Au lendemain de la promesse du déploiement en urgence de 3.000 professeurs remplaçants, le mouvement lycéen est en “nette décélération”, s’est-on félicité vendredi au sein de l’exécutif, même si quelque 150 établissements sont restés fermés et qu’une nouvelle journée de mobilisation est prévue mardi. D’après le ministère de l’Éducation, “plus de 96% des lycées” étaient ouverts vendredi matin, avec 141 établissements fermés sur 3.700, contre 157 la veille à la mi-journée.
Les lycées fermés sont situés essentiellement dans la région parisienne, dans le nord et le grand ouest du pays, et près de Lyon, selon une source au sein de l’exécutif.”On a une nette décélération” et “on (la) sent depuis plusieurs jours” avec désormais une “dynamique très localisée” du fait “soit d’une politisation locale, soit d’un vrai problème local”, a indiqué cette source.
Les dégâts occasionnés en marge des manifestations ou des blocages ont coûté “a minima 30 millions d’euros”, selon cette source. Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray s’est rendu dans un lycée à Cachan, en région parisienne, pour détailler son annonce, faite jeudi sur TF1, du déploiement de 3.000 professeurs remplaçants dans les établissements où la situation est la plus critique. Ils “sont en train d’être contactés en direct, si je puis dire, par les académies”. “Des contractuels” sont aussi en cours de recrutement.
Ces professeurs remplaçants seront “essentiellement des TZR”, des professeurs titulaires sur zone de remplacement, selon le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste sur franceinfo, réfutant tout “bricolage”. – “Premier pas” -Des lycéens croisés vendredi matin par l’AFP près de leur établissement se disent eux toujours mobilisés.
Pour Alice, en terminale au lycée marseillais Saint-Charles, “les annonces du ministre c’est un premier pas, mais ça ne suffit pas”. “On est super motivés pour continuer” a affirmé sa camarade Justine. “On garde des forces pour la semaine prochaine. On va rebloquer mardi. Là, on fait une pause”, selon un élève de 1ère, rencontré devant le lycée Raymond-Naves à Toulouse. A Lunel (Hérault), un départ de feu près du lycée Louis Feuillade a provoqué l’évacuation de l’établissement, a indiqué le rectorat à l’AFP, confirmant une information de Midi Libre. Après d’autres grandes écoles, comme l’ENS Ulm ou l’ENS Saclay, l’École nationale des chartes était bloquée pour la première fois vendredi par des poubelles entassées par une dizaine d’étudiants et élèves fonctionnaires, a constaté l’AFP.
Après une nouvelle journée de mobilisation nationale qui a réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes, moins que mardi, l’intersyndicale étudiante et professionnelle a donné rendez-vous pour des manifestations et la grève mardi prochain. Vendredi matin sur franceinfo, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon a jugé la “première réponse” du gouvernement sur les professeurs remplaçants “largement en deçà de ce qui est attendu”. Les lycéens mobilisés revendiquent plus de moyens, se plaignent de la pression de Parcoursup, de professeurs non remplacés, de bâtiments délabrés ou encore d’emplois du temps trop chargés.- L’ONU “inquiète” – La responsable de la CFDT a jugé “inédites” les plus de “6.000 interpellations de jeunes” et la vingtaine d’enquêtes de la “police des polices” ouvertes. “Ça doit interroger le ministre de l’Intérieur et le Premier ministre” sur “la façon dont ces consignes sont passées, dont elles sont respectées”, a indiqué Mme Léon.
Plus de 6.800 personnes, dont 86% de mineurs, ont été mises en garde à vue depuis le début du mouvement et 21 écrouées, selon la Chancellerie. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a dit suivre avec “inquiétude” les “incidents” liés aux manifestations. Édouard Geffray, comme Sébastien Lecornu, a assuré que la parole des lycéens, recueillie sur une plateforme de concertation ouverte cette semaine, serait entendue, via notamment des amendements au projet de budget déposés par le gouvernement. Selon une première synthèse de plus de 60.000 contributions sur cette plateforme évoquée par Le Monde et Le Parisien, la question de l’organisation du temps scolaire, mentionnée dans 70% des contributions, arrive loin devant les revendications concernant Parcoursup ou les remplacements de professeurs. Jeudi, Louis Letoublon, de l’organisation Lycéens !, avait jugé “satisfaisantes” les annonces du gouvernement sur “la démocratie scolaire”. “Sur le reste, elles ne le sont absolument pas”.- “Quelques miettes” -“On nous annonce quelques miettes et sur Parcoursup on nous dit plus de transparence”, a déploré Marius Mesnil, le représentant de l’Union syndicale lycéenne qui souhaite la “suppression” de la plateforme.
Le représentant de Renouveau lycéen, Nathanaël Combary – adhérent du parti Renaissance – a lui salué “quelques avancées” dont la “suppression du lycée d’origine” (dans les candidatures sur Parcoursup) en cours “d’expertise par le ministère”, sur BFMTV vendredi matin. Les ministres recevront de nouveau les organisations lundi pour travailler sur la transparence de Parcoursup et les capacités d’accueil dans l’enseignement supérieur.
Le mouvement a reçu le soutien remarqué de la star française du basket Victor Wembanyama, qui s’est dit “content que les lycéens et les jeunes en général se fassent entendre”.burs-mdv-ref-ber-are/rap/cbn
Fri, 09 Oct 2026 18:20:47 GMT
