En visite à Damas, Guterres exhorte la communauté internationale à aider la Syrie

En visite en Syrie, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé samedi la communauté internationale à aider ce pays en transition après des années de guerre civile et la mise en place de nouvelles autorités. Cette visite est la première d’un secrétaire général de l’ONU en Syrie depuis celle de Ban Ki-moon en 2009. Elle intervient plus d’un an et demi après la chute fin 2024 du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition de rebelles islamistes. “Je viens d’arriver à Damas pour une visite de solidarité.

Mon message est clair: l’ONU est aux côtés de la Syrie à ce moment charnière, et j’appelle également la communauté internationale à ne ménager aucun effort pour soutenir le peuple syrien”, a déclaré M. Guterres sur X. Selon l’agence d’Etat Sana, le chef de l’ONU a rencontré Ahmad al-Chareh, qui dirige le pays depuis décembre 2024, au palais présidentiel, après avoir visité la vieille ville de Damas, dont la célèbre mosquée des Omeyyades.

M. Guterres, accompagné d’une délégation, avait été accueilli plus tôt à l’aéroport international de Damas par le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani. – “Soutenir le peuple syrien” -“L’opportunité qui se présente aujourd’hui ne se limite pas à se relever du conflit, mais inclut aussi les bases d’un avenir pour la Syrie marqué par plus de stabilité, d’inclusivité et de prospérité pour tous les Syriens”, a déclaré plus tôt le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric.  Le diplomate réaffirmera que “le rôle des Nations unies est d’accompagner et de soutenir le peuple syrien dans ce cheminement”, a-t-il ajouté. Lors de sa visite, Antonio Guterres doit également rencontrer des représentants de la société civile, des organisations représentant les femmes et les diverses communautés du pays.

Depuis son arrivée au pouvoir, Ahmad al-Chareh a rompu avec son passé jihadiste et, en septembre, il a été le premier président syrien depuis Noureddine al-Atassi en 1967 à prononcer un discours devant l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Reçu à la Maison Blanche fin 2025, il cherche à attirer des investisseurs dans son pays dont les infrastructures ont été très gravement endommagées par la guerre civile, entre 2011 et 2024. La communauté internationale l’appelle de son côté à bâtir des institutions solides et efficaces, et instaurer une gouvernance inclusive et plurielle.

Le pays a été le théâtre en mars 2025 de massacres d’alaouites, minorité dont est issu M. Assad, et d’affrontements sanglants avec des combattants druzes la même année. Le chef de l’ONU doit également aller à la rencontre de la force de maintien de la paix de l’ONU déployée dans une zone tampon sur le plateau du Golan depuis 1974. Après le renversement de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans cette zone. – Un pays dévasté -Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.

Malgré les tensions, les deux pays voisins ont tenu depuis fin 2024 plusieurs séries de pourparlers directs en vue de la conclusion d’un accord de sécurité. La guerre civile a fait plus de 500.000 morts et fait plus de 10 millions de déplacés et réfugiés. Alors qu’un grand nombre de Syriens vivent dans la pauvreté, on estime que 15,6 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire.

Le coût de la reconstruction en Syrie a été évalué à plus de 216 milliards de dollars par la Banque mondiale.  Depuis la chute de Bachar al-Assad, plusieurs hauts responsables de l’ONU se sont rendus en Syrie, notamment le haut-commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk. Une délégation d’ambassadeurs du Conseil de sécurité de l’ONU avait également effectué une visite en décembre dernier.

Sat, 25 Jul 2026 10:36:07 GMT