Le Premier ministre britannique Andy Burnham a promis lundi de continuer à aider l’Ukraine en dépit des “scandaleuses menaces” russes dont son pays est la cible, avant une réunion des alliés européens de Kiev pour évoquer leur soutien militaire. La rencontre des Etats membres de la “Coalition des volontaires”, organisée le jour du 35e anniversaire de la proclamation de l’indépendance de l’Ukraine, est coprésidée par le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne.
Andy Burnham, qui effectue son premier déplacement international, est arrivé à Kiev lundi matin, tout comme le président du Conseil européen, Antonio Costa, et plusieurs dirigeants. D’autres, dont le président français Emmanuel Macron, devraient participer à distance à ces discussions qui interviennent sur fond d’intensification de la guerre, quatre ans et demi après son déclenchement en 2022.
Andy Burnham, lors d’un discours aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky, a promis de continuer à aider l’Ukraine en dépit des “scandaleuses menaces” formulées par la Russie contre le Royaume-Uni. L’Ukraine n’est “pas un poids pour notre sécurité, mais la ligne de front qui protège l’Europe”, a-t-il dit, comparant ce combat à celui contre l’Allemagne nazie.
Il doit annoncer que l’entreprise de défense MBDA est autorisée à divulguer des informations classifiées nécessaires pour aider l’Ukraine et la France à mettre en place une production locale du missile franco-britannique de croisière de longue portée Scalp. La nouvelle a déjà provoqué l’indignation du Kremlin, qui a accusé Londres de faire obstacle à la paix et prévenu que son armée localiserait “les sites de production” de ces missiles puis les détruirait.
L’Ukraine cherche à acquérir davantage de systèmes d’armement pour frapper loin en Russie, où elle attaque notamment les infrastructures logistiques et pétrolières. Dans la nuit, des entrepôts d’une plateforme de commerce en ligne ont été touchés dans le sud de la Russie, et des chutes de débris à proximité de l’un d’eux ont tué au moins deux enfants et blessé sept autres, selon les autorités locales.
Ces dernières semaines, les forces russes ont tiré sur Kiev des nuées de missiles balistiques, faisant des dizaines de morts. Une frappe russe sur un bâtiment résidentiel a fait lundi une quinzaine de blessés à Tcherniguiv, dans le nord de l’Ukraine, selon les autorités locales. Vladimir Poutine a assumé samedi l’intensification des attaques en Ukraine. Kiev a “ouvert la boîte de Pandore” en frappant l’économie russe, et Moscou compte en retour viser notamment les exportations agricoles ukrainiennes, a-t-il dit.- Soutien européen -La “Coalition des volontaires”, qui se réunit lundi après-midi, est née d’une initiative franco-britannique regroupant des pays prêts à déployer des forces de maintien de la paix en Ukraine en cas de cessez-le-feu.
Elle est devenue un forum destiné à soutenir les Ukrainiens, dans un contexte d’incertitude quant aux engagements américains sous la présidence de Donald Trump. La réunion des partenaires se déroule dans un contexte de tension politique pour Volodymyr Zelensky, qui a rejeté ce week-end l’appel à la tenue d’élections en temps de guerre formulé par son ex-ministre de la Défense, Mikhaïlo Fedorov.
Lundi, dans une allocution célébrant l’indépendance du pays, le président a dit vouloir “préserver” la “confiance” que ses concitoyens ont dans l’Etat. Il a aussi appelé ses alliés à donner “tout ce dont l’Ukraine a besoin pour arrêter cette guerre” avant que Vladimir Poutine n’ait le temps “d’en démarrer une autre”.
L’Ukraine réclame notamment davantage de moyens de défense antiaérienne pour contrer les missiles balistiques, que la Russie tire par dizaines et qui sont très difficiles à abattre. Emmanuel Macron s’est engagé samedi à ce que son pays livre de nouveaux missiles intercepteurs. L’Union européenne, de son côté, a annoncé lundi le déblocage d’une nouvelle tranche de 6,1 milliards d’euros à l’Ukraine, pour renforcer sa défense aérienne et sa capacité en missiles et munitions.
Kiev dépend de systèmes avancés, principalement des Patriot américains, pour protéger son espace aérien. En amont de la réunion de lundi, Volodymyr Zelensky a affirmé que les livraisons de Patriot avaient diminué de près de moitié depuis 2023.”Pour 2026, les prévisions actuelles tablent sur 264 missiles”, a précisé le président ukrainien, précisant que l’Ukraine demandait un lot d’au moins 300 unités pour l’hiver à venir.
Or les Etats-Unis, dont les stocks ont fondu en raison de la guerre au Moyen-Orient, se montrent réticents à lui en livrer des quantités importantes.
Mon, 24 Aug 2026 12:12:09 GMT
