Seize élèves ont péri et 79 ont été blessées dans l’incendie en pleine nuit d’un dortoir dans un pensionnat de filles au Kenya, a annoncé jeudi le gouvernement, indiquant que les causes du feu étaient pour l’heure inconnues. Beaucoup d’élèves sont en pension au Kenya, héritage des missionnaires et de la colonisation britannique. Le pays d’Afrique de l’Est a déjà connu de très nombreux incendies meurtriers dans les dortoirs de ses établissements scolaires – plus d’une douzaine recensés depuis 2024.
Le phénomène, causé tantôt par la vétusté des installations, tantôt par les élèves eux-mêmes, avait atteint des records en 2016, quand 117 incendies volontaires avaient frappé des établissements d’enseignement secondaire en à peine trois mois. Jeudi, le feu s’est déclaré vers 00H45 (mercredi 21H45 GMT) au second niveau d’un dortoir de l’école de filles Utumishi, a déclaré à la presse le ministre kényan de l’Education Julius Ogamba, depuis l’établissement situé dans la ville de Gilgil, à une centaine de kilomètres de Nairobi.
L’incendie a été éteint à 03H00 mais “le mal était fait”, a expliqué le ministre. “Ledit dortoir a été complètement détruit” par le feu et “nous avons 16 décès” parmi les élèves et “79 blessées”, dont huit sont toujours hospitalisées, a-t-il indiqué, sans révéler la tranche d’âge des victimes. Selon des parents d’élèves, le dortoir incendié hébergeait des adolescentes.
En fin d’après-midi, des secouristes de la Croix-Rouge ont commencé à sortir du bâtiment sinistré des corps dans des sacs mortuaires blancs, ensuite alignés sur le sol à l’extérieur. Les noms des victimes n’ont pas encore été publiés. Dans la cour de l’établissement, des centaines de parents attendent de connaître le sort de leur enfant. Au premier étage du bâtiment abritant le dortoir incendié, les vitres sont brisées et le pourtour des fenêtres est noirci par la fumée.
Autour, s’activent des enquêteurs de la brigade criminelle en gilet jaune et des experts de scène de crime en blouse blanche.- “Forte anxiété” -Comme d’autres parents, Leila Matura est à la recherche d’informations sur le sort de sa fille de 18 ans qui dormait dans le dortoir incendié.”On a été à l’hôpital voir si elle y était, mais elle n’y était pas.
On nous dit (…) qu’elle est parmi les disparues”, explique d’une voix faible cette femme de 52 ans, soutenue par deux amis. “On ne sait pas si elle est morte ou vivante, je perds espoir”. Gilgil abrite une importante garnison de l’armée kényane. Selon le ministre kényan de l’Intérieur, Kipchumba Murkomen, également sur les lieux, “la plupart des élèves de cette école sont des enfants d’agents de la police nationale”.”L’enquête est en cours mais les causes de l’incendie n’ont pas été encore identifiées”, a-t-il précisé.
L’enquête dira si l’école respectait les normes de sécurité, a-t-il ajouté. Selon les autorités, 808 élèves étaient hébergées dans les locaux de l’établissement au moment de l’incendie. Le nombre d’élèves dormant dans le dortoir touché n’a pas été précisé.”Nous savons que c’est un moment de forte anxiété”, mais “je demande à tous d’être patients” et “d’éviter de spéculer sur les causes de cette tragédie”, a exhorté le ministre de l’Intérieur.
La Croix-Rouge kényane (KRCS) a indiqué à l’AFP que l’incendie lui avait été signalé à 03H30, et que des équipes de secours avaient été envoyées sur place.- Normes de sécurité -L’organisation reste présente pour soutenir les familles. Deux femmes en larmes sortent d’une de ses tentes, soutenues par des proches et des bénévoles. D’autres parents sont rassurés.
Une mère qui refuse d’être identifiée a retrouvé sa fille blessée à l’hôpital.”Elle s’est cassée les deux jambes en sautant par la fenêtre. Dieu merci, elle est forte”, explique cette femme, qui dit avoir appris la nouvelle sur les réseaux sociaux, avant de “commencer à passer des coups de fil”. “C’est le cauchemar de toute mère.”D’autres ont appris avec soulagement, après une longue angoisse, que leur fille dormait dans un autre dortoir. Le ministre de l’Education a affirmé jeudi à Gilgil que ses services avaient fait fermer depuis 2024 environ 350 établissements pour non respect des normes de sécurité.”Nous continuerons les inspections pour faire en sorte que nos écoles répondent aux normes de sécurité” en vigueur, a-t-il assuré.
Thu, 28 May 2026 15:54:23 GMT
