Les pêcheurs de Méditerannée, qui ont bloqué deux ports et un dépôt pétrolier, se sont engagés jeudi soir à lever leurs barrages après des engagements du gouvernement liés notamment au prix du carburant. A l’issue de six heures de réunion, la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, a annoncé que les pêcheurs s’étaient “engagés à débloquer les barrages”. Remontés contre le gouvernement et la flambée du gazole, ainsi que sur leurs quotas, ils réclamaient des aides et jugeaient insuffisant le relèvement de l’aide à 35 centimes, soit 10 centimes de plus, annoncée la veille par le Premier ministre.”On peut pas dire que nous avons tout eu.
Des négociations sont encore en cours sur certains points mais la monnaie d’échange, c’est qu’on lève les barrages”, a réagi auprès de l’AFP Vincent Scotto, pêcheur à Sète (Hérault), à la sortie de la réunion. La ministre a promis que les aides “suivr(aient) la variation des cours des carburants” ainsi que de possibles “prêt à taux zéro” pour ceux “qui ont des problématiques de trésorerie”, de façon à faire “la transition” en attendant le versement des aides que certains se plaignent ne pas avoir reçues. “Nous avons mis du temps à mettre en place le dispositif d’enregistrement des dossiers, mais aussi de paiement.
Et à l’heure qu’il est, on a quasiment, pour les mois d’avril et mai, versé toutes les aides en carburant à tout le monde, on est à 90%”, a reconnu la ministre. Ange Natoli, pêcheur à Martigues, présent à la réunion, avait indiqué en arrivant souhaiter “un blocage des prix à la pompe”. Le blocage du port de Nice, ainsi que du dépôt de Frontignan avaient été levés à la mi-journée, selon des sources concordantes et des journalistes de l’AFP. A sept mois de l’élection présidentielle en France, alors que la situation économique se dégrade, le gouvernement surveille la situation de très près et a actionné dès mercredi soir le prolongement des aides jusqu’en décembre pour les secteurs touchés. L’Élysée a convoqué pour vendredi une réunion sur la “dégradation rapide” de la situation internationale et ses “conséquences en France sur la sécurité et l’énergie”.
Depuis le début de la guerre en Iran en février, le gouvernement insiste sur les causes externes de la flambée des prix de l’essence, alors qu’en 2018 l’augmentation de la taxe carbone avait déclenché le mouvement des “gilets jaunes”. Jeudi le prix moyen du gazole, carburant le plus consommé en France, a égalé son niveau record depuis le début du conflit, à 2,38 euros le litre, qui avait été atteint en avril, selon une analyse AFP à partir des données gouvernementales.- Blocage des prix à la pompe -Au-delà du carburant, la colère des pêcheurs porte sur les quotas de thon et des mesures liées à la pêche durable de l’UE qui, selon eux, ne prennent pas en compte “la spécificité méditerranéenne” et notamment des “espèces beaucoup plus petites qu’en Atlantique”, a ainsi expliqué Vincent Scotto.
Ces sujets ont été abordés au cours de la réunion. Plusieurs sources ont affirmé à l’AFP qu’un déplacement des autorités était envisagé “la semaine prochaine” en Méditerranée. Les pêcheurs de Méditerranée subissent aussi souvent “des prix de gazole marin plus élevé que les autres”, explique Perrine Cuvilliers, représentant l’Organisation des producteurs du Sud.
Sur le port du Grau-du-Roi (Gard), des manifestants ont accroché en haut d’un phare deux faux pendus représentant des pêcheurs en ciré jaune, avec ces banderoles: “la pêche se meurt”, “l’Europe tue”. La mise en scène macabre était aussi déployée sur des bateaux à quai. En campagne présidentielle, les candidats rivalisent de propositions sur le sujet et le gouvernement craint l’embrasement alors que les prix de l’énergie étouffent le budget des Français. La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a réclamé la prolongation du dispositif d’aide aux grands rouleurs, versée déjà, selon le gouvernement, à plus de 1,1 million de personnes, et qui court jusqu’au 30 septembre.
Environ 1,5 million de personnes concernées ne l’ont pas encore demandée. Selon un baromètre publié jeudi, en 2026, 17 millions de Français de plus de 18 ans sont en situation de “précarité mobilité”, soit 37% de la population française majeure. max-ysp-jp-fcc-dec/abb/LyS
Thu, 17 Sep 2026 17:05:17 GMT
