A Madrid, un sommet ibéro-américain avec Milei en tête d’affiche et Zelensky en invité surprise

Le 30e Sommet ibéro-américain s’ouvre mercredi à Madrid avec en tête d’affiche le président argentin Javier Milei et en invité surprise le président ukrainien Volodymyr Zelensky, venu pour s’entretenir avec le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et d’autres dirigeants en marge de la rencontre. Pedro Sánchez, en pleine campagne électorale à moins d’un mois des législatives anticipées convoquées le 29 novembre, recevra jeudi Volodymyr Zelensky, qui ne participe pas officiellement au Sommet, a-t-on précisé au sein des services du chef de gouvernement espagnol.

Et à l’issue du Sommet ibéro-américain, jeudi également, le président ukrainien s’entretiendra aussi “avec plusieurs dirigeants afin d’échanger sur la situation de son pays, ses répercussions mondiales ainsi que sur les principaux défis en matière de paix et de sécurité internationales”, a-t-on ajouté de même source. Plus de quatre ans et demi après le début de l’invasion russe, des négociations entre Kiev, Moscou et Washington doivent reprendre les 10 et 11 novembre aux Emirats arabes unis, sous médiation américaine. Des délégations de l’Ukraine, de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, des États-Unis, de l’OTAN et de la Banque mondiale se sont par ailleurs réunies mercredi à Bruxelles pour discuter de la reconstruction de l’Ukraine, des travaux visant “à affiner les scénarios de développement économique et de prospérité de l’Ukraine après la guerre”, selon un communiqué de la Commission européenne.- Lula absent -Le Sommet ibéro-américain lui-même rassemblera, outre Javier Milei, féroce critique de son hôte Pedro Sánchez, plusieurs autres dirigeants de droite d’une région largement orientée vers ce courant politique, parmi lesquels le Chilien José Antonio Kast, la Costaricaine Laura Fernández, le Bolivien Rodrigo Paz et le Hondurien Nasry Asfura, mais aussi le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.

À l’inverse, seront absentes les principales figures de la gauche régionale, le Brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, fraîchement réélu, et la Mexicaine Claudia Sheinbaum. La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, sera elle aussi absente. Toujours prompt à susciter la controverse, Javier Milei, arrivé dans la capitale espagnole dans l’après-midi de mercredi, ne prévoit de participer ni à l’ouverture du sommet ni au dîner qui sera offert ensuite par le roi Felipe VI au Palais royal, selon son agenda officiel.

Il assistera toutefois à la séance plénière de jeudi matin, où il se retrouvera face à face avec Pedro Sánchez, deux semaines après l’avoir qualifié, à Madrid déjà, d'”infréquentable dictateur” et de dirigeant “corrompu”, tout en appelant les Espagnols à “mettre les socialistes dehors à coups de pied”, à quelques semaines des législatives.

Depuis son arrivée au pouvoir fin 2023, il s’est déjà rendu à plusieurs reprises en Espagne, sans jamais rencontrer ni le roi ni Pedro Sánchez. Cette fois encore, aucun entretien bilatéral n’est prévu en marge du sommet, ni avec le chef de l’État ni avec le chef du gouvernement, selon des sources gouvernementales espagnoles. Javier Milei, qui avait déjà provoqué en 2024 une crise diplomatique avec l’Espagne en qualifiant à Madrid de “corrompue” l’épouse de Sánchez, alors visée par une enquête pour trafic d’influence, a également profité de ses visites pour soutenir l’extrême droite espagnole et la présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, figure de la droite conservatrice.- IA et coopération -Les sondages prévoient une victoire de la droite sur les socialistes de Pedro Sánchez le 29 novembre, mais sans majorité absolue.

Dans cette configuration, le Parti populaire (droite) aurait donc besoin du soutien de l’extrême droite pour former un gouvernement. Au total, sept présidents latino-américains participeront au sommet de Madrid. Le sommet débutera mercredi par une cérémonie d’ouverture avant la tenue de la séance plénière jeudi matin. Malgré cette participation limitée au plus haut niveau, le secrétaire général du sommet, le Chilien Andrés Allamand, a promis qu’il s’agirait de la réunion qui aura le “plus grand impact” des “vingt dernières années”.

L’édition précédente, organisée en Équateur et à laquelle seuls quatre présidents avaient participé, s’était achevée sans déclaration finale faute de consensus. Cette fois-ci, une déclaration finale “forte”, selon les termes d’Allamand, devrait être adoptée, ainsi que plusieurs accords, principalement dans les domaines de l’intelligence artificielle –pour développer  des modèles de langage alimentés par des données en espagnol plutôt qu’en anglais– et de la coopération face aux catastrophes naturelles.

Wed, 04 Nov 2026 18:02:32 GMT