Le protocole d’accord, une “déclaration de défaite de l’Amérique” selon l’Iran

Pour l’Iran, le protocole d’accord avec les Etats-Unis est une “déclaration de défaite de l’Amérique”, s’est vanté son négociateur en chef, en pleine tournée régionale du secrétaire d’Etat américain destinée à rassurer ses alliés dans le Golfe. Ce règlement est le fruit “de la résistance et de la détermination” de l’Iran et a “la valeur d’une déclaration de défaite pour l’Amérique”, s’est targué l’influent Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a lancé dimanche en Suisse des pourparlers avec les Américains en vue d’un accord final pour solder le conflit régional. La sécurité au Moyen-Orient doit désormais être assurée par les pays de la région, avec qui l’Iran souhaite “l’interaction” et “non la confrontation”, a-t-il ajouté lors d’une conférence retransmise par la télévision iranienne.

Il s’est exprimé alors que Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine, effectue une tournée éclair dans les pays du Golfe, qui doivent désormais composer avec la situation post-guerre. Ils ont payé au prix fort l’offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l’Iran, ciblés en représailles par des missiles et drones iraniens lors d’une guerre dont ils ne voulaient pas.

A Abou Dhabi, Marco Rubio a assuré le président émirati de l’engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays, avant de se rendre au Koweït, d’où il doit ensuite rallier Bahreïn. En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l’Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l’AFP un diplomate. – “AUCUN PEAGE” dit Trump -L’Iran et les Etats-Unis ont signé il y a une semaine un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d’un règlement durable.  Mais de nombreux points de divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d’Ormuz.

Et des voix critiquent aux Etats-Unis les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette impopulaire guerre. Selon le Pakistan, pays médiateur, les pourparlers techniques reprendront la semaine prochaine, sans doute mardi. Le protocole d’accord prévoit une réouverture du détroit d’Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l’or noir.

Mais l’Iran a dit vouloir ensuite imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d’avant-guerre. Le Premier ministre qatari était mercredi à Oman, selon le même diplomate, pour préparer des discussions entre des pays du Golfe, l’Irak et l’Iran au sujet de ce passage par où transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial.”AUCUN PÉAGE, AUCUN FRAIS D’ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS DE QUELQUE NATURE QUE CE SOIT” ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Entretemps, l’évacuation des plus de 11.000 marins encore bloqués dans le Golfe devrait prendre “quelques semaines”, a indiqué mercredi à l’AFP le secrétaire général de l’Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez. Les cours du baril de pétrole Brent continuent eux leur décrue, passés sous les 75 dollars pour la première fois depuis le début de la guerre, qui les avait fait grimper à plus de 126 dollars. Sur le volet nucléaire, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date. Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.- “Comme le phénix” – Sur le Liban, dont l’Iran a imposé l’inclusion dans le protocole d’accord, M.

Ghalibaf a estimé mercredi que la fin de la guerre y était “aussi importante” que la fin des hostilités dans son propre pays. Marco Rubio a lui souligné que le soutien de l’Iran au Hezbollah serait abordé dans la suite des discussions, tout en appuyant le processus de négociations distinct – rejeté par le mouvement chiite – qui a repris mardi à Washington entre Israël et le Liban. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a de son côté affirmé mercredi que les Etats-Unis n’avaient pas exigé un retrait israélien du sud du Liban, condition qui aurait été posée par Téhéran dans ses négociations avec Washington.  Peu avant, l’armée israélienne avait annoncé avoir frappé deux membres du Hezbollah, malgré le cessez-le-feu.

Un média d’Etat libanais a lui fait état d’une autre frappe israélienne, de drone, contre un véhicule à Nabatiyé, dans le sud du Liban, qui a fait deux morts. A Tyr, également dans le sud, des habitants tentent de déblayer les décombres à la faveur de l’accalmie actuelle. Selon la municipalité, 1.000 habitations ont été endommagées. “Nous secouons la poussière et nous nous relevons comme le phénix”, sourit Hussein Hassan dans son salon de coiffure à la vitrine soufflée.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars. Depuis, les bombardements et opérations israéliens ont fait plus de 4.100 morts, selon les autorités libanaises.burx-san/hme/cab

Wed, 24 Jun 2026 16:20:24 GMT