Des médias américains font état de frappes “limitées” sur l’Iran, le Qatar continue d’espérer un accord

Les États-Unis ont mené des frappes limitées sur une île iranienne du stratégique détroit d’Ormuz, ont rapporté mardi des médias américains, malgré des tractations diplomatiques, toujours en cours selon le médiateur qatari, qui a dit continuer à espérer un accord pour régler le conflit au Moyen-Orient. Selon le Wall Street Journal, qui les a révélées, ces frappes ont visé lundi, à la veille des élections de mi-mandat aux États-Unis, l’île de Qeshm.

L’agence de presse officielle iranienne Irna avait plus tôt fait état de cinq explosions entendues sur l’île, et rapporté que des habitants avaient vu deux avions dans le ciel. Des responsables américains anonymes cités par le WSJ et plusieurs autres médias ont précisé qu’elles étaient les dernières en date d’une série de frappes “limitées” et “défensives” menées ces dernières semaines. Selon ces sources, elles n’ont pas été annoncées publiquement afin d’éviter de donner l’impression que Washington avait l’intention de reprendre des opérations de combat de grande envergure.

Sollicité par l’AFP, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n’a pas donné suite dans l’immédiat. L’armée israélienne a dit mardi à l’AFP ne pas être impliquée dans ces frappes. Et si ces derniers jours des médias évoquaient une possible campagne militaire courte et intense après les élections de mi-mandat, le ton s’est fait bien plus diplomatique au long du week-end, des deux côtés. Le Qatar, médiateur dans le conflit, a assuré mardi que “les deux parties restaient engagées dans le processus de négociation””Nous gardons l’espoir qu’il y ait encore une chance de parvenir à un accord”, a affirmé le porte-parole des Affaires étrangères qataries, Majed Al Ansari, précisant que Doha travaillait “à la conclusion d’un accord intérimaire”.

Toute escalade risque de compliquer les négociations, a-t-il toutefois mis en garde.”La balle est désormais dans le camp des États-Unis pour éviter la guerre”, a déclaré pour sa part le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, lors d’un discours devant le parlement, qu’il préside. Lundi, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, avait qualifié ces discussions de “très intenses” pour mettre fin au conflit déclenché fin février par des frappes israélo-américaines sur Téhéran. – Réouverture d’Ormuz? –  La première phase du conflit, la plus intense, a fait des milliers de morts civils en près de 40 jours de bombardements, avant un cessez-le-feu en avril suivi d’un protocole d’accord en juin. Cette fragile entente avait volé en éclats cet été, avec la reprise des échanges de frappes, l’Iran ciblant de nouveau les alliés de Washington dans la région. Une accalmie est observée depuis début septembre. Lundi, Téhéran a proposé de rouvrir le détroit d’Ormuz, en deux jours au lieu de sept dans un plan précédent, proposé en septembre mais refusé par Donald Trump. Depuis le début de la guerre, l’Iran verrouille ce détroit stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures et frappe régulièrement des navires qui tentent de le franchir sans son autorisation. En représailles, les États-Unis imposent un blocus aux ports iraniens. L’Iran conditionne la réouverture du détroit à un cessez-le-feu sur l’ensemble des fronts dans la région, au dégel de ses avoirs détenus à l’étranger, à la levée des sanctions frappant son secteur pétrolier ainsi qu’à la fin du blocus naval américain. Dimanche, M.

Araghchi a ajouté à ces demandes, l’acceptation par Washington du “nouvel itinéraire convenu entre l’Iran et Oman pour le transit par le détroit d’Ormuz”. – “Pas de guerre” – Alors que son camp souffre du mécontentement des Américains face à la hausse du coût de la vie et la guerre, Donald Trump avait assuré lundi soir sur sa plateforme Truth Social qu’un accord avec l’Iran “pourrait arriver”. “Les prix du pétrole tombent comme des pierres (…) parce que les gens sentent qu’il n’y aura pas de guerre avec l’Iran”, avait-il mis en avant.

Les cours du pétrole ont toutefois légèrement rebondi mardi matin après avoir chuté la veille de plus de 7 % lundi. A environ 105,06 dollars, le baril de Brent, reste bien au delà des 70 dollars d’avant le début de la guerre. Dans ce contexte, l’Iran a dévoilé mardi à Téhéran un immense panneau menaçant le président américain Donald Trump de mort. On y voit le président américain derrière les barreaux, la tête baissée.

Tue, 03 Nov 2026 11:53:23 GMT