Trump s’emporte contre des élections “truquées”, pendant que les démocrates engrangent les sièges

Donald Trump s’est plaint jeudi que les élections aux États-Unis étaient “truquées”, après la victoire éclatante des démocrates qui compteront au moins 250 députés à partir de janvier, selon les projections de plusieurs médias américains. Le président républicain, qui avait très vite promis mardi soir d’accepter les résultats, est revenu jeudi à ses sempiternelles accusations – sans fondement – de fraude électorale de la part des démocrates.”Nos élections sont tellement truquées, vous n’avez pas idée”, a-t-il déclaré à la presse dans le Bureau ovale de la Maison Blanche.

Deux jours après les élections de mi-mandat, les démocrates sont assurés de compter au moins 250 élus à la Chambre des représentants, selon les projections jeudi de CNN et Fox News. Un nombre qui pourrait encore augmenter puisque le décompte des voix continue dans une vingtaine de circonscriptions à travers les États-Unis. Ils sont en tout cas déjà assurés de compter au moins 65 députés de plus que les républicains.

Après une déferlante en leur faveur, les démocrates ont également déjà fait basculer sept sièges au Sénat et compteront une majorité d’au moins 54 sénateurs sur 100, tandis que les résultats se font encore attendre pour l’Alaska et le Mississippi. – “Pas d’autre solution juste” – En ce qui concerne l’Alaska, Donald Trump s’était plaint plus tôt jeudi du dénouement encore incertain de la course au Sénat dans cet État arctique, traditionnellement conservateur.”Les voix pour le faux Dan Sullivan (…) devraient être immédiatement créditées au VRAI Dan Sullivan, et l’élection est jouée – il gagne aisément.

Il n’y a pas d’autre solution juste !”, a écrit jeudi matin le président américain sur sa plateforme Truth Social. Un homonyme du sénateur républicain s’était en effet porté candidat. Une manoeuvre pour diluer les voix du sortant, selon des révélations du New York Times, même si les démocrates ont démenti en être à l’origine. Avec près de 75% des bulletins dépouillés, la candidate démocrate Mary Peltola n’a qu’une infime avance d’environ 600 voix sur son rival.

L’autre Dan Sullivan pointe à 1,7% des suffrages, avec 3.600 voix. Dans le Mississippi, autre État a priori imperdable pour la droite, le candidat démocrate Scott Colom compte lui précisément 1.138 voix d’avance sur la sortante républicaine Cindy Hyde-Smith après le décompte de 96% des bulletins. L’ampleur de la victoire démocrate est d’ores et déjà historique, que ce soit à Washington ou dans les parlements locaux.

Les 350 millions d’Américains devront attendre le 3 janvier pour découvrir leur nouveau Congrès, dont le Sénat sera en mesure de bloquer les nominations fédérales de Donald Trump. – “Escrocs” – Quant à la Chambre des représentants, il est probable qu’elle élise à sa tête, comme nouveau “speaker”, ou président, Hakeem Jeffries, qui deviendrait le premier élu noir à ce poste.

Dans une lettre adressée mercredi à ses pairs élus, il a clairement détaillé la feuille de route démocrate : “Faire tout (leur) possible pour réduire de manière significative le coût de la vie”. L’inflation, aggravée par la guerre en Iran, est l’élément déterminant expliquant la bérézina électorale républicaine. La deuxième priorité affichée par ces démocrates au ton conquérant est de contrebalancer le pouvoir qu’ils estiment “hors de contrôle” de l’exécutif.”Nous allons faire rendre des comptes aux escrocs”, promet Hakeem Jeffries, en dénonçant “la corruption massive subie par le pays de la part du cartel Trump”.

De nombreuses enquêtes parlementaires sont attendues. Le président républicain, qui refuse d’endosser la responsabilité de la défaite, est apparu comme déconnecté mercredi, préférant s’attarder sur sa future salle de bal à la Maison Blanche, un chantier qui lui est cher. Plusieurs ténors du Parti républicain n’ont pas tardé à abandonner leur retenue habituelle, à l’image du gouverneur de Floride, Ron DeSantis, pour qui la défaite s’apparente “à une extinction pour les républicains dans de nombreuses régions du pays, inédite depuis un siècle”.

Le vice-président, JD Vance, s’est lui distancié comme jamais de Donald Trump, en jugeant publiquement que la guerre en Iran était “la raison” de la débâcle.bur-seb-es-rle/ube/cyb

Thu, 05 Nov 2026 22:30:02 GMT