Élections : Trump se plaint du cas de l’Alaska, les démocrates en ordre de marche

Donald Trump s’est plaint du dénouement encore incertain de la course au Sénat en Alaska jeudi, après la déroute cinglante du camp républicain lors des élections de mi-mandat, quand les démocrates touchent du doigt une nouvelle prise spectaculaire dans le Mississippi.”Les voix pour le faux Dan Sullivan (…) devraient être immédiatement créditées au VRAI Dan Sullivan, et l’élection est jouée – il gagne aisément.

Il n’y a pas d’autre solution juste !”, a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social jeudi matin. Un candidat homonyme du sortant républicain s’est lancé dans la course à l’élection sénatoriale en Alaska. Une manoeuvre démocrate selon des révélations du New York Times, même si ces derniers ont démenti en être à l’origine. Avec près de 75% des bulletins dépouillés, la candidate démocrate Mary Peltola n’a qu’une infime avance d’environ 600 voix sur son rival républicain Dan Sullivan.

L’autre Dan Sullivan pointe à 1,7% des suffrages, avec 3.600 voix. Dans un autre État a priori imperdable pour la droite américaine, le Mississippi, le candidat démocrate Scott Colom compte lui précisément 1.138 voix d’avance sur la sortante républicaine Cindy Hyde-Smith après le décompte de 96% des bulletins.- “Rejet net” -L’ampleur de la victoire démocrate est d’ores et déjà historique, que ce soit au Capitole de la capitale fédérale — où la majorité leur est acquise dans les deux chambres — ou dans les parlements locaux.

Au Sénat, sept sièges républicains ont déjà changé de bord, notamment au Texas.”Les élections de mi-mandat de 2026 resteront comme l’un des rejets les plus nets d’un président américain, depuis bien avant même que Richard Nixon soit monté dans cet hélicoptère en 1974″, a souligné la chroniqueuse du New Yorker Susan Glasser, en référence au départ du président républicain précipité par le célèbre scandale du Watergate.

Les 350 millions d’Américains devront attendre le 3 janvier pour découvrir leur nouveau Congrès, dont le Sénat sera en mesure de bloquer les nominations fédérales de Donald Trump. Quant à la Chambre des représentants, il est probable qu’elle élise comme nouveau “speaker” à sa tête l’Afro-américain Hakeem Jeffries, qui bénéficiera d’une confortable majorité.

Dans une lettre adressée mercredi à ses pairs élus, il a clairement détaillé la feuille de route démocrate : “faire tout leur possible pour réduire de manière significative le coût de la vie”. L’inflation, aggravée par la guerre en Iran, est l’élément déterminant expliquant la bérézina électorale républicaine. Cinq dossiers sont mis en avant : le logement, la santé, le panier des ménages, le prix des carburants et l’aide aux personnes dépendantes.- “Cartel Trump” -La deuxième priorité affichée par les vainqueurs démocrates conquérants est de contrebalancer le pouvoir qu’ils estiment “hors de contrôle” de l’exécutif, en recourant aux commissions d’enquête parlementaires.”Nous allons faire rendre des comptes aux escrocs”, promet Hakeem Jeffries, en dénonçant “la corruption massive subie par le pays de la part du cartel Trump”.

Le président républicain, qui a dit accepter les résultats du scrutin sans en endosser la responsabilité, est apparu comme déconnecté mercredi, préférant s’attarder sur sa future salle de bal à la Maison Blanche, un chantier qui lui est cher. Plusieurs ténors du Parti républicain n’ont pas tardé à abandonner leur retenue habituelle pour ne pas froisser Donald Trump, à l’image du gouverneur de Floride Ron DeSantis pour qui la défaite aux “midterms” s’apparente “à une extinction pour les républicains dans de nombreuses régions du pays, inédite depuis un siècle”.

Le vice-président JD Vance s’est lui distancié comme jamais de Donald Trump, en jugeant publiquement que la guerre en Iran était “la raison” de la débâcle.

Thu, 05 Nov 2026 15:53:03 GMT