Après les élections de mi-mandat, un Congrès américain plus féminin et plus jeune

La victoire écrasante des démocrates aux élections américaines de mi-mandat mardi va bouleverser la composition du Congrès, avec davantage de femmes élues, de diversité, mais aussi une cure de jouvence.”Quand je suis arrivée au Congrès en 1987, il n’y avait que 12 femmes démocrates”, a souligné Nancy Pelosi, première femme à devenir présidente de la Chambre des représentants entre 2007 et 2011, puis 2019 et 2023.”Aujourd’hui, nous célébrons l’élection de plus de 100 femmes démocrates à la Chambre, une immense source de joie et de fierté”, s’est félicitée l’ex-cheffe démocrate qui, à 86 ans, ne s’est pas présentée à sa réélection cette année.

Selon le Centre sur les femmes américaines et la politique de l’université Rutgers, au moins 125 femmes ont été élues députées mardi, un chiffre qui augmente à mesure que les résultats s’affinent à travers le pays. Le décompte est encore en cours notamment pour 24 sièges auxquels au moins une femme est candidate. Le record de 127 députées, établi en 2024, a donc de grandes chances d’être battu.”Il n’y avait même pas de toilettes pour femmes près de l’hémicycle de la Chambre jusqu’en 2011″, a noté pour l’anecdote Melanie Stansbury, députée du Nouveau-Mexique, qui s’est réjouie du nombre de congénères démocrates élues lors de ces “midterms”.- De nombreuses premières -La nouvelle vague au Congrès est marquée également par un afflux de diversité.

Actuel chef des députés démocrates, Hakeem Jeffries est fortement pressenti pour devenir le premier président noir de la Chambre des représentants. Au moment de prêter serment en janvier, le démocrate Abdul El-Sayed deviendra le premier sénateur musulman après sa victoire dans le Michigan. Dans l’État voisin du Minnesota, Peggy Flanagan a également été élue sénatrice et deviendra la première femme amérindienne à accéder à cette fonction.

Une distinction qu’elle pourrait devoir partager avec Mary Peltola, au coude-à-coude actuellement dans le décompte en Alaska avec le sénateur républicain sortant, Dan Sullivan. Chris Pappas, élu dans le New Hampshire, sera le premier homme ouvertement homosexuel à devenir sénateur. Le prochain Congrès “sera officiellement LE PLUS GAY de l’histoire” des États-Unis, a d’ailleurs salué l’Equality Caucus, le groupe des députés LGBT+.

La diversité vient aussi du CV de certains élus avant qu’ils n’entrent en politique : un bûcheron dans le Maine, une serveuse dans le Wisconsin, ou encore un ex-livreur de pizzas et conducteur de déneigeuse en Pennsylvanie…Le démocrate Sam Forstag, élu député du Montana (nord-ouest), est lui un ancien “smokejumper”, ces pompiers parachutés dans des zones isolées pour lutter contre les feux de forêt.- Génération Z -Le changement sera aussi générationnel.

En attendant les résultats dans le Mississippi et en Alaska, la moyenne d’âge des 17 sénateurs qui quitteront leur poste en janvier est proche de 70 ans. Leurs remplaçants? En moyenne, seulement 55 ans. Le contraste est le plus fort au Texas, où le successeur du sénateur républicain John Cornyn, 74 ans, sera le démocrate James Talarico, 37 ans. Élue députée du Colorado, Melat Kiros deviendra, à 29 ans, la première femme issue de la “génération Z” (ceux nés à partir de la fin des années 1990) à accéder au Congrès. Née en Ethiopie et ayant migré très jeune avec ses parents aux États-Unis, cette avocate a réussi à battre aux primaires démocrates la députée sortante Diana DeGette, arrivée au Congrès en 1997, soit… l’année de naissance de Melat Kiros.

Membre des Démocrates socialistes d’Amérique, une formation anticapitaliste à gauche du Parti démocrate, Melat Kiros incarne aussi la lutte à venir au sein des troupes démocrates au Congrès. La nouvelle députée du Colorado a ainsi refusé de s’engager à soutenir Hakeem Jeffries, considéré comme beaucoup plus modéré, dans l’élection du prochain président de la Chambre des représentants.

Thu, 05 Nov 2026 21:17:22 GMT