Elections de mi-mandat aux Etats-Unis: paroles d’électeurs

De New York à Atlanta, d’Austin au Texas à Doral en Floride, des électeurs américains se sont confiés à l’AFP mardi, jour d’un scrutin de mi-mandat crucial, où les démocrates pourraient infliger un revers à Donald Trump et aux républicains. Une vague bleue ? C’est “évidemment un référendum sur le second mandat de Trump”, assène Wes Pyron, 37 ans, à Washington. Mais face aux sondages favorables aux démocrates, il se souvient de la défaite d’Hillary Clinton face à Donald Trump: “Je suis toujours meurtri par 2016, donc je ne prête plus du tout attention aux sondages”.”Je suis pleine d’espoir, optimiste, mais avec prudence”, souligne Emma Mondadori, 39 ans, qui a voté à New York.

A Atlanta, en Géorgie, une cinquantaine de personnes patientent avant l’ouverture d’un bureau de vote. Mike, 34 ans, a voté pour “placer le gouvernement Trump sous contrôle” et ce manager afro-américain dans l’informatique espère une “grande vague bleue”, la couleur du Parti démocrate.  “Le socialisme ne marche pas”A Austin, au Texas, un Etat conservateur du sud du pays, il pleut en cette matinée d’élection.”Nous vivons à une époque où beaucoup de jeunes considèrent que le socialisme est la voie à suivre”, s’inquiète Daryl Ruley, 84 ans. “Ils ne comprennent pas l’histoire s’ils pensent vraiment que c’est le cas”.

Plusieurs membres de l’aile gauche du Parti démocrate, parfois revendiqués socialistes, sont candidats mardi à travers le pays. Ce n’est pas le cas de James Talarico, le candidat du parti au Sénat dans le Texas. Cette figure modérée pourrait battre le républicain Ken Paxton, selon les sondages. A Dallas, Mary Wolf a voté pour le second mais pense “que Talarico va gagner”. “Cela me rend très triste”, dit-elle.

Son mari, qui n’a pas souhaité donner son prénom, estime que “le socialisme, ça ne marche pas” : “Ce qui se passe en France le prouve, avec la mainmise de la gauche là-bas et ce qui s’y passe actuellement avec ces destructions”. A Miami, Maru Restrepo, un électeur d’origine colombienne de 70 ans, estime que les démocrates “sont devenus trop socialistes, communistes et musulmans”. “Je ne veux pas d’eux”, assène-t-il. Prix de l’essenceBeaucoup des électeurs interrogés par l’AFP fustigent le coût de la vie, aggravé notamment par la hausse des prix des carburants après le déclenchement de la guerre contre l’Iran.

A l’image de Tom, 27 ans, rencontré à Atlanta: “Tout le monde, au moins dans ma génération, est un peu frustré face à la crise du pouvoir d’achat et les prix de l’essence, et ce qui se passe à l’étranger”.”C’est simplement le coût de la vie, les prix de l’essence, ce genre de choses… Cela doit changer pour les citoyens lambda, et je suis un citoyen lambda”, ajoute Donta Comer, 38 ans, à Atlanta également.”La cherté de la vie touche indéniablement un très grand nombre de personnes”, abonde Brian Rowe, 58 ans, un responsable de l’American University à Washington.

Il mentionne aussi “la guerre désastreuse contre l’Iran” qui “doit s’arrêter”, alors que Donald Trump a confirmé des frappes contre l’Iran lundi soir.  ImmigrationA la sortie des bureaux de vote, des électeurs évoquent aussi la politique très restrictive de l’administration Trump en matière d’immigration et les actions de la police de l’immigration (ICE). Les politiques migratoires “doivent exister”, estime Andres Gutierrez, 44 ans, un employé du secteur du crédit immobilier d’origine vénézuélienne, interrogé à Doral (Floride). “Notre inquiétude concerne la manière dont cela se déroule.

Nous espérons que le gouvernement fédéral comprendra que ce n’est pas la bonne approche”. A New York, Quishaun Hill, 44 ans, se dit “inquiet par rapport aux politiques de l’ICE et (..) des agissements irresponsables et véritablement inhumains dont sont victimes tant les citoyens (américains) que les non-citoyens”. Plusieurs interventions d’agents fédéraux de l’immigration ont suscité l’indignation depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, notamment la mort par balles de deux citoyens américains à Minneapolis en début d’année. Abdul El-SayedLa campagne d’Abdul Al-Sayed, candidat démocrate dans le Michigan, a fait la Une de l’actualité et son résultat sera scruté de près.”J’ai le sentiment qu’il est un très bon candidat.

Je suis ravie de voter pour lui”, souligne Mackenzie Currie, 28 ans, interrogée à Detroit. Cette figure de l’aile gauche du parti deviendra en cas de victoire le premier sénateur musulman des Etats-Unis.

Tue, 03 Nov 2026 19:18:05 GMT