Attaque dans les Yvelines : le suspect et quatre de ses proches entendus par les enquêteurs, son profil en question

Appartement piégé, livre “Mein Kampf” retrouvé à son domicile, pistolet-mitrailleur… Les enquêteurs tentent de cerner le profil de l’assaillant ayant tué une personne et fait cinq blessés vendredi dans les Yvelines, lors d’une attaque qualifiée de “terroriste raciste” par Emmanuel Macron. La garde à vue de Kévin T., âgé de 39 ans, a été prolongée samedi “matin après une première audition”, a indiqué le parquet national antiterroriste (Pnat) en expliquant que “son état de santé a été jugé compatible” avec cette mesure.

Selon le Pnat, quatre membres de son entourage familial et amical ont également été placés en garde à vue. Parmi eux figurent la mère et le père du tireur, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier. Au cours de son périple sanglant commencé vendredi vers 10H00 à Trappes et qui s’est poursuivi dans la commune voisine de La Verrière, Kévin T. a tiré en rafales dans la rue depuis sa voiture, tuant un Français de 26 ans d’origine africaine et en blessant cinq autres. Le maire de La Verrière, Nicolas Dainville, a précisé qu’une enfant de 12 ans figure parmi les victimes, grièvement touchée par huit impacts de balle. “Elle est toujours en urgence absolue”, a indiqué le Pnat à l’AFP samedi à la mi-journée. – Appartement piégé – Selon une source policière, le suspect était “très calme” lors de son arrestation à Coignières (Yvelines) vers 10H20 vendredi.

Les gardes à vue en matière antiterroriste peuvent durer 96 heures.”Une analyse de sang” destinée à vérifier “son imprégnation toxicologique est toujours en cours”, a précisé le Pnat, en expliquant que le casier judiciaire de Kévin T. fait mention de “quatre anciennes condamnations”. La perquisition a révélé qu’il avait piégé son appartement – situé à Plaisir (Yvelines) selon une source policière – avec des bouteilles de gaz et des fils électriques connectés à un minuteur. Un exemplaire du livre d’Adolf Hitler, “Mein Kampf”, a été découvert sur place, tout comme une Bible et un Coran, a indiqué à l’AFP la source proche du dossier.

Et dans son véhicule, une Renault Clio, ont été retrouvés “un pistolet-mitrailleur de type Sten et une bombe lacrymogène”, selon le Pnat. La famille de l’homme tué, Pengo Bossio Wangi, espoir français du MMA âgé de 26 ans, se demande si les autorités avaient ou non mis en place “un suivi” du tireur, a priori “détenteur d’armes de guerre” et “déjà connu des services de police et de la justice”, a indiqué son avocat Yassine Bouzrou.

Elle “se réserve le droit de rechercher toute responsabilité administrative susceptible d’être engagée à raison d’une défaillance établie”, a-t-il ajouté dans un communiqué transmis à l’AFP. Cette attaque a provoqué une onde de choc. A Trappes, le président Macron a parlé vendredi soir d’un “tournant”, évoquant “un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne”.

Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a dénoncé un “attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe”, précisant que “la personne décédée est d’origine africaine” et qu’un des blessés est “d’origine maghrébine”. Le maire de La Verrière a lui fait état de deux hommes de ménage, “de type africain”, blessés. – Habitants choqués – Le Pnat a ouvert vendredi une enquête pour “assassinat” et “tentatives d’assassinats”, “en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée”.

A Trappes et La Verrière, des habitants se disent choqués et effrayés à l’idée d’être ciblés à l’avenir pour leur origine ou couleur de peau.”Ça aurait pu être n’importe qui, il tirait sur des têtes de Noirs, d’Arabes, il sait qu’ici à Trappes il y a une majorité de musulmans”, souffle une jeune commerçante d’origine maghrébine, interrogée par l’AFP.

Le maire de Trappes (Génération.s) a appelé à un “un réveil des consciences” et à “combattre idéologiquement”, “politiquement”, “judiciairement et médiatiquement” ceux qui tiennent des propos racistes : “Ils portent une part de responsabilité liée au fait qu’ils ont armé idéologiquement ce terroriste”, a-t-il affirmé lors d’une manifestation à Orléans contre le congrès du Rassemblement national (RN).

Vendredi, Marine Le Pen, candidate du RN à la présidentielle, a estimé que “la justice se devra d’être implacable” face à cette attaque, évoquant “le mobile abject du racisme”.cco-cgo-mk-vl-bur/nal/alv

Sat, 24 Oct 2026 18:51:34 GMT