Corée du Nord: l’influente soeur de Kim Jong Un promue par le parti
L’influente Kim Yo Jong, soeur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, a été promue par le parti au pouvoir lors d’un congrès quinquennal crucial, a annoncé mardi un média d’Etat. Le Comité central du Parti des travailleurs a nommé lundi Kim Yo Jong – jusqu’ici directrice adjointe de département – directrice à part entière de département, a annoncé l’Agence centrale de presse coréenne (KCNA), organe officiel de Pyongyang.
Des milliers de cadres du parti ont afflué vers la capitale, Pyongyang, pour le sommet quinquennal du Parti des travailleurs au pouvoir, un rassemblement qui oriente l’action de l’Etat dans tous les domaines, de la diplomatie à la planification de la guerre. Il a démarré le 19 février, pour une durée indéterminée. Kim Yo Jong compte depuis longtemps parmi les plus proches lieutenants de son frère et est l’une des femmes les plus influentes dans les sphères du pouvoir nord-coréen.
Sa promotion “équivaut à une promotion au rang ministériel”, a exposé Lim Eul-chul, de l’Institut d’études extrême-orientales de l’université Kyungnam en Corée du Sud. Née à la fin des années 1980, selon le gouvernement sud-coréen, elle est l’un des trois enfants nés du père de Kim et prédécesseur, Kim Jong Il, et de sa troisième compagne connue, l’ancienne danseuse Ko Yong Hui.
Elle a été scolarisée en Suisse aux côtés de son frère et a gravi rapidement les échelons après qu’il a hérité du pouvoir à la mort de leur père, en 2011. En 2018, elle s’est rendue en Corée du Sud pour les Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, durant une période de rapprochement intercoréen. – Virulence contre Washington – Pyongyang utilise également fréquemment son nom pour publier des déclarations exposant ses positions ou critiquant le Sud et les Etats-Unis.
Elle a ainsi qualifié le gouvernement de l’ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol de “chien fidèle” des États-Unis. Mais son ton s’est quelque peu adouci depuis l’arrivée au pouvoir l’année dernière du président sud-coréen Lee Jae Myung, qui cherche à apaiser les relations avec le Nord. “Kim Yo Jong est l’une des rares personnes en qui Kim Jong Un peut avoir confiance et sur lesquelles il peut compter”, a estimé Ahn Chan-il, un chercheur originaire de Corée du Nord. “Elle a également occupé des fonctions officielles lors des sommets entre Kim et Trump à Singapour et à Hanoï.
Elle est expérimentée et chevronnée”, a-t-il expliqué à l’AFP. Lors du précédent congrès il y a cinq ans, le dirigeant nord-coréen avait déclaré que les Etats-Unis étaient le “plus grand ennemi” de la nation. Les observateurs se demandent si Kim Jong Un va profiter de ce congrès pour adoucir cette position ou, au contraire, la durcir. Le président américain Donald Trump avait courtisé Pyongyang lors d’une tournée en Asie l’an dernier, affirmant qu’il était “ouvert à 100%” à une rencontre avec Kim Jong Un.
Mais ce dernier a jusqu’à présent largement évité la reprise d’un dialogue de haut niveau. Ce congrès offre un rare aperçu du fonctionnement politique de la Corée du Nord recluse. Il est largement considéré comme une tribune permettant à Kim d’afficher sa mainmise sur le pouvoir. Kim Jong Un devrait y dévoiler la prochaine phase du programme d’armement nucléaire de la Corée du Nord.
Le dirigeant a par ailleurs été réélu dimanche à l’unanimité par le parti au poste suprême de secrétaire général, avaient rapporté lundi les médias officiels. Lors de ce congrès, le rôle donné à la fille adolescente du dirigeant, Ju Ae, qui apparaît comme son héritière potentielle selon le renseignement sud-coréen, est particulièrement scruté. C’est la neuvième fois seulement que le Parti des travailleurs se réunit en congrès depuis le début du règne de la famille Kim sur le pays.
Ces congrès avaient été abandonnés sous Kim Jong Il, mais ils ont été relancés à l’arrivée de son fils au pouvoir en 2016. Le pays est par ailleurs économiquement étranglé par les sanctions internationales infligées en raison de ses programmes d’armes atomiques et de missiles interdits.
