Le président israélien commence mercredi ses consultations avec les partis politiques avant de désigner la personne chargée de former un gouvernement, Benjamin Netanyahu comme son rival Gadi Eisenkot n’ayant ni l’un ni l’autre obtenu la majorité nécessaire. Le président Herzog, qui doit recevoir à la mi-journée les résultats officiels des élections législatives du 27 octobre, recevra ensuite à partir de 17H00 (15H00 GMT) les partis représentés au Parlement – par ordre d’importance, du plus petit au plus grand.
Lui qui a habituellement un rôle largement honorifique se retrouve dans ce contexte au coeur du jeu politique. Car avec 53 sièges – sur 120 – pour le camp de Benjamin Netanyahu, qui détient le record de longévité à la tête de l’exécutif israélien, et 48 pour celui “du changement”, chaque bloc n’a d’autre choix que d’étendre sa base et de négocier.
Le président, qui veut à tout prix éviter de nouvelles élections, a prévu d’achever ses consultations jeudi soir, mais n’exclut pas de les prolonger. – “Gouvernement d’urgence nationale” – Il a jusqu’au 11 novembre pour faire son choix. Et peut-être convaincre les candidats d’opter pour un gouvernement d’union nationale réunissant les deux blocs, option qui a sa préférence et celle d’une majorité des Israéliens, selon les enquêtes d’opinion.
Mardi matin, les cinq dirigeants du “bloc du changement” mené par le centriste Gadi Eisenkot se sont retrouvés pour coordonner leur stratégie. Ils ont redit leur “engagement total à respecter la décision des électeurs israéliens, qui ont voté clairement et résolument pour le changement”, affichant leur volonté d’un “gouvernement d’urgence nationale” pour remplacer celui de Benjamin Netanyahu. Mais le camp de l’opposition, qui réunit un large éventail de partis allant de la gauche à la droite nationaliste, est divisé sur plusieurs sujets, en particulier sur une éventuelle alliance avec les partis arabes israéliens. Avec leur nombre inédit de 19 sièges obtenus et le soutien que ces partis arabes se disent prêts à apporter à M.
Eisenkot, l’opposition pourrait obtenir une majorité absolue des 61 sièges au Parlement. Mais dans une société traumatisée par l’attaque du 7-Octobre, tendre la main aux Palestiniens d’Israël, comme sont aussi désignés les Arabes israéliens représentant environ 20 % de la population, risque fort de braquer une partie de l’électorat juif. Benjamin Netanyahu le sait bien et a dénigré jusqu’au bout les formations arabes, des “soutiens aux terroristes”, menaçant d'”islamiser Israël” et de réduire l’Etat juif à néant, à en croire les messages dont il inonde les réseaux sociaux.
Le camp de l’opposition a d’ailleurs évoqué l’idée d’un “gouvernement sioniste”, ce qui semble écarter les formations arabes israéliennes d’une participation directe. Mais n’exclut pas non plus l’hypothèse récurrente d’une coalition gouvernementale minoritaire de partis juifs, soutenue par les élus arabes à la Knesset. – “Accepter la réalité politique” – Dans un entretien à l’AFP lundi, Youssef Jabareen, chef de file de la Liste unifiée, formation majoritairement arabe qui a récolté 11 sièges, s’est dit prêt à appuyer un gouvernement anti-Netanyahu sans y entrer, appelant l’opposition à “accepter la réalité politique” issue des urnes.
La déclaration du bloc de l’opposition semble aussi laisser une marge de manœuvre pour un éventuel partenariat avec des formations juives ultra-orthodoxes, actuellement alliées à M. Netanyahu, à condition qu’elles acceptent le principe d’un service militaire ou au moins un service civil pour tous. Ces partis sont opposés à la conscription pour leurs électeurs, un sujet sensible alors que l’armée est déployée sur plusieurs fronts.
Lundi soir, Benjamin Netanyahu s’est lui fendu d’un long message sur ses réseaux sociaux pour se dire “ouvert au dialogue” et appeler à la formation, mais uniquement sous sa direction, d’une large coalition gouvernementale. Il a sans surprise exclu qu’y participent les partis arabes, qu’il continue d’accuser de fraude, même si l’enquête réclamée par son camp n’a pour l’heure rien donné, et que la commission électorale a assuré que les résultats ne seraient pas remis en question.
Gadi Eisenkot a accusé mardi soir Benjamin Netanyahu et le Likoud de “pogrom contre la démocratie”, après que la procureure générale Gali Baharav-Miara eut émis des doutes sur l’impartialité de l’enquête lancée par les services de renseignement sur des soupçons de fraude électorale concernant les partis arabes.
Wed, 04 Nov 2026 04:17:22 GMT
