Pyongyang dit n’avoir “aucune raison” de dialoguer avec des Etats-Unis “hostiles”
L’influente soeur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, Kim Yo Jong, a affirmé mercredi que Pyongyang n’avait “aucune raison” de revenir au dialogue avec des Etats-Unis “hostiles”, éloignant la possibilité d’un sommet entre son frère et Donald Trump. La Corée du Nord a par ailleurs tiré ce même jour plusieurs missiles dans la mer du Japon, depuis la région de Sondok (est), selon l’état-major interarmées sud-coréen (JCS).”Dans la réalité actuelle, où de nouveaux records sont établis dans la mise en œuvre de la politique hostile des États-Unis à l’égard de la RPDC (la Corée du Nord, ndlr), il est naturel que de nouveaux records soient également établis dans notre contre-offensive de riposte”, a déclaré Mme Kim, citée par l’agence officielle KCNA.”Il est clair, pour nous, que nous n’avons aucune raison de nous asseoir face à des personnes aussi peu fiables et hostiles, qui refusent d’abandonner leur politique de confrontation tout en parlant de dialogue”, a-t-elle affirmé.”Le choix de la paix passe bien sûr pas le dialogue mais, pour nous, ce n’est certainement pas synonyme d’intérêt national”, a ajouté Kim Yo Jong.
Les spéculations autour d’une reprise des discussions allaient pourtant bon train après un nouvel appel du pied de Donald Trump, qui a rencontré trois fois Kim Jong Un durant son premier mandat. Le président américain, qui se vante d’avoir une bonne relation avec le dirigeant nord-coréen, a évoqué la possibilité d’un sommet en novembre pendant sa tournée en Asie. Mais comme l’an dernier à la même époque, il n’a pas reçu de signe positif de la part de Pyongyang. – Affaire Binance – Mardi, Kim Yo Jong avait déjà fustigé les affirmations de la police fédérale américaine (FBI) selon lesquelles la Corée du Nord serait derrière le piratage record de 6,3 milliards de dollars sur la plateforme de cryptomonnaies Binance, assurant “s’opposer résolument” aux cyberattaques.
Le FBI a accusé samedi un groupe de “hackers” affilié à la Corée du Nord, appelé TraderTraitor, d’être à l’origine de ce piratage. La police fédérale américaine avait déjà tenu cette cellule pour responsable du pillage de la plateforme de cryptos Bybit en 2025, pour un butin — record à l’époque — de 1,5 milliard de dollars, et incriminé d’autres entités liées à Pyongyang de tels vols ces dernières années.
Kim Yo Jong a rejeté cette version, la qualifiant de “grave provocation politique”. Dimanche, Donald Trump n’avait pas repris les accusations du FBI dans l’affaire Binance. “Nous ne savons pas si c’est la Corée du Nord mais si c’est le cas, alors nous en parlerons à la Corée du Nord”, avait-il expliqué devant des journalistes, se disant “pas inquiet”.
Pour Lim Eum-chul, professeur à l’Institut des études sur l’Extrême-Orient à l’université sud-coréenne Kyungnam, cette dernière réaction de Pyongyang traduit un passage “de la défense à l’attaque” en termes diplomatiques. Et ce alors que les Etats-Unis votent pour les élections de mi-mandat, un scrutin clé pour Donald Trump qui pourrait se voir bloqué en cas de raz-de-marée démocrate.
En parallèle, Pyongyang renforce ses capacités militaires en multipliant les essais d’armes ces dernières semaines, notamment de missiles, de drones et de torpilles. Le pays reclus, doté de l’arme nucléaire, construit également un navire de guerre aux capacités de combat jamais vues selon Kim Jong Un, qui a fait de la puissance maritime l’un des objectifs de Pyongyang.
Wed, 04 Nov 2026 04:37:41 GMT
