Iran : l’armée vante sa force, le Qatar salue un engagement américain à trouver un accord
L’armée iranienne a assuré samedi être “plus forte” qu’au début de la guerre au Moyen-Orient pour riposter en cas de reprise majeure des hostilités, le médiateur qatari estimant pour sa part que Washington restait engagé dans la recherche d’une issue diplomatique. Les tractations se sont récemment intensifiées, même si Donald Trump, coutumier des déclarations contradictoires face à l’Iran, laisse toujours planer la perspective d’un retour aux armes.
Ces efforts ont permis d’empêcher que la situation ne devienne “incontrôlable”, a mis en avant le Premier ministre qatari, Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, lors d’une intervention vendredi soir à Oxford. Côté américain, “même après” les élections de mi-mandat, marquées par la déroute du camp de Donald Trump, “l’intention demeure, tout comme la volonté de prendre des mesures pour trouver une solution”, a-t-il ajouté.
Il a souligné qu’un éventuel accord devait porter en priorité sur le nucléaire iranien – un dossier que Donald Trump a de nouveau mis en avant ces derniers jours – et la réouverture du stratégique détroit d’Ormuz, verrouillé par Téhéran. Le président américain, qui a reconnu que le conflit, en faisant flamber les cours du pétrole, avait largement contribué à la débâcle de son parti, s’était entretenu vendredi avec l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a lui indiqué samedi avoir échangé ces dernières 48 heures avec 12 homologues, incluant les ministres de Turquie et du Pakistan, également médiateurs dans le conflit.
Une entente apparaît toutefois toujours difficile à sceller. Pour Ali Vaez, du centre de réflexion International Crisis Group, “les élections de mi-mandat ont accru le coût politique d’une guerre, mais un Trump en fin de mandat pourrait” opter pour la confrontation “si l’Iran lui refuse une porte de sortie honorable”. De son côté, “Téhéran peut considérer la défaite républicaine comme une occasion de laisser filer le temps jusqu’à ce qu’un Congrès démocrate coupe les ailes militaires de Trump”, note-t-il. – Riposte “sans limite” – Les deux pays avaient conclu en juin un protocole d’accord, après un cessez-le-feu qui avait mis fin en avril à 40 jours d’intenses et meurtriers échanges de frappes.
Mais il a volé en éclats cet été avec la reprise des hostilités, avant une nouvelle accalmie depuis septembre. “Les forces armées de la République islamique sont aujourd’hui en état d’alerte plus élevé et plus puissantes” qu’au début de la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur Téhéran, a lancé samedi le porte-parole de l’armée, Mohammad Akraminia. “Sur ordre du Guide suprême, toute riposte (…) sera immédiate, efficace et sans limite géographique”, a-t-il insisté.”L’augmentation de la portée des missiles iraniens se poursuit de manière constante”, ont aussi déclaré les Gardiens de la Révolution, puissante force armée de la République islamique, cités par l’agence Fars.
Dans la nuit de vendredi à samedi, la télévision d’État iranienne a encore fait part de deux explosions sur l’île de Qeshm, l’agence Tasnim évoquant deux frappes de missiles. Sans confirmer, l’armée iranienne a indiqué avoir détruit un drone militaire américain sur cette île du détroit d’Ormuz, déjà ciblée par des frappes limitées dans la nuit de lundi à mardi.”Nous procédons à des frappes mineures”, a affirmé vendredi soir Donald Trump. – Récompense de 20 millions de dollars – L’armée américaine a par ailleurs annoncé vendredi offrir 20 millions de dollars et une possible “relocalisation” en lieu sûr à toute personne lui apportant des informations sur le programme nucléaire iranien.
Téhéran a toujours nié vouloir se doter de l’arme atomique, défendant son droit au nucléaire civil. Dans le cadre des négociations en cours, l’Iran a réitéré être prêt à rouvrir le détroit d’Ormuz si Washington acceptait notamment un cessez-le-feu sur l’ensemble des fronts régionaux, un dégel de ses avoirs détenus à l’étranger, la levée des sanctions frappant son secteur pétrolier ainsi qu’à la fin du blocus naval américain contre ses ports. Les États-Unis avaient rejeté une première offre en ce sens cet été.
L’Iran, qui revendique le contrôle de ce passage stratégique pour le commerce d’hydrocarbures, affirme régulièrement que des navires contrevenants à ses consignes y sont détruits par des mines. Le cas encore d’un pétrolier samedi, selon les Gardiens. L’armée américaine assure elle l’avoir déminé en grande partie, permettant une augmentation du trafic.burs-cab/anb
Sat, 07 Nov 2026 13:24:22 GMT
