Trump tente une dernière fois de mobiliser à la veille d’élections cruciales
Donald Trump a tenté lundi une dernière fois de mobiliser ses troupes à la veille des élections de mi-mandat, les plus importantes “de notre vie” selon lui, qui pourraient voir une vague démocrate déferler sur le Congrès. Dans une allocution étrange et décousue, prononcée devant un immense bassin de Washington dont il a supervisé la rénovation extrêmement laborieuse, le président américain a qualifié les candidats de l’opposition d'”extrémistes” et “dangereux”.”J’ai tenu plus de promesses que je n’en ai fait”, a encore dit le milliardaire de 80 ans, auquel les Américains, selon les sondages, reprochent au contraire de ne pas avoir fait baisser le coût de la vie et d’avoir lancé une guerre en Iran, contredisant des engagements de sa campagne présidentielle.
Outre ce scrutin décisif pour la fin de son mandat, Donald Trump a longuement parlé de divers chantiers à Washington, et notamment donc de celui du bassin jouxtant le mémorial Lincoln, donnant de nombreux détails sur les matériaux de construction. Ce projet est considéré par ses opposants comme emblématique d’une présidence erratique et déconnectée des réalités. Le discours, qui devait être le point final d’une campagne tendue, n’insufflera vraisemblablement pas de ferveur dans les rangs de la droite avant les élections, lors desquelles les républicains tenteront de garder le contrôle du Congrès. – “Si nous perdons le Texas…” – Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a qualifié de “pathétique” le message de fin de campagne de Donald Trump, au moment selon lui “où (…) sa corruption s’amplifie, et que l’inflation qu’il a provoquée persiste”.
Historiquement, le parti qui occupe la Maison Blanche perd du terrain au Congrès lors des “midterms”, souvent vues comme un référendum sur le président. Les démocrates sont favoris pour reprendre la majorité à la Chambre des représentants, dont tous les sièges sont renouvelés. La bataille pour le Sénat, où 35 des 100 sièges sont en jeu, demeure incertaine. Un sondage dimanche du Siena College pour le New York Times donne toutefois les candidats démocrates favoris dans la plupart des États les plus disputés, notamment le Texas et le Maine.”Je n’exagère pas quand je dis que si nous perdons le Texas, nous perdons l’Amérique”, s’est alarmé dimanche le candidat républicain au Sénat, Ken Paxton, lors d’un rassemblement à San Antonio.
Le contrôle de la Chambre donnerait aux démocrates plus de poids sur le budget fédéral, mais aussi la possibilité de lancer des enquêtes parlementaires, notamment sur des accusations de corruption envers Donald Trump et ses proches. Un Sénat à majorité démocrate pourrait bloquer les nominations par le président, en particulier en cas de vacance à la Cour suprême. Les démocrates restent tout de même prudents, les sondages ayant par le passé sous-estimé la mobilisation de la base trumpiste. – Terre brûlée – Il n’en demeure pas moins qu’une majorité d’Américains sont désenchantés.
Un sondage de NBC News dimanche montre que 60% d’entre eux désapprouvent l’action du président. Face à ce bilan contesté, les républicains ont semblé abandonner récemment toute mention de Donald Trump dans leurs publicités électorales, selon une analyse réalisée par l’AFP de 212.000 de ces spots diffusés sur les plateformes de Meta (Facebook, Instagram…). En janvier, un tiers des dépenses de publicités en faveur des républicains allaient pour des spots mentionnant le président.
Début octobre, ce chiffre s’est effondré à seulement un peu plus de 2%. La campagne de la droite a également été marquée par une politique de la terre brûlée, présentant souvent les démocrates comme de dangereux “communistes” et développant une rhétorique identitaire prenant pour cible les immigrés et les musulmans. Le président américain a encore usé lundi du terme de “jihadiste” pour faire référence au démocrate Abdul El-Sayed, qui deviendra le premier sénateur musulman en cas de victoire dans le Michigan.
Signe des enjeux, un nombre record de 57,5 millions de personnes, dont une majorité d’électeurs enregistrés comme démocrates, a déjà voté de manière anticipée. Ces élections ont vu environ 11 milliards de dollars dépensés en campagnes publicitaires, dont une large part provenant de mégadonateurs privés, comme Elon Musk qui a versé près d’un demi-milliard de dollars.
Mon, 02 Nov 2026 22:35:50 GMT
