Les Houthis revendiquent de nouvelles attaques sur l’aéroport de Ryad

Les Houthis ont revendiqué mercredi un nouveau tir de missile sur l’aéroport de la capitale saoudienne, au moment où Ryad tente de contrer ces combattants pro-iraniens au Yémen, des hostilités qui ont fait plus de 200.000 déplacés.  “Nos forces armées ont ciblé l’aéroport international avec un missile balistique”, a déclaré sur X le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree.

Plus tôt, il avait également signalé des attaques de drones sur le même aéroport ainsi que sur des sites militaires du sud de l’Arabie saoudite. Ryad a de son côté dit avoir intercepté un tir de missile dans le nord de Ryad, où se situe l’aéroport, déjà visé cette semaine. Le trafic y est régulièrement perturbé, selon le site de suivi Flightradar24, alors que les Houthis ont prévenu les compagnies aériennes que le ciel saoudien n’était “pas sûr”.

Le conflit entre les Houthis, qui contrôlent la capitale yéménite Sanaa et de vastes pans du pays depuis plus d’une décennie, et le gouvernement reconnu par la communauté internationale et soutenu par le royaume saoudien, s’est réveillé en juillet après des années d’accalmie, devenant le nouveau front de la guerre au Moyen-Orient. Depuis, 201.217 personnes “ont été contraintes de quitter leur foyer”, a annoncé mercredi l’Organisation internationale des migrations (OIM), en s’alarmant du manque de financements nécessaires pour faire face à cette nouvelle crise humanitaire dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabique. – Plus de 330 morts – En septembre, une offensive éclair des Houthis leur a permis de prendre le contrôle de l’ensemble du littoral yéménite donnant sur la mer Rouge, et de renforcer leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, qui relie l’Asie à l’Europe via le canal de Suez.

Les forces gouvernementales, appuyées par des avions de combat saoudiens, ont lancé une contre-offensive le week-end dernier, revendiquant “des victoires sur plusieurs fronts”. Mais les Houthis réfutent ces avancées, et des sources militaires des deux camps interrogées par l’AFP n’ont pas rapporté d’évolutions majeures sur le terrain. Les positions de chacun sont difficiles à déterminer de manière indépendante, dans des zones difficiles d’accès pour les journalistes.

De nouveaux affrontements dans l’ouest du pays ont fait au moins 62 morts mercredi, selon des sources militaires dans les deux camps, portant à plus de 330 le nombre de combattants tués depuis lundi. Ryad a encore bombardé dans la nuit plusieurs régions tenues par les combattants, dont la capitale Sanaa, selon la chaîne Al-Massirah affiliée aux Houthis. Eux ont attaqué une base militaire dans la zone de l’aéroport d’Aden, dans le sud du Yémen, où le gouvernement s’est replié en 2015, au début du conflit.

Selon le ministère des Transports, un missile est tombé près de la piste d’atterrissage quelques minutes avant l’arrivée d’un vol de la compagnie aérienne yéménite en provenance du Caire, qui a dû être dérouté vers un aéroport saoudien. – “En plein milieu de la rue” – L’agence de presse gouvernementale Saba a également fait état d’une frappe sur la grande ville de Taëz, tenue par les forces gouvernementales mais en partie encerclée par les Houthis, faisant cinq blessés parmi les civils. “Nous sommes sortis dans la rue (…) et nous avons vu de jeunes gens qui avaient été touchés.

Le projectile a atterri en plein milieu de la rue, à un moment où le quartier était bondé”, a raconté à l’AFP un habitant, Al-Fateh al-Eisaei. Peinant à repousser les attaques des Houthis, en Arabie saoudite comme au Yémen, Ryad et ses alliés ont réclamé à plusieurs reprises un soutien international ces dernières semaines, notamment des Etats-Unis, sans succès jusqu’ici.

La Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite se sont mis d’accord pour passer “immédiatement à la mise en pratique” d’un accord de défense, signé en août à La Mecque. Ils ont annonçé lundi leur intention de “fournir les forces et moyens militaires convenus, et les déployer rapidement dans le royaume”. Cette annonce, qui n’a pour l’heure pas été suivie d’effets connus, “suggère un déploiement à caractère défensif”, visant à aider Ryad à intercepter les missiles et drones houthis, a commenté Hamish Kinnear, du cabinet Verisk Maplecroft.

Le conflit continue à perturber sérieusement le pétrole saoudien – Ryad est le premier exportateur mondial de brut – avec des attaques régulières des Houthis sur les raffineries du royaume et la flotte saoudienne en mer Rouge.bur-ds-saa/anb 

Wed, 07 Oct 2026 13:15:06 GMT