Carburants: de nouvelles aides annoncées mardi pour les Français les plus touchés

Adapter les dispositifs et tenter d’agir sur les approvisionnements: le gouvernement va présenter mardi de nouvelles aides aux Français les plus touchés par la flambée des prix des carburants, alors que sa marge de manoeuvre budgétaire est réduite et les contraintes internationales amenées à durer. Lors d’une conférence de presse à Bercy, les ministres Maud Bregeon (porte-parole et Energie), Roland Lescure (Economie), David Amiel (Comptes publics), Stéphanie Rist (Santé), Catherine Chabaud (Mer et Pêche) et Serge Papin (PME, Commerce) présenteront chacun leurs dispositifs destinés à “accompagner les ménages, les entreprises et les secteurs les plus exposés”.

L’exécutif se déploie cette semaine pour tenter de calmer la grogne sociale sur les carburants, devenu un thème majeur de la présidentielle. Emmanuel Macron a en parallèle écrit à la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen pour proposer cinq mesures qui nécessitent l’aval européen afin de doper les approvisionnements et calmer la hausse des prix. Parmi celles-ci, révélées mardi dans Les Echos, l’assouplissement des normes de qualité des carburants, afin d’améliorer la productivité des raffineries, introduire du biogazole pour les moteurs diesel ou encore reporter le plan méthane qui doit s’imposer au 1er janvier 2027. Emmanuel Macron sera interviewé jeudi à 20H00 par TF1 et France 2.

Il a déjà réuni vendredi les chefs de parti ou candidats à la présidentielle, dressant un tableau durable de la menace “hybride” russe et de la crise énergétique. Sébastien Lecornu a tenu lundi deux réunions avec des ministres, sur les approvisionnements perturbés par la guerre au Moyen-Orient et sur “l’accompagnement à court et moyen termes” des Français.

Le prix du gazole évoluait toujours lundi autour de 2,41 euros le litre en moyenne en France, selon une analyse de l’AFP des données publiques. Ceux de l’essence SP98 à 2,28 euros et SP95 à 2,22 euros.- “Plan de sauvergarde” -Devant une station TotalEnergies de La Chapelle d’Armentières (Nord), en rupture de gazole et de sans-plomb, Bruno Bodart, artisan de 57 ans, craint de devoir “mettre la clé sous la porte”.

Il assure dépenser 300 euros par semaine pour le plein de sa camionnette et aimerait “un geste”. Les infirmières libérales se déplacent au domicile des patients “à perte”, ont alerté lundi des représentants de la profession. La grogne sociale s’est déjà manifestée la semaine dernière par des blocages de dépôts pétroliers par des pêcheurs. Certains responsables politiques craignent la résurgence de mouvements du type Gilets jaunes, qui protestaient à l’époque contre l’augmentation d’une taxe sur les carburants, alors que cette fois l’inflation tient à une guerre lointaine, insiste l’exécutif.

Mais sa marge de manœuvre est faible compte tenu de la dégradation des finances publiques, avec un endettement qui s’annonce record l’an prochain et des taux d’intérêt qui grimpent. Le gouvernement a déjà prolongé jusqu’à la fin de l’année les aides aux secteurs les plus exposés, comme l’agriculture, le BTP et les pêcheurs. Et il travaille sur un nouveau dispositif pour succéder au 1er octobre à l’aide de 100 euros aux “gros rouleurs”, à laquelle seule la moitié des trois millions de Français éligibles ont eu recours.

Roland Lescure plaide pour une aide “supplémentaire” à ces grands rouleurs versée “automatiquement”.- Prix du gaz -L’exécutif insiste aussi sur les problèmes d’approvisionnements à venir, exposant les dépendances de la France aux énergies fossiles importées. Même si “pour les deux mois qui viennent, on n’a pas d’inquiétudes” a expliqué M.

Lescure, il manque aujourd’hui “10 millions de barils (de pétrole) par jour” sur le marché mondial, a pointé Mme Bregeon, dans un monde qui en consomme plus de 105 millions quotidiennement. Ces risques porteraient notamment sur le jet-fuel (kérosène) utilisé par les compagnies aériennes, et le gazole, très consommé en France. L’Etat va d’ailleurs autoriser à titre exceptionnel les distributeurs à vendre du gazole de qualité été – qui peut se figer sous 0°C – jusqu’au 15 novembre au lieu du 1er novembre.

Si l’approvisionnement en gaz cet hiver est en passe d’être assuré en France, la hausse du prix de référence du gaz de 6,3% le 1er octobre (après +5,6% en août) se ressentira sur les factures quand les chauffages au gaz reprendront du service.

Tue, 22 Sep 2026 06:35:23 GMT