Favoris des sondages, les indépendantistes québécois semblent bien partis pour remporter les élections lundi dans la province francophone du Canada où ils promettent d’organiser un nouveau référendum sur l’indépendance. Leur retour au pouvoir serait un défi de taille pour le Premier ministre Mark Carney alors qu’aucune issue au conflit commercial avec Washington ne se dessine et qu’il est confronté à d’autres velléités séparatistes dans la riche province pétrolière de l’Alberta.
Peuplé de 9 millions d’habitants et doté de très larges compétences, le Québec vote pour élire ses 127 députés provinciaux. Les résultats seront connus dans la soirée, quelques heures après la fermeture des bureaux de vote à 20H00 (00H00 GMT). Les indépendantistes du Parti québécois, qui n’ont plus dirigé la province depuis 2014, sont crédités de 30% des intentions de vote, devant les libéraux et les conservateurs, et très loin devant la Coalition Avenir Québec, le parti de centre-droit au pouvoir depuis 2018.
Sujet majeur de la campagne, le Parti québécois a promis d’organiser un nouveau référendum sur l’indépendance du Québec. Son chef, Paul Saint-Pierre Plamondon, avocat de 49 ans surnommé “PSPP”, a toutefois précisé qu’il attendrait la fin du mandat de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2029 car l’escalade actuelle du conflit commercial entre les États-Unis et le Canada n’offre “pas un climat serein pour réfléchir à notre avenir”. S’il a lieu, ce référendum serait le troisième organisé au Québec après ceux de 1980 et 1995.
Le dernier avait été perdu de peu par le camp du “oui” à l’indépendance.- Défense du français -La question de l’indépendance a toujours profondément divisé le Québec entre “souverainistes” voulant se séparer du Canada et “fédéralistes”. Mais l’idée d’un nouveau référendum revient pour la première fois depuis trente ans au centre du débat politique.”Est-ce que (les Québécois) veulent un gouvernement qui va nous engager dans une campagne référendaire où tout va être chamboulé (…) ou un gouvernement qui va miser sur la stabilité économique ?”, a interrogé lundi la Première ministre québécoise sortante, Christine Fréchette.
Francis Chalifour, enseignant et électeur du Parti québécois de 49 ans, a lui voté “oui” en 1995 et est favorable à une nouvelle consultation. “Je voudrais que dans 100 ans, au Québec, on parle encore le français”, a-t-il dit à l’AFP à Montréal, la défense du français dans un Canada majoritairement anglophone étant une revendication centrale des “souverainistes”. Alexia Gomez, qui votait pour la première fois à 19 ans, est en revanche opposée à toute idée de sécession. “Si le Québec devient indépendant, ça nous rendrait vulnérable d’un point de vue politique, économique, militaire”, juge-t-elle.
Même si le camp indépendantiste dépasse le seul Parti québécois, la proportion de Québécois prêts à voter “oui” à une séparation du Canada est de seulement 31%, selon un récent sondage. Selon les analystes, le vote pour la formation indépendantiste est plus nourri par la déception des électeurs vis-à-vis du gouvernement sortant sur le coût de la vie ou la santé, que par un désir d’indépendance.
Si la perspective d’un référendum reste encore lointaine, un gouvernement québécois indépendantiste ne serait pas une bonne nouvelle pour Mark Carney. Paul Saint-Pierre Plamondon a déjà laissé entendre qu’il voyait sa relation avec Ottawa comme un “rapport de force”. Si le Québec n’est pas “respecté (…) je ne mettrai pas sous le tapis le fait que ce n’est pas acceptable”, a-t-il dit jeudi.
Interrogé lundi à son arrivée au Parlement à Ottawa, Mark Carney s’est gardé de tout commentaire sur l’issue du scrutin, affirmant vouloir “travailler” avec n’importe quel gouvernement élu.- La monarchie ? “Une mascarade” -Autre sujet de discorde, “PSPP” a également promis d'”abolir la monarchie” au Québec, c’est-à-dire de couper les vivres de la représentante de la couronne britannique dans la province, dont le rôle, notamment de promulguer les lois québécoises, est pourtant inscrit dans la Constitution canadienne.
Le Canada est membre du Commonwealth et son chef d’État est Charles III. C’est une “mascarade qui coûte de l’argent”, a dénoncé le chef indépendantiste qui veut utiliser ces fonds pour réduire le nombre de sans-abri.
Mon, 05 Oct 2026 21:18:19 GMT
