Le retour chez elles des personnes évacuées à la suite de terribles incendies de forêt a commencé mardi en Espagne, où le Premier ministre Pedro Sanchez a affirmé apercevoir “la lumière au bout du tunnel”. L’ordre d’évacuation a en effet été levé dans 15 localités, ce qui donne un premier signal positif dans la lutte contre les feux dans ce pays. Cela signifie que les habitants des deux zones concernées “peuvent commencer à regagner leur domicile”, a expliqué à l’AFP le ministère de l’Intérieur. La levée de l’ordre d’évacuation est entrée en vigueur à 17H00 (15H00 GMT) pour huit communes de la région de Madrid et cinq de la province voisine d’Ávila.
Le ministère a par la suite fait état de la même décision prise pour deux autres localités des environs de la capitale à partir de 20H30 (18H30 GMT). A un point de contrôle de la police près de Chapinería et de Navas del Rey — deux villages entièrement évacués il y a quelques jours —, une file de plus de 20 véhicules s’est rapidement formée après l’annonce de cette mesure par les autorités, a constaté un journaliste de l’AFP.- Des dizaines de milliers de retours -Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a assuré dans une intervention télévisée que la levée de l’ordre d’évacuation entrée en vigueur à 15H00 GMT permettait à 34.000 personnes de regagner leur domicile après avoir été évacuées ou de sortir après avoir reçu l’ordre de rester confinées. Il n’a pas précisé combien avaient au total dû partir ni combien avaient été obligées de rester chez elles. Le délégué du gouvernement central pour la région de Madrid, Francisco Martin, a pour sa part fait savoir que la mesure identique prévue pour 18H30 GMT fournirait à 4.000 personnes supplémentaires la possibilité de regagner leur domicile et à 6.000 autres de sortir du confinement.
Il a affirmé que 11.000 personnes demeuraient évacuées dans cette région. Maria Paz Bolaños, 62 ans, a retrouvé son jardin dans un lotissement à Navas del Rey. “C’est notre maison, toute notre vie”, “nous sommes ici depuis 50 ans”, a-t-elle raconté à l’AFP. “La maison est un peu brûlée mais pour l’instant elle va bien. C’est un miracle.”A Pelayos de la Presa, le maire Antonio Sin a énuméré à l’AFP ses “priorités”: “Faire revenir ceux qui sont partis, absents depuis de nombreux jours et épuisés”, reloger ceux qui ont perdu leur maison, reconstruire le village.”Nous avons été en guerre contre le feu”, a raconté M.
Sin, évoquant “un incendie épouvantable, d’une brutalité extrême, un monstre qui nous a balayés”. Mais le travail titanesque des pompiers et des militaires dans des moments “très difficiles” est en train de payer. Le front le plus critique, au nord du lac artificiel de San Juan à 70 kilomètres à l’ouest de la capitale, préoccupe encore les autorités.
Une nouvelle vague de chaleur arrive en Espagne et doit durer jusqu’à au moins dimanche, selon l’Agence météorologique nationale (Aemet), qui a alerté sur des risques “extrêmes” d’incendies.- Un incendie dévastateur -Cet incendie de la “Sierra de l’ouest”, près de Madrid, qui fusionne avec le gigantesque brasier d’Ávila en Castille-et-León, est dévastateur. “La nuit, c’est un chaton endormi mais, pendant la journée, il peut se transformer en un lion redoutable”, a décrit devant des journalistes Fernando Casado, le maire de Robledo de Chavela.
Ce feu de forêt “le plus important” de l’histoire récente de l’Espagne, selon le gouvernement, a déjà ravagé en tout environ 77.000 hectares, a relevé M. Grande-Marlaska, soit sept fois la superficie de Paris, et 63.000 personnes ont été évacuées. Et le vent commençait à tourner mardi, un souffle plus chaud en provenance du sud. Sur le terrain, les arbres bordant la route entre les villages d’Aldea del Fresno et de Chapinería n’ont pas résisté à la virulence des flammes: les troncs calcinés et la végétation brûlée, recouverte de cendres, témoignaient mardi matin de la violence de l’incendie, a constaté un journaliste de l’AFP.
Seules quelques feuilles encore vertes ont échappé au feu au milieu de paysages autrefois luxuriants et désormais calcinés. A Chapinería, vidé de sa population depuis plusieurs jours, les rues étaient désertes mardi matin. La zone industrielle a été durement touchée et un garage a été complètement incendié, la porte en tôle s’est effondrée et le toit est noirci. Mais les habitations ont été épargnées, les flammes ont léché les clôtures grillagées des maisons, où l’herbe des jardins restait verte.
Selon le ministre de l’Intérieur, depuis le début de l’année, les incendies ont déjà réduit en cendres 175.000 hectares en Espagne. Si les incendies des environs de Madrid n’ont pas tué, une personne a péri à Valence (est) et une femme grièvement brûlée dans l’incendie qui a touché l’Andalousie (sud) le 9 juillet dernier est morte des suites de ses blessures, portant le bilan à 14 morts.
Un rappel du fait que l’Espagne est, selon la formule de Pedro Sanchez, en première ligne de “l’urgence climatique”. Au Portugal voisin, plusieurs incendies se sont déclarés lundi dans les régions de Santarem, Guarda, Braga et Bragança. En France, où sévissent plusieurs feux à la fois, le retour de la chaleur et l’arrivée d’un vent plus sec font aussi craindre une aggravation de la situation.
Au total, 42.000 hectares sont déjà partis en fumée dans la région de Bordeaux.
Tue, 28 Jul 2026 21:21:03 GMT
