L’ex-prince Andrew a engagé une action en justice pour contester la légalité des perquisitions menées par la police en février au moment de son arrestation liée à l’affaire Epstein, inédite dans l’histoire moderne de la monarchie britannique. Une audience aura lieu jeudi à huis clos devant un juge de la Haute Cour de Londres, a indiqué lundi une porte-parole des services judiciaires.”L’affaire concerne une demande présentée par Andrew Mountbatten-Windsor” dans le cadre d’un recours visant à “annuler des mandats de perquisition délivrés par un juge de la cour criminelle centrale le 18 février 2026”, a ajouté cette source, confirmant des informations du journal The Telegraph.
Le frère du roi Charles III avait été arrêté le 19 février et placé en garde à vue pendant plusieurs heures. Un coup de tonnerre pour la famille royale, consécutif à de nouvelles révélations sur les liens de l’ex-prince avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, mort en 2019 en prison, contenues dans des documents publiés par le ministère américain de la Justice. Des perquisitions avaient eu lieu dans sa résidence de Sandringham (est de l’Angleterre) et à son ancien domicile de Windsor, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Londres.
Elles avaient duré plusieurs jours. Le frère du roi fait l’objet d’une enquête policière pour “manquement dans l’exercice d’une fonction publique”, soupçonné d’avoir transmis des informations sensibles à Jeffrey Epstein lorsqu’il était émissaire du Royaume-Uni au Commerce entre 2001 et 2011. La police de la Thames Valley avait indiqué en mai qu’elle examinait par ailleurs une accusation selon laquelle une femme avait été envoyée par Jeffrey Epstein au domicile du prince Andrew “à des fins sexuelles”.- Déchu de ses titres royaux -Andrew Mountbatten-Windsor, 66 ans, n’a pas été inculpé à ce stade.
Il a toujours nié toute faute en lien avec l’affaire Epstein.”Alors que notre enquête pour manquement dans l’exercice d’une fonction publique se poursuit, nous sommes engagés dans une procédure judiciaire relative à des mandats précédemment obtenus auprès de la cour criminelle centrale”, a confirmé à l’AFP la police de la Thames Valley, qui a mené les perquisitions.
Les avocats d’Andrew Mountbatten-Windsor n’ont pas immédiatement répondu à une demande de commentaire de la part de l’AFP. Selon The Telegraph, c’est la première fois qu’un membre de la famille royale britannique conteste la légalité de poursuites pénales engagées à son encontre depuis le procès de Charles Ier en 1649. L’ex-prince Andrew a été déchu de ses titres royaux par Charles III en 2025, dans la foulée notamment de la publication des mémoires posthumes de Virginia Giuffre, principale accusatrice d’Epstein, mettant en cause le frère du roi.
Il a été contraint de quitter la résidence de Royal Lodge sur le domaine de Windsor où il vivait depuis plus de vingt ans, pour emménager dans le domaine de Sandringham, dans le Norfolk. Andrew Mountbatten-Windsor n’occupait plus aucun rôle public depuis novembre 2019, après une interview à la BBC jugée désastreuse dans laquelle il affirmait notamment n’avoir jamais rencontré Virginia Giuffre.
Dans ses mémoires posthumes, cette dernière –qui s’est suicidée en avril 2025– affirme qu’elle a été contrainte à avoir des relations sexuelles avec l’ex-prince à trois reprises à partir de 2001, notamment quand elle avait 17 ans. Le frère du roi avait conclu un accord à l’amiable avec Mme Giuffre en 2022 dans le cadre d’une action civile intentée aux États-Unis, sans toutefois reconnaître sa responsabilité.
Mon, 05 Oct 2026 11:37:54 GMT
