Grèce: jeunes et enseignants à nouveau dans la rue
Des milliers de lycéens, étudiants et enseignants sont à nouveau descendus dans la rue jeudi en Grèce pour réclamer davantage de moyens dans l’éducation à l’heure où la jeunesse se mobilise à travers l’Europe. Sous une banderole “De la Grèce à la France, nous nous battons pour une éducation publique et gratuite”, environ 4.000 personnes ont défilé à Athènes et à Thessalonique, deuxième ville du pays et grande cité universitaire, selon la police et des journalistes de l’AFP.”Les problèmes sont les mêmes” en Grèce et en France, a jugé auprès de l’AFP Filanthi Gioni, étudiante en ingénierie et représentante élue des étudiants. “L’argent est consacré à l’armement de l’OTAN et aux guerres”.
Les manifestants se sont rassemblés devant l’Université d’Athènes avant de rejoindre, dans le calme, l’esplanade de Syntagma, en face du Parlement.”Nous demandons une augmentation des financements (de l’université), une modernisation des infrastructures et un soutien financier aux étudiants qui ne parviennent pas à faire face à l’augmentation du coût de la vie, avec des loyers exorbitants”, a assuré de son côté Nikos Alexiadis, 22 ans, étudiant en mathématiques de l’Université Aristote de Thessalonique.
La fédération des enseignants du secondaire (OLME) a prévu un arrêt de travail de quatre heures afin de permettre aux enseignants de prendre part aux manifestations.”Nous sommes aux côtés de nos élèves et des étudiants qui revendiquent le droit à une éducation publique et gratuite, à des études et à une vie à la hauteur de leurs aspirations”, affirme le communiqué de la fédération. Élèves et enseignants protestent contre le manque d’infrastructures, la pénurie de personnel et des bâtiments scolaires en piteux état.
Ce mouvement en Grèce, qui dénonce aussi la vie chère dans un pays où les salaires restent bas, intervient alors qu’en France, salariés et fonctionnaires sont appelés ce même jour par les syndicats à faire grève pour leurs salaires, avec les jeunes et les retraités. – “Abandon de l’État” – Ces dernières semaines, les manifestations lycéennes en France se sont étendues à d’autres pays européens.
En Grèce, une première mobilisation le 21 octobre a rassemblé plus de 10.000 personnes à Athènes et Thessalonique, deuxième ville du pays et grande cité universitaire, notamment. Selon Eurostat, la Grèce a consacré en 2023 3,3% de son PIB à l’éducation, soit l’une des parts les plus faibles de l’UE et bien en deçà de la moyenne européenne, qui s’établit à 4,7%. La grogne sociale en France, ainsi que les dégradations et pillages le 17 octobre, ont suscité un vif intérêt dans un pays qui a traversé une décennie de crise financière marquée par des manifestations violentes.”Nous avons traversé ce que la France connaît aujourd’hui il y a environ seize ans”, affirmait ainsi l’un des principaux quotidiens du pays, Kathimerini, dans un éditorial le 21 octobre.
Et d’expliquer: “Lorsqu’un citoyen a le sentiment de ne pas pouvoir exprimer son mécontentement dans les urnes, il peut aussi choisir de descendre dans la rue, en particulier lorsqu’il est scandalisé (…) par le sentiment d’abandon de l’État”. Face à la crise du pouvoir d’achat en Europe, des syndicats et associations de droit au logement de sept pays européens, dont la Grèce, ont également appelé à des “manifestations coordonnées” contre la vie chère fin novembre, une mobilisation commune rare.
Thu, 05 Nov 2026 12:02:26 GMT
