L’explosion d’une bombe dans un minibus de transport public a fait jeudi deux morts et 13 blessés dans une ville à majorité druze et chrétienne près de Damas, a rapporté l’agence de presse officielle syrienne, citant le ministère de la Santé. L’attaque est survenue à Jaramana, située dans la banlieue sud-est de la capitale, qui avait été touchée au printemps 2025 par des violences confessionnelles.
Sur le lieu de l’explosion, un photographe de l’AFP a vu un minibus détruit dont le toit a été emporté par le souffle de l’explosion. Des effets personnels étaient éparpillés dans le véhicule et sur la chaussée. Les forces de l’ordre ont établi un cordon de sécurité autour du site de l’explosion, provoquant d’importants embouteillages dans les rues avoisinantes.
Cité par l’agence de presse d’Etat Sana, le ministère de la Santé a fait état de deux morts et 13 blessés. Le ministère avait indiqué plus tôt que “des restes humains étaient en cours d’identification (…) par les équipes de médecins légistes”. Une source officielle citée par la télévision d’Etat avait fait état d’une explosion “due à une bombe placée” à l’intérieur d’un minibus de transport en commun.
Au printemps 2025, des violences confessionnelles entre des groupes armés liés au pouvoir et des combattants druzes avaient fait plus de 100 morts à Jaramana et à Sahnaya, une ville voisine, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une ONG basée au Royaume-Uni disposant d’un vaste réseau de sources en Syrie. La capitale Damas a été le théâtre de plusieurs attentats meurtriers ces derniers mois. En juillet, une personne avait été tuée et 36 autres blessées dans l’explosion de deux bombes artisanales au coeur de Damas pendant la visite du président français Emmanuel Macron. Les autorités syriennes avaient ensuite annoncé l’arrestation de membres d’une cellule présentée comme liée au groupe jihadiste Etat islamique (EI). Quelques jours auparavant, un attentat à la bombe perpétré dans un café du centre de la capitale avait fait 10 morts et un vingtaine de blessés.
Depuis qu’il a renversé le président Bachar al-Assad fin 2024, Ahmad al-Chareh, un ancien jihadiste, s’emploie à asseoir son autorité sur l’ensemble de la Syrie, théâtre d’une guerre dévastatrice de plus de treize ans qui avait morcelé le pays. Soutenue par Washington, la Syrie a rejoint l’an dernier la coalition internationale contre l’EI. L’EI s’était emparé en 2014 de vastes territoires en Syrie et y avait imposé un règne de terreur, avant d’être défait en 2019 par les forces kurdes syriennes, aidées par cette coalition antijihadiste. Le groupe jihadiste conserve cependant des cellules dormantes dans le pays.
Thu, 06 Aug 2026 19:18:42 GMT
