Les Etats-Unis visent “l’asphyxie économique” de l’Iran et menacent les alliés de Téhéran

Le gouvernement américain a affirmé lundi sa volonté de “couper toutes les ressources économiques” de l’Iran et adressé un avertissement ferme aux pays qui continueraient à soutenir Téhéran, qui voit là un “aveu de défaite” des Etats-Unis. Lors d’une conférence de presse à Washington, le ministre des Finances Scott Bessent a présenté un nouveau train de sanctions dites “secondaires”, touchant non pas l’Iran directement mais ses partenaires commerciaux, sur l’or, la technologie, les actifs numériques, l’aviation et le transport maritime.

Il n’a toutefois pas précisé quand elles entreraient en vigueur ni quels pays pourraient se retrouver dans le viseur des Etats-Unis. La Chine, par exemple, est une grande consommatrice de pétrole iranien. Scott Bessent s’est borné à dire que Donald Trump contactait des dirigeants internationaux, sans expliquer si le président chinois Xi Jinping, d’ailleurs attendu fin septembre à Washington, en faisait partie.”L’Iran fait face à un choix très clair, avec seulement deux chemins possibles: un isolement total et une économie de subsistance, ou un retour vers la normalité avec la possibilité de rejoindre l’économie mondiale”, a prévenu M.

Bessent. L’avertissement s’adresse également au reste du monde puisque les pays qui ne participeront pas aux sanctions américaines “partageront l’isolement de l’Iran”, a menacé le ministre, envisageant notamment d’expulser les récalcitrants “du système dollar”.”Nous tiendrons chacun pour responsable. Ceci marque l’asphyxie économique de ce régime.

Personne ne devrait tester notre volonté” en la matière, a ajouté Scott Bessent.- “Nouvelle défaite” -“L’IRAN S’EFFONDRE COMPLETEMENT!!!”, a écrit de son côté Donald Trump sur son réseau Truth Social, alors que les efforts diplomatiques pour régler le conflit régional, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine contre Téhéran, sont dans l’impasse.

Sur la télévision d’Etat iranienne, le ministre de l’Economie Ali Madanizadeh a promis “une nouvelle défaite” de Washington et assuré que Téhéran disposait d’un “plan sur deux ans” pour contrer les sanctions américaines. Les Etats-Unis “ont tout fait pour tester la détermination du peuple iranien et des responsables du pays, mais ils ont échoué à chaque fois.

Il semble qu’ils souhaitaient subir une nouvelle défaite”, a-t-il affirmé. Avant même la conférence de presse de Scott Bessent, Pékin, partenaire stratégique de Téhéran, avait estimé que les “sanctions et la pression” américaines ne permettraient pas de résoudre le conflit. Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, également président du Parlement iranien, a reçu lundi à Téhéran le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, dont le pays joue les médiateurs dans le conflit.

Lors de cette rencontre, le dirigeant iranien a déclaré que le pays œuvrait à “la mise en œuvre des termes du protocole d’accord” conclu mi-juin par Téhéran et Washington pour trouver une issue au conflit, et a estimé que les Etats-Unis, “en ne respectant pas ces engagements, ont empêché l’instauration de la stabilité dans la région”.- “Nombreuses difficultés économiques” -Au cœur du conflit, le stratégique détroit d’Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran quasiment sans interruption depuis six mois, ce qui a entraîné une envolée des prix du pétrole et une pression accrue sur Donald Trump aux Etats-Unis, à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.

L’Iran a exclu tout retour à la situation d’avant-guerre dans le détroit et discute depuis des semaines d’un accord sur les modalités de son franchissement avec Oman, qui borde la rive sud du détroit. Le chef de la diplomatie omanaise, Badr al-Busaidi, est attendu mardi à Téhéran.  En dépit de la fermeté affichée par Téhéran, le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que le pays faisait face à “de nombreuses difficultés économiques”, après des décennies de sanctions américaines et internationales. “L’Iran devrait faire des compromis dès maintenant”, estime Sarah Hassanbeigi, une pharmacienne interrogée par l’AFP à Téhéran. “La situation est vraiment très difficile.

Je ne pense pas que les gens puissent supporter cela beaucoup plus longtemps.”Le 22 juillet, l’inflation atteignait 66% sur douze mois dans le pays, contre 46% en février, et la monnaie nationale poursuit sa dégringolade: un dollar s’échangeait la semaine dernière contre 1,88 million de rials, contre 1,65 million juste avant le conflit. Et selon la société de suivi maritime Kpler, le blocus américain imposé aux ports iraniens a entraîné une chute des exportations pétrolières de l’Iran, passées de deux millions de barils par jour avant la guerre à seulement 0,4 million à la mi-août, leur plus bas depuis le début du conflit.

Mon, 24 Aug 2026 20:25:54 GMT