Andy Burnham s’installe à Downing Street et promet des mesures sociales

Le travailliste Andy Burnham a promis un “plan sur dix ans” pour redresser le Royaume-Uni et une action immédiate sur le coût de la vie, en devenant lundi le septième Premier ministre britannique depuis le référendum sur le Brexit en 2016. A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l’Angleterre) jusqu’au mois dernier, a succédé au démissionnaire Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024 après une victoire écrasante du Labour aux législatives qui avait mis fin à 14 ans de gouvernements conservateurs.

Dans sa première allocution comme Premier ministre devant le 10, Downing Street, il a affirmé vouloir engager “les changements les plus profonds de ces quarante dernières années” au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa “stabilité” et “redonner de l’espoir” aux gens. Dans ce discours sans notes et sans pupitre et en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, il a dit vouloir réindustrialiser le pays, alors que la croissance économique reste atone, construire plus de logements sociaux et bâtir une “nouvelle économie” dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l’Etat.

Mettant l’accent sur les enjeux sociaux, Andy Burnham a promis d’agir “maintenant pour offrir aux gens un peu de répit et les aider à faire face au coût de la vie”. De premières mesures seront dévoilées mardi, a-t-il ajouté. Il a aussi érigé en priorité de “mettre fin au sans-abrisme”. Il avait réservé son premier déplacement lundi matin à un refuge pour personnes sans domicile fixe.

Andy Burnham, devenu vendredi chef du Labour après avoir été plébiscité par les députés travaillistes, a été officiellement chargé lundi à la mi-journée par le roi Charles III de former un nouveau gouvernement, lors d’un entretien au palais de Buckingham. Il a reçu les félicitations de plusieurs dirigeants étrangers, notamment le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre canadien Mark Carney ou encore le Premier ministre australien Anthony Albanese. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a elle affirmé sur X se réjouir de travailler avec lui “pour renforcer le partenariat entre l’UE et le Royaume-Uni”, notamment en matière de sécurité.

Andy Burnham s’est déjà entretenu lundi avec Donald Trump, a indiqué à l’AFP une source gouvernementale. Le président américain s’est félicité la veille sur sa plateforme Truth Social du projet attribué au nouveau Premier ministre, mais non confirmé, d’autoriser le développement de champs pétroliers et gaziers en mer du Nord. Il devait également échanger lundi avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour lui confirmer le soutien “à 100%” du Royaume-Uni dans la guerre face à la Russie.- Gouverner “différemment” -Keir Starmer avait annoncé son départ le 22 juin, impopulaire dans le pays et fortement contesté au sein de son parti après des décisions maladroites, des polémiques et des défaites électorales locales.”Le Royaume-Uni est plus fort et plus juste qu’il y a deux ans”, a-t-il déclaré lundi dans une courte allocution devant le 10, Downing Street, se disant “fier” du travail accompli, avant d’aller présenter officiellement sa démission au roi.

Le nouveau gouvernement devrait être dévoilé dans l’après-midi. Les premiers changements ont été annoncés, avec le départ du ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy, de celui du Commerce Peter Kyle, ou encore de Rachel Reeves aux Finances. Beaucoup s’interrogent sur son successeur, dans un contexte budgétaire contraint par une dette publique élevée. Plusieurs noms circulent, dont celui de Shabana Mahmood, jusqu’ici à l’Intérieur, où elle a mené une politique très ferme sur l’immigration. Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé “le roi du Nord”, pour stopper l’ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Ce dernier a appelé à l’organisation d’élections législatives, estimant qu’Andy Burnham ne “devrait pas être autorisé” à agir “sans mandat”. La cheffe de l’opposition conservatrice Kemi Badenoch a, elle, déploré dans un courrier adressé à Andy Burnham qu’il “prenne ses fonctions sans avoir défini de plan clair” pour le pays.

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l’une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l’agglomération de Manchester, dont il était le maire depuis 2017. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un “N°10 du Nord”, basé à Manchester. 

Mon, 20 Jul 2026 15:20:15 GMT