, lui a fait écho lundi en demandant aux travailleurs “de ne pas se déplacer” et de privilégier le télétravail, en raison de perturbations à venir sur le réseau de transport liées à la chaleur.
Conséquence des températures brûlantes, “l’assèchement de la végétation” provoque des feux de cultures et de broussailles, qui sont en augmentation selon les autorités. Onze départements dans l’Ouest, le Centre et le Sud-Est du pays présentent ainsi un “niveau élevé” de risque incendie, selon la Météo des forêts. La canicule frappe aussi le reste de l’Europe, comme le Royaume-Uni, la Croatie, le Portugal et l’Espagne où une vague de chaleur extrême touche la majeure partie du pays ainsi que les îles Baléares.
Selon le consensus scientifique, le changement climatique induit par l’activité humaine rend plus intenses les phénomènes météorologiques extrêmes, notamment les vagues de chaleur. Les prévisions officielles tablent sur un réchauffement moyen de 2,7°C en France d’ici à 2050.
Mon, 22 Jun 2026 07:54:48 GMT
