Un Kényan vivant en République démocratique du Congo (RDC) est mort du virus Ebola lundi soir dans un hôpital de Nairobi, ont annoncé mardi les autorités kényanes, première infection et premier décès lié à cette maladie jamais recensés dans le pays d’Afrique de l’Est. La RDC est en proie à la 17e épidémie de maladie à virus Ebola de son histoire, devenue en quelques mois la plus meurtrière jamais connue dans ce vaste pays d’Afrique centrale.
A ce jour, 8.300 cas ont été recensés, dont plus de 4.000 mortels, selon les autorités congolaises. Selon le ministre kényan de la Santé Aden Duale, la victime, un Kényan qui vivait depuis sept ans en RDC, était tombée malade il y a environ un mois et avait été traitée dans plusieurs hôpitaux de ce pays. Il a ensuite traversé la frontière avec l’Ouganda par la route, puis pris un avion le 3 octobre depuis Kampala jusqu’à Nairobi, a ajouté le ministre.
A son atterrissage, un parent et un ami du malade l’ont emmené dans un hôpital public de la capitale kényane, où il a été placé à l’isolement alors qu’il présentait de la “fièvre, des frissons, une fatigue intense, une faiblesse, des douleurs musculaires, une déglutition douloureuse, un mal de gorge et des saignements sous la peau aux sites d’injection”, a listé le ministre.
Autant de symptômes de la fièvre hémorragique à virus Ebola, dont des tests ont confirmé qu’il était porteur. Il en est mort lundi à 23H30 (20H30 GMT), a indiqué Aden Duale. – Les gens en contact – La priorité désormais “est de parvenir à localiser les gens ayant été en contact” avec le malade, un homme d’affaires de 40 ans, a expliqué à l’AFP Patrick Amoth, directeur de la Santé au ministère.
Ont été identifiées 55 personnes : 27 passagers et membres d’équipage du vol Kampala-Nairobi et 28 personnes, proches ou membres du personnel médical, s’étant occupés de lui. Une fois localisées, elles seront placées à l’isolement durant 21 jours, durée d’incubation maximale du virus.”Le raté, c’est que le système n’a pas fonctionné”, a expliqué à l’AFP M.
Amoth, interrogé sur ce qui avait permis à un patient déjà malade d’arriver jusqu’au Kenya, malgré l’état d’alerte lié à l’épidémie. L’Ouganda, voisine de la province de l’Ituri, foyer de l’épidémie en RDC, est rodée: 20 contaminations y avaient été confirmées, dont deux mortelles, les autres patients ayant tous guéri, selon les chiffres officiels.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré fin août l’épidémie terminée en Ouganda, saluant “une action décisive” ayant permis de “rapidement maîtriser” la propagation du virus. Au vu de l’état du malade, “il y aurait dû avoir un degré très élevé de suspicion (…) Comment a-t-il été autorisé à voyager autant?”, s’est-il demandé. Un test “se serait avéré évidemment positif puisqu’il avait des symptômes” et il aurait été transféré dans un centre de traitement pour Ebola, a poursuivi M.
Amoth, estimant toutefois que l’heure n’était pas à pointer du doigt qui que ce soit. – “Ne pas paniquer” – “Nous pensons qu’il se savait déjà malade en arrivant ici” et qu’il a pu passer “au travers du processus de contrôle”, a-t-il estimé devant la presse. “Il est possible que certains médicaments qu’il prenait aient pu masquer certains symptômes”, notamment faire baisser la fièvre.
Le ministre kényan de la Santé a invité la population “à ne pas paniquer, car tous les dispositifs sont en place pour limiter la propagation de la maladie”. Il n’existe aucun vaccin ni traitement homologué à ce jour contre la souche Bundibugyo du virus Ebola à l’origine de la flambée actuelle. Quelque 70.000 doses du vaccin Ervebo, homologué contre la souche Zaïre, ont été envoyées en RDC pour évaluer son impact sur Bundibugyo.
Médecins sans frontières (MSF) a alerté lundi sur une “flambée inquiétante” des cas de contaminations au virus Ebola dans le Nord-Kivu, autre province de l’est de la RDC voisine de l’Ouganda, où sont désormais recensés près de 40 % de nouveaux cas selon l’ONG. L’épidémie ne recule pas mais “se déplace”, avait récemment jugé l’ONG.
Mi-septembre, l’OMS alertait déjà sur la progression “exponentielle” du virus dans cette province, avec un doublement du nombre de décès hebdomadaires lors de la première quinzaine de septembre.
Tue, 06 Oct 2026 13:42:14 GMT
