Kim Jong-un de retour en Corée du Nord après une visite surprise à la frontière chinoise
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a regagné son pays samedi après une visite d’une journée dans la ville frontalière chinoise de Dandong, où il a rencontré un haut responsable chinois et emprunté le pont récemment inauguré entre les deux pays. Le plus haut conseiller politique chinois, Wang Huning, a transmis au leader nord-coréen “les salutations cordiales et les meilleurs vœux du président chinois Xi Jinping à Kim”, a indiqué l’agence de presse officielle chinoise Xinhua.”Lorsque Kim Jong Un a quitté Dandong, Wang Huning l’a accompagné jusqu’au pont du Nouveau fleuve Yalu, entre la Chine et la Corée du Nord”, selon la même source.
Cette visite n’avait pas été annoncée par Pékin ni Pyongyang. Elle avait été révélée plus tôt samedi par des sources gouvernementales sud-coréennes relayées par l’agence de presse Yonhap. Le nouveau pont, inauguré la semaine dernière, est censé renforcer les liens économiques entre l’un des pays les plus reclus au monde et son puissant voisin. La Chine est le principal partenaire commercial de la Corée du Nord et une source vitale pour Pyongyang en termes diplomatiques, économiques et politiques.
Selon le parlementaire sud-coréen Youn Kun-young, il était “entendu” que le n°1 nord-coréen ait rencontré le Premier ministre chinois Li Qiang samedi. Xinhua n’en a pas fait mention. – Sommet Kim-Trump à l’Apec ? – Selon M. Wang, cité par Xinhua, cette visite visait à “consolider (…) l’amitié, approfondir la confiance politique mutuelle et poursuivre conjointement la coopération et le développement”.
Elle a eu lieu à une date proche de l’intervention des troupes chinoises dans la guerre de Corée, la nuit du 19 au 20 octobre 1950, commémorée à Pékin comme à Pyongyang. Dans la journée, Kim Jong-un a aussi assisté à une cérémonie en l’honneur des soldats et visité une usine automobile, selon Xinhua. Ce voyage pourrait envoyer un “signal positif” sur un possible sommet États-Unis–Corée du Nord, a encore estimé le député sud-coréen Youn Kun-young, dans un communiqué transmis à l’AFP.
L’hypothèse existe d’une rencontre entre Kim Jong-un et le président américain Donald Trump lors du sommet de l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique), en novembre dans la ville chinoise de Shenzhen. Samedi soir à Dandong, le pont était vide et le quartier calme. Un habitant, Zhao, a estimé que c’était “plutôt bien” que M. Kim ait effectué cette visite.”Lorsque les deux pays coopèrent, cela profite économiquement aux villes frontalières en Chine, a expliqué à l’AFP ce chauffeur de 50 ans.
Nous fondons de grands espoirs là-dessus. Que notre amitié dure pour toujours.” – “Révolution militaire” – Le pont à quatre voies, d’une longueur de 3.026 mètres, a été achevé en 2014. Mais son ouverture a été retardée par différents problèmes, notamment l’absence de routes de raccordement et d’installations douanières côté nord-coréen, selon les médias sud-coréens.
Son inauguration est intervenue un peu plus d’un mois après que la Corée du Nord et la Russie ont ouvert leur premier pont routier sur le fleuve Toumen. Pour Yang Moo-jin, ancien président de l’Université des études nord-coréennes du Sud, M. Kim a peut-être cherché “le soutien actif et la coopération de Pékin en vue d’un possible sommet avec Trump à Shenzhen”.
La tension est remontée entre les deux Corée après un nouvel incident transfrontalier. Les deux pays restent techniquement en guerre, leur conflit de 1950-1953 s’étant achevé par un armistice et non par un traité de paix. Selon les médias d’État nord-coréens, M. Kim a exhorté son armée, lors d’une réunion à Pyongyang, à s’entraîner pour devenir la plus puissante du monde et a lancé un appel à une “révolution militaire à la coréenne”.
En dépit des sanctions imposées par l’ONU, la Corée du Nord a inscrit dans la loi son statut d’État doté de l’arme nucléaire, déclarant à maintes reprises que son arsenal atomique est permanent et irréversible. Le président sud-coréen, Lee Jae Myung, connu pour sa ligne conciliante, a suggéré en septembre que Washington vise un gel, plutôt que l’élimination immédiate, du programme nucléaire nord-coréen en échange d’un allègement des sanctions.
Les critiques estiment qu’une telle approche risque d’entériner tacitement la Corée du Nord comme État doté de l’arme nucléaire, tout en permettant à Pyongyang d’obtenir un allègement des sanctions sans renoncer à son arsenal. Selon des analystes, la Chine semble également s’être orientée vers une forme d’acceptation implicite. Kim Jong-un a reçu Xi Jinping à Pyongyang en juin, peu après que ce dernier a enchaîné des sommets à Pékin avec Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine.
Sat, 24 Oct 2026 17:50:58 GMT
