Pour espérer prendre sa revanche sur les Etats-Unis aux Jeux olympiques 2028 de Los Angeles, l’équipe de France féminine de basket-ball devra impérativement terminer dans les six premiers de l’Euro-2027, une mission périlleuse si elle ne peut compter sur ses meilleures joueuses, retenues en WNBA. Elles ont beau avoir obtenu le meilleur résultat de l’histoire de la sélection, les vice-championnes du monde ne sont pas assurées de participer aux prochains JO: seul le vainqueur de la Coupe du monde décrochait son billet, et aucun en cas de victoire des Américaines, qualifiées pour LA 2028 en tant que pays organisateur.
Battues dimanche en finale du Mondial à Berlin par les Etats-Unis (97-79), les Françaises vont donc devoir mettre le bleu de chauffe pour espérer de nouveau monter – a minima – sur le podium olympique, comme en 2021 (troisièmes) et 2024 (deuxièmes, défaite contre les Américaines). Pour participer aux tournois de qualifications olympiques (10-13 février 2028), il leur faudra prendre l’une des six premières places du prochain Championnat d’Europe (16-27 juin en Belgique, Suède, Finlande et Lituanie).
Dans l’absolu une formalité pour une sélection qui n’a terminé qu’une fois (sur 13) au-delà de ce rang aux XXIe siècle (8e en 2007) et reste sur neuf demi-finales d’affilée. Seulement, l’Euro se déroulera en pleine saison de WNBA, où huit des 12 joueuses retenues pour le Mondial évoluent actuellement.”Il nous manque un vécu commun, par le passé, on a pu voir le groupe changer sur des compétitions.
Et un groupe avec des expériences communes de matches de ce niveau, cela peut aider à rattraper le gap avec les autres, on y réfléchit”, a souligné lors d’une conférence de presse lundi le sélectionneur Jean-Aimé Toupane, qui a souligné par ailleurs “le talent” de ses joueuses et espère que “la prochaine (grande compétition) sera la bonne”.- Certaines “Américaines” présentes ? -En 2025, pour le précédent Euro (4e place), l’encadrement des Bleues n’avait en effet pu compter sur Gabby Williams, Marine Johannès et Dominique Malonga, trois cadres actuelles qui n’avaient pu ou voulu être libérées par leurs franchises.
Iliana Rupert, Janelle Salaün et Leïla Lacan avaient elles répondu présent, alors que Valériane Ayayi et Pauline Astier n’évoluaient pas encore dans la ligue nord-américaine. Toupane pourra-t-il compter sur certaines pour l’édition 2027, alors que les huit “Américaines” retenues pour la Coupe du monde de Berlin ne sont arrivées que quelques jours avant le début de la compétition, ce qui a raccourci à l’extrême la préparation ?
Une libération tardive malgré le voyage outre-Atlantique du sélectionneur et du directeur technique national (DTN) Alain Contensoux, qui ont passé en amont de la compétition du temps auprès des joueuses et des dirigeants de leurs franchises pour s’assurer la meilleure coopération possible. Ils ont aussi préparé le terrain pour 2027: avant le Mondial, Alain Contensoux a laissé entendre, énigmatique – “on verra” – qu’il espérait avoir certains précieux renforts venus des Etats-Unis pour l’Euro.”Elles veulent toutes être là, a-t-il encore assuré lundi.
La meilleure manière de battre les Américaines est d’être au meilleur niveau européen. On travaille, l’investissement de toutes est remarquable. Il faut qu’elles puissent jouer ensemble, elles ont besoin de jouer ensemble régulièrement sur des compétitions”. A défaut, l’équipe de France devra compter sur son profond vivier pour réussir la première partie de la mission olympique, qui passera donc par une présence en demi-finales.
Ou à défaut en quarts de finale avant un match de classement sous haute tension.- “Apprendre à gagner” -Pour l’éventuel tournoi de qualification olympique, l’équipe de France devrait ensuite de nouveau pouvoir compter sur un groupe au complet.”Il faut continuer à travailler, avoir beaucoup d’humilité. Gagner un titre prend du temps: les Etats-Unis sont huit fois champions olympiques de suite, et cinq fois du monde, alors que nous disputions notre première finale (d’une Coupe du monde, Ndlr).
Mais on a montré qu’on était sur la bonne voie”, s’est projeté dimanche Toupane.”Ce n’est que le début” a-t-il ajouté, rejoint par Dominique Malonga. “Si (la finale) est le point zéro, on peut construire quelque chose de vraiment bien”, a estimé la pivot de 20 ans, pour qui les Bleues doivent “apprendre à gagner”. Sans Malonga et les autres joueuses de WNBA, elles ont rendez-vous dès mi-novembre, pour le début du tour principal des qualifications à l’Euro-2027 (Grande-Bretagne, Luxembourg et Ukraine), jalon indispensable sur la route de Los Angeles 2028.
Mon, 14 Sep 2026 16:05:42 GMT
