Les Etats-Unis frappent à nouveau l’Iran, qui riposte dans le Golfe

Les Etats-Unis ont de nouveau frappé l’Iran dans la nuit pour tenter de réduire le contrôle exercé par Téhéran sur le stratégique détroit d’Ormuz, tandis que l’armée iranienne a affirmé avoir lancé des représailles contre trois pays alliés de Washington dans le Golfe. Ces frappes américaines ont fait au moins quatre morts en Iran, dont trois dans l’ouest du pays, selon des médias d’Etat.

Téhéran revendique, malgré l’opposition de Washington, d’imposer des droits sur Ormuz, un passage maritime clé pour le commerce mondial des hydrocarbures, au cœur des tensions. Il menace les navires contournant le seul itinéraire qu’il a autorisé, le long de ses côtes et a, selon l’armée américaine, frappé mardi au moins trois navires commerciaux qui y transitaient.

Les nouvelles frappes américaines sont “une réponse aux bombardements de navires menés hier par l’Iran. Si ça se reproduit, ce sera bien pire !”, a lancé le président Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. L’armée américaine a précisé sur X avoir frappé quelque 90 cibles militaires iraniennes, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, des installations de surveillance côtière et des sites de stockage de missiles et de drones sur la côte sud de l’Iran.

Le principal négociateur iranien dans les pourparlers avec les Etats-Unis, Mohammad Bagher Ghalibaf, a de son côté réitéré jeudi que le détroit d’Ormuz ne serait ouvert que selon des “modalités iraniennes et non sous la pression des menaces américaines”.”C’est l’Iran qui, en s’en prenant à des navires qui circulaient dans les eaux omanaises, a violé ses propres engagements ainsi que le droit international”, a affirmé jeudi le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, sur la télévision française TF1.

Les Iraniens “pensent que le temps joue en leur faveur. Ils peuvent tenir le coup plus longtemps que les Américains et les pays du Golfe, et c’est là-dessus qu’ils misent”, a remarqué Alex Vatanka, du groupe de réflexion américain Middle East Institute. Pour Negar Mortazavi, du cercle de réflexion américain Center for International Policy, “l’Iran estime qu’une escalade mesurée et limitée peut rétablir la dissuasion sans franchir le seuil d’une guerre totale”.- “Hostiles” -En Iran, des explosions ont été entendues dans les villes portuaires de Bandar Abbas (sud), Konarak (est) et Chabahar (est), d’après les médias d’Etat du pays.

Une frappe américaine a tué trois personnes dans l’ouest de l’Iran, en périphérie de la ville d’Ahvaz, a annoncé l’agence de presse gouvernementale Irna, citant un responsable local. Un pompier est aussi mort après une attaque contre l’aéroport d’Iranchahr (sud-est), d’après la télévision d’Etat. A Bouchehr (sud-ouest), où se trouve la seule centrale nucléaire civile d’Iran, une base militaire a été frappée selon un responsable local, de même qu’un pont ferroviaire dans le Golestan (nord), selon plusieurs médias. La liaison ferroviaire entre Téhéran et Machhad, où l’inhumation de l’ayatollah Khamenei est prévue jeudi à partir de 14H00 (10H30 GMT), a été suspendue après les frappes, selon la télévision d’Etat. Il s’agit aussi d’une liaison stratégique pour les échanges entre l’Iran et la Chine.

En représailles, les Gardiens de la Révolution iraniens et l’armée ont de nouveau visé des pays du Golfe. L’armée idéologique de la République islamique, dans un communiqué diffusé par la télévision d’Etat, a dit avoir lancé des drones et missiles contre les bases américaines d’Arifjan et d’Ali Al-Salem au Koweït, et de Juffair et Sheikh Isa au Bahreïn.

De son côté, l’armée iranienne a revendiqué des frappes au Koweït et à Bahreïn, mais aussi au Qatar, un des médiateurs dans les efforts de paix, avec le Pakistan. Au Koweït, l’armée a assuré avoir repoussé des attaques “hostiles” de missiles et de drones. A Bahreïn, où plusieurs explosions ont été entendues par un journaliste de l’AFP, les autorités ont déclenché à deux reprises les sirènes d’alerte aérienne.

Au Qatar, les habitants ont reçu une brève alerte en raison d’une menace sécuritaire jugée élevée.- Pétrole en hausse -Un protocole d’accord avait été signé entre les Etats-Unis et l’Iran le 17 juin, permettant la réouverture du détroit d’Ormuz par où transitent en temps normal 20% du brut et du gaz liquéfié (GNL) mondial.  Après avoir trouvé ce terrain d’entente, Washington et Téhéran avaient repris leurs difficiles négociations en vue d’un règlement durable du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine contre l’Iran. Aux tirs imputés à Téhéran contre trois navires commerciaux, Washington avait répondu par une première série de frappes dans la nuit de mardi à mercredi en Iran.

Huit militaires iraniens ont été tués, selon la télévision d’Etat. Téhéran a ensuite dit avoir répliqué en frappant des installations sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn. Les échanges de frappes ont fait bondir les cours du pétrole, le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, progressant encore de 1,1% jeudi à 78,88 dollars. Washington a rétabli mardi ses sanctions sur le brut iranien, levées par le protocole d’accord qui avait permis la réouverture du détroit.burx-tq/hme

Thu, 09 Jul 2026 06:54:08 GMT