La canicule s’installe dans la durée et s’étend

Quarante degrés atteint dans le centre-ouest: la canicule s’est installée jeudi sur une large partie de la France, de Paris au centre-est, et s’étend vendredi, avec une cinquantaine de départements en vigilance orange, et des municipalités annulant la populaire Fête de la musique prévue dimanche. Les 40°C ont été atteint à Montmorillon (Vienne), un record pour cette station de MétéoFrance ouverte en 1990.

Il a fait plus de 39°C à Tortezais (Allier), Issoudun (Indre) ou Chateaumeillant (Cher). A Orly, en région parisienne, le thermomètre est monté à 36,9°C. Devant une pharmacie qui affiche 36°C dans le quartier très minéral de la Part-Dieu à Lyon, deux jeunes salariées cherchent de l’ombre pour une pause cigarettes. “Même en jean, ça brûle les fesses”, plaisante Morgane, après avoir testé un banc au soleil.

Alors que l’été ne commence que dimanche, MétéoFrance, dans son bulletin de 16H00 a étendu à 53 départements la vigilance orange “canicule” à partir de vendredi midi, contre 26 jusqu’ici, “le long d’un axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est”. L’épisode de chaleur s’annonce “étendu, durable et intense”, avertit l’organisme.

Le “pic caniculaire remarquable” est attendu entre dimanche et mardi, avec des “pointes à 40°C en particulier sur l’Ouest et le Centre (entre Garonne et Loire). Déjà la nuit de mercredi à jeudi “a été chaude sur une grande partie du pays”. Le mercure n’est pas descendu sous les 23,8°C à Mont-Saint-Vincent (Saône-et-Loire), “une valeur inédite au mois de juin” pour cette station.

On parle de “nuits tropicales” lorsque la température n’est pas redescendue sous 20°C. Elles “mettent à mal notre sommeil et nos capacités de récupération. Loin de s’habituer, plus ces nuits sont fréquentes, plus notre corps fatigue et plus le risque sanitaire augmente”, rappelle le gouvernement. Jeudi matin, un homme de 30 ans est décédé sur une piste d’athlétisme dans le Val-d’Oise.

Des témoins l’ont retrouvé en arrêt cardio-respiratoire et les secours n’ont pas pu le ranimer. La SNCF a supprimé 71 trains Intercités qui devaient circuler de jeudi à lundi, pour “prévenir les pannes potentielles de climatisation”. Les lignes concernées sont Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, Paris-Clermont-Ferrand et la Transversale Sud Bordeaux-Marseille.- Suspension des cours -La fournaise met particulièrement à rude épreuve les élèves planchant dans des salles surchauffées pour les épreuves écrites de spécialités du bac, qui se terminent jeudi.

Plusieurs établissements scolaires ont annoncé que les cours seraient aménagés dès jeudi après-midi à cause de la canicule, a-t-on appris auprès des autorités académiques, de syndicats et de courriers consultés par l’AFP. Le rectorat de Poitiers a annoncé le report d’une semaine des épreuves de grand oral des élèves de Terminales générale et technologique prévues l’après-midi lundi et mardi, le 22 et 23 juin.

Deux demi-journées où les écoles resteront fermées à Tours. La plupart des parents ont appris la décision de la mairie en venant chercher leurs enfants. “C’est une bonne chose. Ma fille était indisposée par la chaleur. Il faisait 36°C dans la classe à 16H00”, a déclaré à l’AFP Caroline, mère d’une fillette de 6 ans en CP. Une autre mère de famille, Ruth, est plus partagée. “Nous sommes au onzième étage d’un ancien bâtiment.

Il fait encore plus chaud qu’à l’école”. A Sens (Yonne) des écoles fermeront dès vendredi midi. À Paris, une “dizaine” de collèges ont pris des “aménagements” pour la fin de semaine, en suspendant les cours après une certaine heure, a indiqué l’académie, qui souligne que l’accueil des élèves reste néanmoins maintenu. La chaleur met également en péril la populaire Fête de la musique, tradition née il y a plus de quarante ans et prévue dimanche. Brive-la-Gaillarde (Corrèze) a annulé les animations prévues, et à Claye-Souilly (Seine-et-Marne) c’est une annulation complète “dans un souci de sécurité pour les artistes, les bénévoles, les agents mobilisés et l’ensemble du public”, selon les autorités.

Pas de festivités non plus dans certaines petites villes comme Le Teich (Gironde), Ecommoy (Sarthe) et Saint-Savinien-sur-Charente (Charente-Maritime). Face aux fortes chaleurs, Paris a autorisé la baignade dans une portion du canal Saint-Martin, dans l’est de la capitale, pour en faire un “véritable outil de rafraîchissement”. Dans un rapport publié jeudi, la Fondation pour le logement des défavorisés rappelle que les quartiers populaires sont surexposés à la précarité énergétique d’été et au phénomène des “logements bouilloires”. “On étouffe”, explique Léria, 32 ans, femme au foyer dans les tours Nuage de Nanterre (Hauts-de-Seine). “Avant, c’était l’hiver qui était pourri, on crevait de froid, mais maintenant, j’ai peur quand l’été approche”.

C’est le deuxième épisode de chaleur en quelques semaines qui touche la France, frappée en mai par des températures inédites pour le mois. La France subit “des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses aussi, signe manifeste du changement climatique”, souligne Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France. En Haute-Corse, un incendie sur la commune de Castello-di Rostino, vraisemblablement lié à des travaux de débroussaillage, avait parcouru jeudi près de 50 hectares de végétation, mobilisant une cinquantaine de pompiers appuyés par quatre bombardiers d’eau, selon la préfecture.

Si le sud-est de la France est largement épargné par la canicule, le danger de feux oscillera vendredi entre modéré et élevé, selon Météo France.burs-lv-mla/epe-mc-tgg/swi

Thu, 18 Jun 2026 18:07:43 GMT