Après un mois de crise lycéenne, le gouvernement évoque le remplacement de Parcoursup

Après un mois de mobilisation des lycéens et étudiants, le gouvernement a commencé à laisser filtrer lundi le remplacement envisagé de Parcoursup sur deux ans, des prêts pour améliorer l’état des bâtiments ou encore une augmentation du nombre de places à l’université. Ces annonces devaient être initialement annoncées et développées par les ministres Edouard Geffray (Éducation) et Philippe Baptiste (Enseignement supérieur) à l’occasion d’une conférence de presse prévue à 17h30.

Mais la mi-journée a réservé une surprise, avec l’annonce de ces mesures par des influenceuses dans le domaine de l’éducation, au sortir d’une rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, MM. Geffray et Baptiste. Une source au sein du gouvernement a ensuite confirmé la plupart de ces mesures, à commencer par celle concernant Parcoursup, la plateforme d’orientation pour les études supérieures très critiquée depuis le début du mouvement.

Ce remplacement devrait se faire en deux temps, avec plus de clarté concernant les algorithmes locaux dès cette année scolaire, et l’annonce d’un grand chantier pour l’année scolaire suivante, qui nécessitera un texte de loi. Ont également été dévoilés 15.000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, un plan de rénovation des lycées et des universités d’un montant de 5 milliards d’euros au total, ainsi que l’indexation à l’inflation des bourses étudiantes.

Le plafonnement à 28 lycéens par classe dans 50% des établissements les plus défavorisés dès la rentrée prochaine a également été évoqué par les influenceuses, Anna Baldy (@grandebavardeuse) et Mathilde Fouqué (@mathildestudy), sans confirmation officielle pour le moment. Depuis 14h30, mais après les influenceurs, Sébastien Lecornu reçoit à Matignon les organisations lycéennes puis étudiantes, successivement, espérant clore ainsi cinq semaines de crise entamées par des blocages d’établissements.

Les organisations syndicales de personnels de l’éducation ont été conviées dans le même temps à une réunion en visioconférence avec le cabinet du ministre de l’Éducation. Parti d’un lycée de banlieue parisienne le 17 septembre, la contestation sociale s’est étendue, jusqu’à déboucher le 17 octobre sur de vastes manifestations dans tout le pays émaillées, à leurs marges, de casses et pillages. De quoi concentrer la focale de l’exécutif sur les problématiques de maintien de l’ordre, avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez en première ligne encore samedi lors d’une journée de cortèges sans heurts majeurs, malgré plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues.

Quitte à occulter le reste des revendications, qu’il s’agisse de la jeunesse ou de ceux exprimant leur colère contre la vie chère. Entre-temps, le gouvernement a ouvert le 5 octobre une plateforme destinée à répondre à la crise lycéenne, qui affichait vendredi, à sa clôture, quelque 100.000 contributions. – Chantier Parcoursup – Critiqué de toutes parts après les débordements du 17 octobre, Emmanuel Macron s’est affiché à la manoeuvre en fin de semaine dernière, recevant déjà les organisations lycéennes et ouvrant la porte à une “refonte en profondeur” de Parcoursup, un des grands objets de litige.

Des annonces – qui devraient se traduire en amendements dans le budget en cours d’examen – concernant les remplacements des professeurs ou les heures d’enseignement pourraient aussi être dévoilées, selon une source au sein de l’exécutif. Un débat sans vote sur l’avenir de Parcoursup aura lieu mercredi à l’Assemblée. Le Premier ministre devrait ensuite recevoir notamment les collectivités locales et parlementaires pour “de nouvelles discussions”, a indiqué son entourage. “Ce qu’on espère, ce qu’on attend et même ce qu’on exige, c’est d’avoir des réponses budgétaires.

Il va falloir aujourd’hui mettre des millions et sans doute des milliards sur la table pour pouvoir avancer”, a estimé auprès de l’AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat dans le second degré, qui soutient le mouvement. L’Union étudiante, La Fage, l’Unef et l’Union syndicale lycéenne (USL) revendiquent 10 mesures principales, évaluées à 10 milliards d’euros, dont la fin de la sélection à l’université, la création de 250.000 places à l’université et une réforme des bourses.

Les présidents d’université ont mis en garde dimanche: supprimer Parcoursup “n’est pas la solution magique” et il ne faut “pas confondre l’outil et la politique délibérée de réduction des moyens” qui “a créé de fortes tensions pour l’entrée dans l’enseignement supérieur”. À l’approche d’une nouvelle journée d’action à l’appel des gilets jaunes le 31 octobre, et surtout d’une journée nationale de grèves et de manifestations le 5 novembre à l’initiative des syndicats de salariés, l’exécutif espère endiguer le front de la jeunesse avec ces réponses. jmt-jpa-vl-mdv-fbr/rap/sp/abl

Mon, 26 Oct 2026 15:32:00 GMT