Le travailliste Andy Burnham a été officiellement nommé lundi Premier ministre du Royaume-Uni et entend incarner à Downing Street un changement de style autant que politique, dans un pays confronté à des défis économiques et sociaux majeurs. A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l’Angleterre) jusqu’au mois dernier, succède au démissionnaire Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024, après une victoire écrasante du Labour aux législatives qui avait mis fin à 14 ans de gouvernement conservateur.
Andy Burnham, devenu vendredi chef du Labour après avoir engrangé le soutien d’environ 95% des députés travaillistes, est le sixième Premier ministre à entrer à Downing Street en dix ans. Il a été officiellement chargé par le roi Charles III de former un nouveau gouvernement, lors d’un entretien au palais de Buckingham à la mi-journée, avant de se rendre dans la foulée à Downing Street pour prononcer son premier discours en tant que Premier ministre.
Il va exposer “ses priorités” avec l’objectif de “rétablir la confiance dans le gouvernement” et de “donner de l’oxygène” aux Britanniques face à la crise du coût de la vie, selon son équipe. Keir Starmer avait annoncé son départ le 22 juin, impopulaire dans le pays et fortement contesté au sein de son parti après des décisions maladroites, des polémiques et des défaites électorales locales.”Le Royaume-Uni est plus fort et plus juste qu’il y a deux ans”, a-t-il déclaré lundi dans une courte allocution devant le 10, Downing Street, entouré de ses collaborateurs et de certains membres du gouvernement sortant. “Je pars avec le sourire et je pars fier de tout ce que nous avons accompli”, a-t-il ajouté.
Il est ensuite allé présenter officiellement sa démission au roi Charles III au palais de Buckingham, qui l’a acceptée, selon un communiqué du palais, précisant que Keir Starmer était accompagné de son épouse, Victoria.- Gouverner “différemment” -Le nouveau gouvernement devrait être annoncé dans l’après-midi. Beaucoup s’interrogent sur le successeur de Rachel Reeves au poste de ministre des Finances.
Plusieurs noms ont circulé, dont celui de Shabana Mahmood, jusqu’ici à l’Intérieur, où elle a mené une politique très ferme sur l’immigration. Andy Burnham va devoir répondre à des défis qui ont provoqué la chute de ses prédécesseurs, au premier rang desquels une croissante économique atone et une crise persistante du coût de la vie. Sa marge de manœuvre est faible en raison d’une dette publique très élevée. Les travaillistes comptent sur Andy Burnham, surnommé “le roi du Nord”, pour stopper l’ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.
Dans un entretien au Times lundi, Andy Burnham, habile communicant au style détendu, perçu comme un peu plus à gauche que Keir Starmer, a promis de gouverner “différemment”. “Il faut montrer aux gens où nous allons, puis les étapes pour y parvenir”, a-t-il insisté. Vendredi, il a répété qu’il s’agissait de “la dernière chance” pour le Labour. “Il cherche avant tout à plaire et répugne donc à prendre des décisions difficiles, alors que c’est précisément ce dont le pays a besoin en ce moment”, a estimé la cheffe de l’opposition conservatrice Kemi Badenoch dans le Times.
Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham avait quitté Londres pour retourner dans le Nord, dont il est originaire. Il avait été élu maire du Grand Manchester en 2017. C’est à la tête de cet ancien bastion industriel, qui a connu un renouveau économique, qu’il est devenu l’une des personnalités politiques les plus populaires du pays.- Pétrole et gaz -Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un “N°10 du Nord” -référence au 10, Downing Street – basé à Manchester. Et son équipe a prévenu qu’il abandonnera le projet de carte d’identité numérique proposé par Keir Starmer pour lutter contre le travail des étrangers en situation irrégulière.
Selon des médias britanniques, Andy Burnham pourrait autoriser le développement de champs pétroliers et gaziers en mer du Nord. Une perspective non confirmée mais déjà saluée par le président américain Donald Trump sur son réseau Truth Social, qui a appelé plusieurs fois à l’exploitation des ressources en mer du Nord.
Mon, 20 Jul 2026 11:41:45 GMT
