Trump renvoie son ambassadrice en Grèce, Kimberly Guilfoyle, éclaboussée par des scandales
Donald Trump a demandé la démission de l’ambassadrice des États-Unis en Grèce, Kimberly Guilfoyle, fragilisée par une série de révélations compromettantes, a déclaré mardi la nouvelle porte-parole de la Maison Blanche.”Nous avons demandé à l’ambassadrice Guilfoyle de démissionner”, a annoncé la porte-parole Katie Zacharia pour son premier point presse à la Maison Blanche depuis sa nomination.”Elle faisait du bon travail, mais ce qu’on lisait ne nous a pas plu”, a déclaré le président américain aux journalistes mardi après cette annonce, ajoutant qu’il ne lui avait pas parlé, mais qu'”elle ne sera plus là”.
Dans une déclaration publiée sur X, Mme Guilfoyle a rejeté les accusations portées contre elle et a défendu son bilan en tant qu’ambassadrice, soulignant ses efforts pour stimuler les exportations énergétiques américaines et renforcer les liens de sécurité avec la Grèce.”Ces accusations sont fausses, et j’ai l’intention de défendre vigoureusement mon honneur, ma réputation et mon intégrité”, a-t-elle écrit tout en reconnaissant que son mandat d’ambassadrice “pourrait toucher à sa fin”.
Cet épilogue survient quelques jours après la visite du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio à Athènes, en partie éclipsée par cette affaire. Il s’était alors refusé à commenter sur le fond les révélations de la presse américaine mais certains médias ont rapporté qu’il était “furieux”. Le Wall Street Journal a publié une série d’articles embarrassants pour cette ancienne animatrice de Fox News devenue une figure du mouvement trumpiste “Make America Great Again”.
Selon le quotidien, captures d’écran à l’appui, Kimberly Guilfoyle a échangé durant des mois avec Eric Deters, un juriste et ancien candidat au Congrès pour l’État du Kentucky, qui cherchait l’aide de l’administration Trump pour régler ses problèmes fiscaux. Ce riche donateur a versé des centaines de milliers de dollars à la famille Trump et au camp républicain depuis 2020.
Kimberly Guilfoyle lui aurait notamment demandé de régulariser le solde de sa carte de crédit, mais Eric Deters n’aurait pas donné suite, assurant que cela mettrait en péril son mariage, selon le Wall Street Journal. Le quotidien a aussi rapporté samedi dernier, cette fois sur la base d’enregistrements, des conversations dans lesquelles l’ambassadrice se vante de voyages et de séjours luxueux payés par de riches hommes d’affaires grecs.
La presse américaine s’est également fait l’écho ces derniers jours d’autres possibles conflits d’intérêts impliquant Kimberly Guilfoyle, ex-fiancée de Donald Trump Jr, fils aîné du président américain, et qui fut également l’épouse du gouverneur démocrate de Californie Gavin Newsom.- Les Grecs “profiteurs” -Il n’était pas immédiatement clair si elle avait effectivement remis sa démission au président.
Ancienne procureure en Californie, cette femme de 57 ans, née à San Francisco, avait été nommée par Donald Trump ambassadrice des États-Unis en Grèce en décembre 2024 mais n’était arrivée à Athènes que près d’un an plus tard. Elle fut longtemps employée par la chaîne de télévision Fox News et la presse grecque a ressorti des déclarations de 2015, au pic de la crise financière, où elle assurait que les Grecs étaient des “profiteurs” qu’il fallait punir “comme un chien qui fait pipi sur le tapis”.
A peine le pied posé à Athènes en novembre 2025, elle fait les délices de la presse people grecque. Une vedette de la chanson populaire grecque, Konstantinos Argyros, organise en effet une soirée spéciale dans une discothèque de la capitale où se retrouvent ministres et hommes d’affaires et où elle apparaît en robe scintillante et s’essaie aux danses traditionnelles grecques.
Les médias grecs n’ont cessé depuis de la suivre dans le moindre de ses déplacements : des conférences consacrées à l’énergie aux soirées mondaines ou à une escapade sur l’île de la jet-set de la mer Egée, Mykonos. Elle s’est employée à promouvoir les intérêts des États-Unis en Grèce dans les domaines des ports et surtout de l’énergie. La Grèce joue un rôle clé pour Washington car elle dispose de terminaux GNL en pleine expansion et peut devenir une porte d’entrée du gaz américain vers les Balkans.
Tue, 13 Oct 2026 16:19:55 GMT
