Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé dimanche qu’il n’y avait pas de “solution militaire” à la guerre au Moyen-Orient, alors qu’aucun règlement diplomatique ne se dégage, plus de sept mois après le début des hostilités. Malgré la conclusion d’un cessez-le-feu en avril, la signature d’un protocole d’accord en juin et des échanges en marge de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre, les Etats-Unis et l’Iran continuent de s’opposer sur le stratégique détroit d’Ormuz, proférant régulièrement des menaces de nouvelles frappes.”Si nos ennemis choisissent à nouveau la voie de la confrontation militaire, notre riposte sera plus forte qu’auparavant, et nous nous défendrons avec plus de force encore”, a déclaré M.
Araghchi, devant des ambassadeurs étrangers à Téhéran.”Il n’existe aucune solution militaire, ni aucune solution fondée sur de nouvelles sanctions”, a-t-il ajouté. “Seules des négociations basées sur la justice et l’équité permettront de trouver une solution.” – Un nouveau tanker frappé – L’Iran a proposé fin septembre aux Etats-Unis un plan pour rouvrir sous sept jours le détroit d’Ormuz –où il a imposé fin février de sévères restrictions de navigation, en représailles aux frappes israélo-américaines– en échange notamment de la levée des sanctions américaines qui étouffent son économie.
Le président américain, Donald Trump, a rejeté cette proposition, mais laissé la porte ouverte à la poursuite de négociations indirectes, sans exclure une possible reprise des hostilités. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré dimanche que son pays étudiait les remarques américaines à la proposition.”Les Américains ont (…) transmis, par l’intermédiaire de médiateurs, leurs points de vue sur cette proposition.
Ceux-ci sont actuellement examinés” par l’Iran, a-t-il déclaré aux journalistes, selon l’agence de presse officielle iranienne Irna.”Parallèlement, la République islamique d’Iran se prépare à tout autre scénario”, a-t-il en même temps averti. Washington a récemment renforcé sa guerre économique contre Téhéran, imposant de nouvelles sanctions contre son secteur aérien.
Mais sur le terrain, une accalmie a été observée ces dernières semaines : les Etats-Unis n’ont pas frappé l’Iran depuis le 1er septembre, même si des navires sont régulièrement pris pour cible dans le détroit d’Ormuz. L’agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté dimanche matin qu’un nouveau tanker avait été touché par un “projectile non identifié”, qui a causé “des dégâts”.
L’équipage est sain et sauf, selon l’agence. Avant la guerre, un cinquième des flux mondiaux d’hydrocarbures transitait par cette voie maritime, où l’Iran demande aux navires qui souhaitent la franchir d’obtenir une autorisation de sa part. En rétorsion, les États-Unis imposent un blocus des ports iraniens, affectant les exportations pétrolières de la République islamique.
Téhéran a annoncé dimanche la démission du ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, qui sera remplacé par Hamid Bovard, directeur général de la Compagnie nationale iranienne du pétrole. – Déploiement d’un porte-avion – Si l’Iran dit contrôler le détroit, les navires sont cependant de plus en plus nombreux à sortir du Golfe sous escorte américaine. Depuis l’entrée en vigueur des nouvelles sanctions américaines, le nombre de vols à destination ou au départ de l’aéroport international de Téhéran a baissé de 42%, selon la plateforme Flightradar24. Des liaisons fréquentées, notamment vers la Turquie et la Chine, restent cependant assurées.
Et des compagnies aériennes iraniennes ont repris dimanche les liaisons avec la ville sainte chiite de Najaf, en Irak, après une dérogation accordée par Washington. Le média américain Axios a de son côté fait état du déploiement par les États-Unis de batteries supplémentaires de missiles Patriot en Arabie saoudite et au Qatar, pour la protection d’infrastructures énergétiques clés contre d’éventuelles représailles iraniennes.
Axios a également indiqué que le porte-avions USS Theodore Roosevelt et son groupe aéronaval se dirigeaient vers le Moyen-Orient, où sont déployés deux autres groupes aéronavals américains. Selon Axios, les principaux membres du cabinet du président américain ont discuté vendredi de la suite à donner à la guerre contre l’Iran, ainsi qu’au conflit au Yémen, devenu le nouveau front régional.
Les combattants pro-iraniens houthis y combattent les forces gouvernementales et mènent régulièrement des frappes en Arabie saoudite, leur allié, visant notamment le géant pétrolier Aramco.
Sun, 04 Oct 2026 19:54:17 GMT
