Les secouristes restent pleinement mobilisés vendredi en Colombie au milieu des décombres laissés par le puissant séisme qui a fait 281 morts dans l’ouest, même si l’espoir de retrouver des survivants est de plus en plus mince. “Les chances de retrouver des rescapés vont diminuer”, a admis le directeur de l’agence de gestion des risques, David Tamayo, dans une vidéo jeudi soir. “Mais notre engagement est de ne jamais cesser les recherches.
La consigne est de ne pas s’arrêter avant d’avoir retrouvé toutes les personnes portées disparues”, a-t-il affirmé. Les engins de chantier ont commencé à déblayer les gravats dans les endroits où est écartée toute présence de survivants, après le tremblement de terre de magnitude 7,4 survenu lundi, le plus meurtrier de ce début de siècle en Colombie. Selon un bilan communiqué par le président Abelardo de la Espriella jeudi, le séisme a également fait près de 4.000 blessés et 379 personnes sont toujours portées disparues.
Dans l’ouest, des milliers de logements sont détruits. À Cali, la troisième ville du pays et l’une des plus affectées par cette catastrophe, les parcs et les rues se sont transformés en campements improvisés. Maria del Carmen Rodriguez, 72 ans, a perdu l’appartement qu’elle avait acheté avec les économies d’une vie. Elle l’observe depuis un terrain de football où elle passe désormais des nuits étouffantes sous une tente avec son mari. “Nous nous demandons à quelles aides nous avons droit, si nous allons être relogés” mais “tout ça va prendre du temps”, soupire-t-elle.
Dans la “région du café”, Alexander Fernandez, 27 ans, est également sans toit. Ses enfants ont survécu parce qu’ils se sont cachés sous le lit, explique-t-il. “Nous nous sommes retrouvés sans rien, les affaires, le lit, tout est resté là-bas”, dans le logement qui a disparu. Comme des dizaines d’autres familles, ils sont depuis hébergés sous une tente dans un parc de Pereira, une ville où aucune rue n’a été épargnée.
Les autorités ont ordonné la démolition de plusieurs constructions menaçant de s’effondrer.- “Traumatisme collectif” -Pendant que les bénévoles et les secouristes professionnels s’acharnent à fouiller les décombres en quête du moindre signe de vie, l’odeur âcre des corps en décomposition flotte dans les quartiers les plus dévastés. A Cali, Ana Maria, 23 ans, a eu la vie sauve après s’être réfugiée sous une table en bois massif.
Mais sa famille n’a pas eu cette chance. Ses parents sont morts enlacés dans une chambre à coucher, l’une de ses sœurs – elles sont nées triplées – s’est fait ensevelir sous un escalier et la seconde n’a plus donné de signe de vie après 72 heures, délai à partir duquel les chances de retrouver des survivants sont considérées comme très faibles. Depuis lundi, la solidarité de la population locale face à la recherche harassante des disparus et aux pénuries ne se dément pas.
Des milliers de personnes apportent aux quartiers touchés eau, nourriture et médicaments. Un musicien de Cali a même eu l’idée d’un stand à partir duquel il distribue des étreintes amicales pour réconforter les sinistrés.”Nous traversons un traumatisme collectif et je pense que la meilleure façon d’aider pour moi, c’est de donner de mon énergie”, a dit à l’AFP Andrés Solomon, 46 ans.- Aide de la Banque mondiale-L’épicentre du séisme est situé près de San José del Palmar, dans le Choco, un département bordant le Pacifique et qui compte parmi les plus pauvres de Colombie.
Là, la phase de recherche et de sauvetage est achevée mais l’aide aux sinistrés se fait pressante. Le président Abelardo de la Espriella, qui a pris ses fonctions trois jours seulement avant le tremblement de terre, a décrété l’état d'”urgence économique” face à la catastrophe et annoncé la création d’un fonds alimenté par des aides internationales pour venir en aide aux victimes.
La gestion de la catastrophe par ce dirigeant issu de la droite dure a toutefois fait l’objet de critiques. La Colombie n’a en effet accepté de recevoir que des équipes de secours envoyées par les Etats-Unis, le Salvador, l’Equateur et Israël, gouvernés par la droite. Vendredi, la Banque mondiale a annoncé avoir déboursé 200 millions de dollars au titre de l’aide d’urgence à la Colombie.
Cette institution qui a son siège à Washington a également lancé une étude en vue d'”aider le gouvernement à disposer d’une première évaluation de l’impact économique” du séisme.
Fri, 14 Aug 2026 16:41:06 GMT
