Ukraine: cinq morts dans des frappes de drones russes en plein jour à Kiev

Des frappes de drones russes ont tué cinq personnes vendredi à Kiev, dont un adolescent de 14 ans, alors que l’Ukraine a affirmé avoir l’accord définitif de Donald Trump pour produire des systèmes de défense antiaérienne Patriot sur son sol. Volodymyr Zelensky a affirmé vendredi que son homologue américain avait pris sa “décision finale” pour livrer à l’Ukraine les licences permettant de produire des missiles pour les systèmes Patriot, nécessaires à Kiev pour intercepter les missiles balistiques russes. Peu après, une frappe de drone contre un immeuble de bureaux en pleine journée a fait au moins quatre morts et sept blessés, dont un enfant, a indiqué le maire Vitali Klitschko.

Un journaliste de l’AFP a vu des passants courir dans la rue, tout en regardant vers le ciel, au son du bourdonnement d’un drone à réaction. Vendredi matin, alors que les habitants se rendaient au travail, un autre drone a frappé un immeuble résidentiel, tuant un garçon de 14 ans, selon la mairie. Le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que l’adolescent avait la nationalité israélienne et que sa mère figurait parmi les blessés.

Plus de 30 personnes ont été blessées dans ces attaques, selon le maire de Kiev, Vitali Klitschko. Sur le site de l’attaque matinale, des journalistes de l’AFP ont vu des habitants devant un bâtiment, dont des appartements des 9e et 10e étages étaient noircis par l’incendie qui a suivi.- “Bouche bée” -Mykyta Sysoyev fumait une cigarette devant l’édifice endommagé. Cet informaticien de 23 ans a dit avoir été réveillé par une explosion, sans comprendre immédiatement que son propre immeuble avait été touché. “J’en suis resté bouche bée”, a-t-il dit à l’AFP. “C’est étrange: d’un côté, je m’y suis habitué, mais de l’autre, des gens meurent en permanence”. Volodymyr Zelensky a indiqué qu’un entrepôt utilisé par McDonald’s avait aussi été frappé vendredi près de Kiev.

Par ailleurs, une autre personne a été tuée dans la région d’Odessa (sud), lors d’une frappe contre un établissement postal, selon les autorités. Les pompiers et le personnel médical ont dû évacuer sept patients d’un hôpital à Zaporijjia lors d’une frappe de drone russe, qui a endommagé le bâtiment et déclenché un incendie. Deux personnes ont été blessées.

L’Ukraine, dont le territoire est pilonné par les drones et missiles russes depuis plus de quatre ans et demi, a renforcé de son côté ces derniers mois ses attaques sur la Russie, visant essentiellement des sites militaires et énergétiques. Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’armée ukrainienne a ainsi touché deux raffineries, une usine militaire et des radars militaires dans plusieurs régions russes, a affirmé Volodymyr Zelensky sur Telegram. “Nous ripostons aux frappes brutales de la Russie contre les civils”, a-t-il lancé.- Pas d’effet immédiat -“Le président Trump m’a confirmé que oui, il avait pris une décision finale: l’Ukraine recevra des licences pour la production de missiles Patriot”, a-t-il par ailleurs assuré dans un message vocal adressé à des journalistes, après avoir rencontré son homologue américain à New York cette semaine.

Si ce projet se concrétise, il représenterait une avancée importante pour Kiev qui peine à se procurer suffisamment d’intercepteurs PAC-3 pour les systèmes Patriot, seuls capables d’abattre les missiles balistiques dévastateurs utilisés par Moscou. Il s’agit toutefois d’un projet à long terme, sans impact immédiat sur la situation en Ukraine. Volodymyr Zelensky avait estimé plus tôt cette semaine que le lancement de la production de Patriot en Ukraine pourrait prendre “un an à un an et demi”.

Il avait déclaré en juillet que le pays aurait besoin d’au moins 300 missiles Patriot pour passer l’hiver, saison pendant laquelle la Russie cible le système énergétique, plongeant des millions d’Ukrainiens dans le noir et le froid.  Les missiles balistiques, des engins lourds plus destructeurs, sont aussi beaucoup plus difficiles à contrer et la Russie les utilise de plus en plus, notamment pour attaquer les grandes villes.

Or les intercepteurs PAC-3 sont très onéreux et difficiles à obtenir, et leur pénurie à l’échelle mondiale s’est aggravée depuis la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran cette année. Donald Trump avait déclaré en juillet qu’il était d’accord pour livrer ces licences à l’Ukraine, avant de revenir sur ses propos, estimant que les Etats-Unis devaient être “très prudents” avant d’accorder une telle autorisation.

Depuis l’été, la Russie a par ailleurs commencé à utiliser massivement des drones à réaction. La défense aérienne ukrainienne peine à les intercepter aussi efficacement que leur prédécesseurs classiques. Vendredi, Moscou a accusé l’Ukraine d’avoir frappé un véhicule civil qui acheminait de l’aide humanitaire dans une zone occupée du sud du pays, tuant trois bénévoles.

Fri, 25 Sep 2026 16:00:34 GMT