Euro de natation: privé de jambes, Grousset a musclé le mental
Gêné par une blessure au pied pendant sa préparation pour les Championnats d’Europe, Maxime Grousset a profité de sa convalescence pour explorer de nouvelles méthodes d’entraînement. “Tout ce que je ne pouvais pas faire sur les jambes, je l’ai fait dans ma tête”, explique-t-il. Alors qu’il était dans une forme optimale, le triple champion du monde a subi un gros coup dur deux mois avant l’Euro en se fracturant un os du pied gauche à l’entraînement.
Forfait pour les Championnats de France, il a tout de même été retenu pour la compétition continentale grâce à ses performances de la saison. Le Calédonien aborde donc les Championnats d’Europe, qui démarrent lundi au Centre aquatique olympique de Saint-Denis, avec peu de repères. “Je n’ai plus de douleurs, je n’ai plus de soucis avec mon pied en lui-même”, a-t-il expliqué lors d’un stage des Bleus au début du mois à Vichy. “Après j’ai quand même pris du retard à l’entraînement parce que je ne pouvais pas travailler les jambes.” – Imagerie mentale -Une fois le diagnostic posé, il a fallu digérer la nouvelle, ce que Grousset est parvenu à faire rapidement, a apprécié son entraîneur Michel Chrétien. “Ça a été dur une demi-journée”, a-t-il raconté. “Il s’est blessé le matin, ça a été dur l’après-midi et le lendemain, c’était fini.”Puis le nageur de 27 ans a dû se résoudre à suivre les ordres des médecins qui lui ont interdit de travailler les jambes. “Même s’il a nagé, il n’a pas eu le droit de poser le pied par terre pendant un mois”, a poursuivi le technicien.
Résultat: “des raideurs au niveau articulaire au niveau de la cheville, une perte musculaire au niveau du mollet et du quadriceps et pas de travail sur les départs.”Pour aller de l’avant, Grousset a donc mis à profit cette période pour explorer de nouvelles méthodes de préparation. “C’était sympa dans le sens où j’ai fait des choses un peu nouvelles. Je n’ai pas fait les mêmes entraînements que d’habitude.””Cela m’a permis de travailler sur l’imagerie mentale: tout ce que je ne pouvais pas faire sur les jambes, je l’ai fait dans ma tête”, a-t-il détaillé. A l’aide d’un professionnel présent pour le guider, certains entraînements se sont ainsi transformés en en séance de méditation. “Au début, on fait des respirations.
Après, il y a un moment où on essaye de visualiser le vide… C’est compliqué de visualiser le vide!”- Les émotions, le corps et l’esprit -“Une fois qu’on est assez calme et serein dans sa tête, on passe sur autre chose et on essaie de visualiser la course dans son ensemble, c’est-à-dire dans les émotions, dans son corps, dans son esprit.” Et les bénéfices se sont fait sentir au moment de la reprise. “Finalement, quand j’ai repris, j’ai tout de suite été bien.
Je manquais un peu d’explosivité, mais au niveau de la coordination, c’était pas mal”, a-t-il apprécié. A Saint-Denis, Grousset va ainsi défier la concurrence, notamment les références du papillon Kristof Milak et Noé Ponti sans être à 100% de ses moyens physiques. “Au début, je n’avais pas trop envie (de m’aligner face à eux) dans le sens où, si je ne suis pas prêt à le faire, je n’ai pas envie de perdre face à ces mecs-là.
Mais dans ma forme actuelle, ça va.”Inscrit pour le moment sur quatre distances (50 et 100 m nage libre et papillon), Grousset pourrait toutefois ajuster son programme en fonction de ses sensations. “Certes, je n’ai pas fait la meilleure préparation possible. J’arrive en outsider (…) mais je n’enlève pas la possibilité de faire des très bons championnats.”
Sun, 09 Aug 2026 05:24:29 GMT
