Les démocrates s’emparent du Congrès dans une déroute historique pour Trump
Donald Trump se retrouve mercredi face à un paysage politique radicalement transformé et hostile, après que les Américains ont confié le contrôle du Congrès à l’opposition démocrate et infligé un camouflet retentissant à sa présidence. Une vague démocrate a déferlé jusque dans des bastions républicains traditionnels mardi lors des élections de mi-mandat, alimentée par la colère suscitée par la flambée des prix de l’énergie et la longue guerre contre l’Iran.
Ce vote sanction constitue une humiliation personnelle pour le président américain de 80 ans, même s’il a dit ne pas se sentir visé, et hypothèque ses deux dernières années de mandat. L’entrée en fonction du nouveau Congrès le 3 janvier donnera aux démocrates une importante marge d’action contre le président. La majorité conquise à la Chambre des représentants et au Sénat leur permettra de bloquer des lois voulues par la Maison Blanche, d’entraver des nominations présidentielles et relancer des enquêtes visant Donald Trump et son gouvernement.
Mais la Maison Blanche a battu le rappel mercredi. “Message d’intérêt public : Trump est toujours votre président”, a-t-elle publié sur X, accompagné d’une photo sur laquelle apparaît le président républicain l’air défiant, sourcils froncés, poings fermés dans le Bureau ovale. Le chef de file des démocrates à la Chambre des représentants américaine, Hakeem Jeffries, qui occupera le perchoir en janvier, s’est félicité lui du résultat “stupéfiant” des élections.
Il a attribué cette victoire à trois facteurs : “Le coût de la vie dans tous les domaines, la santé et la guerre irréfléchie et coûteuse en Iran”, qui a largement contribué à l’explosion des prix. – “Tout le monde sait pourquoi” – Le vice-président JD Vance, possible prétendant à la Maison Blanche en 2028, a lui été catégorique : la défaite électorale des républicains est due à la guerre en Iran.” nous avons perdu.
Et toute conversation franche sur la voie à suivre doit dorénavant commencer par là”, a-t-il écrit sur X semblant prendre ses distances avec le président. Les démocrates ont gagné sept sièges au Sénat, où ils disposeront d’au moins 54 élus sur 100. A 16H00 GMT, il restait encore deux sièges disputés dans le Mississippi et l’Alaska mais le décompte pourrait encore prendre plusieurs jours.
A la Chambre des représentants, c’est bien un raz-de-marée, M. Jeffries citant entre 250 et 255 sièges pour les démocrates (contre 214 actuellement). Pour Todd Belt, politologue à l’université George Washington, ces résultats marquent “un rejet fort de Donald Trump et de ses politiques”. Donald Trump a assuré au New York Times qu’il accepterait le résultat des élections mais s’est dit prêt, sur sa plateforme Truth Social, à utiliser son droit de veto contre les lois qu’adopteront les démocrates au Congrès.”Je ne considère pas que c’était dirigé contre moi”, a affirmé le président milliardaire à Fox News, refusant d’endosser la responsabilité de la défaite. – Caroline du Nord, Iowa, Ohio… – A l’étranger, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a jugé que “la vague ultra” s’était écroulée tandis que le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a souligné “une excellente nouvelle pour la démocratie américaine”.
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a cependant prévenu que ceux qui s’attendent à un changement de politique des États-Unis “se trompent lourdement”. Les démocrates ont gagné jusque dans des États acquis aux républicains depuis des décennies comme au Kansas où Adam Hamilton a été élu sénateur, une première depuis 1932 pour un démocrate. En Caroline du Sud (sud-est), la démocrate Annie Andrews a ravi le siège de sénatrice à Darline Graham, choisie personnellement par Donald Trump pour succéder à son frère Lindsey Graham décédé en juillet.
Au Texas, autre bastion conservateur, la dernière élection d’un sénateur démocrate remontait à 1988… un an avant la naissance de James Talarico. Les démocrates ont aussi fait basculer des sièges de sénateur en Caroline du Nord, en Iowa ou encore dans l’Ohio, tous remportés par Donald Trump en 2024. Les démocrates ont préservé dans le même temps plusieurs sièges cruciaux qu’ils détenaient déjà dont en Géorgie avec la victoire de Jon Ossoff, nouvelle étoile montante du parti.
Et dans le Michigan, État industriel frontalier du Canada et où vit une importante communauté arabo-américaine, le médecin démocrate Abdul El-Sayed, issu de la gauche du parti, est devenu le premier musulman élu sénateur des États-Unis.
Wed, 04 Nov 2026 16:57:35 GMT
