Blocus des lycées : la mobilisation continue, appel à un “acte deux” jeudi

La mobilisation des lycéens s’est poursuivie mercredi, émaillée par des violences que le président Macron a condamnées, l’Union syndicale lycéenne appelant à une convergence des luttes avec les étudiants et à un “acte deux” jeudi. “J’entends et je comprends les angoisses parfois, les colères que notre jeunesse peut avoir (…) Par contre, aucun de ces débats, aucune de ces craintes ne légitime la violence.

Et en aucun cas des responsables politiques (…) ne sauraient légitimer une violence au carré”, a déclaré le président de la République, Emmanuel Macron, depuis Madrid, visant les responsables de La France insoumise qui soutient le mouvement de contestation. “Les Insoumis appellent à la non-violence des méthodes de lutte”, a assuré mercredi sur X le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon.

Les lycéens se mobilisent notamment pour réclamer le remplacement des professeurs absents, une augmentation des moyens, une rénovation des établissements et des conditions d’apprentissage “décentes”.”On ne cautionne pas la casse, nous on est vraiment venus pour défendre nos droits, parce qu’on a des horaires terribles, on fait des 08H00-18H00 et c’est pas normal”, a déclaré Juan du lycée Montbello à Lille.  Soan Rauch, 17 ans, en première à Fénelon, un autre lycée lillois, espère que “l’Etat puisse nous écouter et nous comprendre”. “Aujourd’hui on est toujours soudés (…) On sent que le mouvement prend de l’ampleur et qu’on peut réussir à faire des choses, donc là c’est plus de la détermination qu’autre chose”, a-t-il assuré.

Mardi, les mobilisations ont concerné quelque 10% des lycées en France. Sollicité par l’AFP, le ministère de l’Education nationale n’a pas communiqué de bilan national mercredi. “Il y a beaucoup moins de mobilisation aujourd’hui (mercredi) mais on appelle à un acte deux demain”, a lancé le président de l’USL, Ryad Rani, lors d’une conférence de presse commune à Paris avec l’Union étudiante, faisant valoir des revendications communes. Avec la secrétaire générale du deuxième syndicat étudiant, Eloïse Lefebvre-Milon, ils appellent “toutes les organisations syndicales, associatives et politiques à (les) rejoindre dans la mobilisation” jeudi et mardi, et réclament un “financement massif des lycées et des universités”. – “Kit de mobilisation” -L’Union étudiante propose sur son site un “tuto pour bloquer son lycée, sa fac ainsi qu’un kit de mobilisation”.

L’Unef, troisième organisation étudiante, appelle aussi les étudiants “à descendre dans les rues partout en France” mardi, contre la “suppression massive de places dans les facs” et le gel des APL notamment. Mercredi, dans plusieurs villes, les préfectures et collectivités ont rapporté des feux de poubelles, des tirs de mortiers ou des barricades, et des interpellations en lien avec la mobilisation. Selon la Région Ile-de-France, 75 lycées étaient perturbés, “dont 36 sont le théâtre de violences, d’affrontements et de dégradations”.

Le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, a redit sur RTL son inquiétude sur les violences, tout en jugeant “légitimes” certaines revendications. Il a déploré que depuis le début de la mobilisation, “76 personnes (…), soit des élèves, soit des personnels”, aient été blessées. A Wattrelos, près de Roubaix (Nord), un individu a garé un véhicule à proximité des grilles du lycée Emile Zola avant l’arrivée des élèves, a sorti de l’essence et y a mis le feu avant de s’enfuir, a précisé une source policière. “On ne sait pas à l’heure actuelle si le véhicule a été projeté sur la grille d’entrée de l’établissement ou si le véhicule a simplement été amené là et a été incendié”, a nuancé le parquet de Lille. Le parquet de Tours a saisi l’Inspection générale de la police nationale pour “enquête” après la blessure mercredi d’un jeune homme à la tête, qui pourrait être liée à un tir de LBD, lanceur de balles de défense.

Devant la presse, Ryad Rani s’est alarmé du “mépris”, de la “répression du gouvernement” et de la “violence inouïe (des forces de l’ordre) envers les lycéens”. Il s’est dit “favorable à rencontrer (le ministre), mais ce n’est pas nous qui allons ramper pour être reçus”. “Il aurait pu nous recevoir tout de suite”, a-t-il estimé, se défendant une nouvelle fois d’être instrumentalisé par la France insoumise.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait indiqué mardi que 440 interpellations avaient eu lieu lors des blocages, principalement de mineurs.

Wed, 30 Sep 2026 15:42:54 GMT