Isolé et sur la défensive, un Netanyahu combatif attendu à l’ONU

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, isolé sur la scène internationale et lancé dans une difficile campagne pour sa réélection, doit prendre la parole jeudi à la tribune de l’ONU, à un moment où les critiques internationales se multiplient contre les violences commises contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée. Avant lui, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, contraint de s’exprimer par vidéo après avoir été privé de visa par les Etats-Unis, a déclaré que les politiques israéliennes ne se contentaient plus de compromettre la solution à deux Etats mais menaçaient désormais “la vie et l’existence mêmes” de son peuple.

Le dirigeant palestinien a également fustigé la décision des Etats-Unis de lui interdire comme l’an passé de se rendre sur le sol américain, dénonçant “des mesures punitives sans fondement légal”. M. Netanyahu, arrivé dans la matinée à New York pour une visite éclair, devrait livrer un discours combatif, comme il en a l’habitude ces dernières années à l’ONU, pourfendant une institution qu’il accuse de dénigrer Israël et dénonçant l’ennemi juré iranien.

Son discours intervient au lendemain de l’attaque à la voiture-bélier en Cisjordanie occupée dans laquelle le fils de l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Yechiel Leiter, a été gravement blessé. Selon ce dernier, son fils, qui est soldat réserviste dans l’armée israélienne, est toujours “en danger” de mort. M. Netanyahu a aussi promis de “dire la vérité” au sujet du nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, qu’il accuse de soutenir le Hamas.”Je viens à l’ONU, je vais dire la vérité sur nos soldats héroïques et je vais dire la vérité à votre sujet”, a-t-il déclaré avant son voyage.

M. Mamdani, qui fait partie de l’aile gauche du Parti démocrate et est un militant de longue date de la cause palestinienne, accuse le Premier ministre israélien de “génocide”. Plus tôt cette année, le maire de New York avait déclaré qu’il envisageait d’arrêter l’Israélien lors du sommet de l’ONU, avant d’admettre qu’il n’était pas en mesure d’exécuter un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) visant le Premier ministre pour crimes de guerre et contre l’humanité.

En campagne en vue des législatives du 27 octobre, le Premier ministre israélien a largement axé celle-ci sur les enjeux sécuritaires. M. Netanyahu, à la tête du gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël, a lancé son pays dans une guerre sur plusieurs fronts (Gaza, Liban, Syrie et Iran) et intensifié la colonisation en Cisjordanie occupée, où les violences de colons se sont multipliées, depuis l’attaque sanglante menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.- “Absurdité grotesque” -Privée de son dirigeant, la mission palestinienne à l’ONU devrait quitter l’enceinte au moment de l’allocution de Benjamin Netanyahu, comme elle l’avait fait l’année dernière, accompagnée par d’autres délégations.

Plusieurs dirigeants étrangers, dont Emmanuel Macron ont profité de la tribune de l’ONU cette semaine pour critiquer la politique menée par le gouvernement israélien. Le président français a ainsi déploré la situation humanitaire à Gaza.”Quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza?”, a-t-il lancé, critiquant par ailleurs les agissements israéliens en Cisjordanie, où, a-t-il dit, le “Hamas n’a jamais sévi”.

La réplique d’Israël a été cinglante, dénonçant l'”absurdité grotesque” des propos de M. Macron. L’an dernier à l’ONU, la France et l’Arabie saoudite avaient été les fers de lance de la reconnaissance d’un Etat de Palestine, dans l’espoir de faire avancer la solution à deux Etats, qui paraît sur le terrain de plus en plus incertaine. De nombreux pays occidentaux dont le Canada, la France et le Royaume-Uni, dénoncent depuis des mois l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie et ont imposé des sanctions contre Israël.

Les Etats-Unis refusent de leur côté d’apparaître publiquement comme critiquant Israël, mais disent s’opposer aux violences et à toute annexion de ce territoire palestinien par Israël. Selon un décompte de l’AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, l’armée israélienne et des colons juifs ont tué depuis 2023 quelque 1.100 Palestiniens, combattants et civils en Cisjordanie.

De leur côté, les autorités israéliennes font état de plusieurs attaques contre des Israéliens ces derniers jours, notamment dimanche, lorsqu’un colon franco-israélien, Netanel Choukroun, a été tué par balles dans le centre de la Cisjordanie.

Thu, 24 Sep 2026 14:58:08 GMT